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Samedi 30 décembre 2006

Avec les horreurs qu'on voit à la télé, on pense avoir tout vu : Auschwitz, le Rwanda, l'Irak... On se dit qu'on est blindé, qu'on peut tout regarder, tout entendre, tout imaginer. C'est ce que je pensais aussi...

L'excision, j'en avais déjà entendu parler avant la conférence à laquelle j'ai assisté le 11 décembre dernier, à l'invitation de mon ami Richard Matis, gynéco-obstétricien. Mais je ne voyais pas ça comme ça.

Je peux dire sans mentir que j'ai pris un grand coup dans la gueule. J'ai hésité à mettre la photo qui va suivre, mais "il faut bien regarder ces choses en face puisque c'est la société qui les a faites" (Victor Hugo, Les Misérables).

Et encore, vous ne voyez que la photo, vous n'avez pas vu le film, vous n'avez pas entendu les cris. Quand je vois cette petite fille, je vois Valentine, forcément.

L'excision, c'est 130.000.000 de filles et de femmes dans le monde, c'est 3.000 filles et femmes dans le Nord-Pas de Calais excisées ou qui risquent de l'être. En Egypte, 98% des femmes sont excisées. Dans le monde, 100.000 femmes meurent chaque année des conséquences de l'excision.

Mais au-delà des chiffres, il y a une réalité : des fillettes qui meurent des suites de leur excision, des jeunes femmes qui souffrent problèmes gynécologiques, dans leurs relations sexuelles, à l'accouchement...

Si l'excision a une origine traditionnelle, aucune religion ne la prescrit pourtant : elle est ainsi pratiquée par des coptes, des musulmans, des animistes...

On évoque au départ le rôle des hommes qui partaient chasser ou travailler longtemps, et qui pensaient que l'absence de plaisir chez leur femme les empêcherait d'avoir des relations avec d'autres hommes... Explication qui a sans aucun doute un vrai fondement, mais qui n'est pas suffisante pour appréhender la complexité du problème.

Car en réalité, ce sont des mères ou des grand-mères qui excisent leurs filles ou leurs petites-filles, hors de la présence des hommes, qui, pour certains, n'imaginent pas la réalité de ce qui est vécu par les excisées...

L'excision, c'est aussi un aspect économique puisque l'exciseuse est une femme qui se fait payer sa "prestation". Combattre l'excision, cela veut donc dire aussi trouver du travail aux anciennes exciseuses. C'est ce à quoi travaillent certaines associations, qui organisent des "cérémonies des couteaux" durant lesquelles les exciseuses viennent brûler leurs instruments. Elles sont ensuite accompagnées pour trouver un emploi.

Aujourd'hui, de plus en plus de pays africains ont légiféré contre l'excision, qui reste néanmoins une pratique répandue mais en diminution constante. Cependant, certaines populations immigrées, en France, ont tendance à la pratiquer comme on se raccroche à ses racines.

La chirurgie a fait d'énormes progrès également, puisqu'on est capable, selon un protocole aujourd'hui rodé, de "réparer" les femmes excisées. Mais l'intervention de psychologues et de sexologues se révèle également nécessaire, car l'excision n'est pas qu'une mutilation physique...

Le matin de cette fameuse conférence, je sortais d'une négociation syndicale sur la revalorisation des régimes indemnitaires à la communauté urbaine...cela m'a semblé d'un coup bien futile.

Good night, and good luck.

par Boris Roman-Dubreucq publié dans : politique
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Commentaires

Salut Boris


Comme je suis de garde et que le café passe lentement dans la cafetière,  je tue le temps et je me retrouve sur "tin blog  gamin". Quelle fut ma surprise et mon angoisse quand j'ai vu ce texte avec cette photo. J'ai eu un peu peur d'y lire des choses qui m'auraient forcé à apporter des corrections. Mais la lecture m'a rassuré ! Je constate avec plaisir que tu as vraiment bien saisi la problèmatique des MSF (Mutilations Sexuelles Féminines). Tu expliques parfaitement, avec une émotion contenue et sans débordement (qu'il est légitime d'avoir face à ce tels actes).  Bravo pour cet article (c'est comme ça qu'on dit? Mi chui pô habitué au BLOG!!! ).


Bientôt sur www.gynsf.org les actes de ce colloque régionnal seront en ligne pour ceux qui souhaitent avoir le texte de ce qui s'est dit durant cette aprèm de formation .


Bises ma poule


Richard      

commentaire n° : 1 posté par : Richard Matis (site web) le: 05/01/2007 23:30:34

Salut Riri ! Merci pour ton commentaire, je suis contente d'avoir tout compris !!

A bientôt pour un petit verre !

B.

réponse de : Boris Roman-Dubreucq (site web) le: 07/01/2007 15:38:13

salut boris ,                                      


un petit coucou  a ta famille pas de commentaire particulier j'espère que nous aurons l'occasion de nous revoir


un jeune retraité qui s'occupe de ses petits enfants


poussin


 


                    

commentaire n° : 2 posté par : moronval daniel le: 15/01/2007 20:48:34

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Soutenu en septembre 1999 à l'université Lille III - Charles de Gaulle, le thème de mon mémoire de maîtrise d'histoire contemporaine, est : "Le majorat de Pierre Mauroy (1973-1995) ou la tentation de l'histoire". Il contient deux tomes : le 1er tome est le texte du mémoire, le 2nd tome est constitué des annexes, et notamment de la retranscription des entretiens individuels. Bonne lecture...

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