Le Président étasunien a annoncé cette semaine sa volonté d'envoyer environ 21.500 soldats supplémentaires en Irak, notamment à Bagdad afin de "sécuriser" la capitale irakienne... Mais - car il y a un mais - , cette décision va entraîner un surcoût de 7 milliards de dollars si j'ai bien compris. Du coup, le Congrès va être saisi pour voter la rallonge budgétaire, et comme il est depuis peu démocrate, ça n'est pas gagné pour W. !
Certes, le vote aura sans doute lieu malgré tout, les démocrates ne voulant pas apparaître pour ceux qui laissent leurs soldats au front sans aide. Mais à moyen terme, gageons que c'est la stratégie de désengagement prônée par la gauche qui va prévaloir et qu'on assiste ici à un baroud d'honneur de l'administration Bush.
En France, devant pareille situation, il aurait suffi au Président de la République d'ordonner à son Premier ministre de pacotille d'inscrire cette nouvelle dépense au budget pour que l'affaire soit réglée. Allez, un petit débat formel à l'Assemblée sans vote à la fin, le domaine réservé et ce genre de conneries... Clic-clac, l'affaire est dans le sac !
Il faut dire que la constitution de notre bonne vieille Vème République a toujours pris les parlementaires en général, et les députés en particuliers, pour des éternels mineurs sur le plan financier, voire des débiles profonds sous tutelle car incapable de bien gérer l'argent. On en veut pour preuve le fameux article 40, qui stipule que "Les propositions et amendements formulés par les membres du Parlement ne sont pas recevables lorsque leur adoption aurait pour conséquence soit une diminution des ressources publiques, soit la création ou l'aggravation d'une charge publique".
En gros, députés et sénateurs peuvent augmenter les impôts et baisser les dépenses, mais pas l'inverse, en tout cas pas sans la bénédiction du gouvernement, donc du Président de la République...
Redonner du sens à la fonction législative aujourd'hui passera nécessairement par un rôle accru en matière budgétaire et par une responsabilisation des parlementaires...
Good night, and good luck.
Soutenu en septembre 1999 à l'université Lille III - Charles de Gaulle, le thème de mon mémoire de maîtrise d'histoire contemporaine, est : "Le majorat de Pierre Mauroy (1973-1995) ou la tentation de l'histoire". Il contient deux tomes : le 1er tome est le texte du mémoire, le 2nd tome est constitué des annexes, et notamment de la retranscription des entretiens individuels. Bonne lecture...