Calendrier

Novembre 2008
L M M J V S D
          1 2
3 4 5 6 7 8 9
10 11 12 13 14 15 16
17 18 19 20 21 22 23
24 25 26 27 28 29 30
             
<< < > >>
Lundi 4 décembre 2006

Ce qui est bien, quand on se fait chier en réunion, pourvu qu’on ait un papier et un crayon, c’est qu’on peut griffonner sans éveiller l’attention.

C’est ce qui m’est arrivé la semaine dernière. Une question essentielle me taraudait : pourquoi et comment se fait-il que la gauche soit divisée en deux parties apparemment irréconciliables : celle qui accepte la perspective d’exercer le pouvoir et celle qui la refuse absolument ?

Il y a quelque chose de fondamentalement sectaire et de potentiellement totalitariste dans la gauche qui refuse la perspective du pouvoir. Tout d’abord, notons qu’elle n’a pas tout à fait le choix, puisqu’il est difficile de gouverner quand on fait 10 à 15% des voix avec 5 candidats voire plus (Laguiller, Besancenot, Buffet, Autain, Braouzec)…

Enfin, elle pourrait gouverner avec les autres, donc le PS. Mais là, vous n’y pensez pas ma bonne dame : les socialistes sont des traîtres à la classe ouvrière, on se demande même s’ils ne sont pas pire que Sarko ! Rien de moins.

Car gouverner avec les autres, c’est faire un compromis, composer, renoncer à certaines actions. Et c’est la que le bât blesse. Car cette gauche anti-pouvoir tient absolument à rester pure et vierge. Le pouvoir ? Pour se salir les mains ? Pour collaborer avec le grand capital ? Nous n’en serons pas.

Alors cette gauche proteste et protestera toujours. Elle aura toujours raison puisqu’on ne pourra jamais lui prouver qu’elle a tort. Elle hurle à hue (comme Robert) et à dia que y’en a marre du capitalisme, mais n’a pas la première ligne d’un programme économique qui permettrait de remplacer le capitalisme.

Qu’importe que le niveau de vie des Français ait augmenté de façon considérable depuis la Libération. Qu’importe qu’on gagne 3 mois d’espérance de vie par an depuis la Libération et donc autant de temps en retraite. Pour cette gauche, tout va mal, et tout ira toujours plus mal.

Les ennemis sont nombreux : en Chine et en Inde qui travaillent pour pas cher et nous piquent nos emplois, aux Etats-Unis qui sont tous des bouffeurs de mac-do, en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Espagne qui sont des sociaux-traîtres absolus. Les ennemis sont partout : c’est le socialiste que je croise au travail, c’est le patron de PME qui ne pense qu’à s’engraisser (c’est bien connu), c’est le plombier polonais…

Cette gauche est incapable de penser le présent et l’avenir. Elle est restée bloquée dans des schémas d’avant  la chute du mur, d’avant 1981, peut-être même d’avant la crise pétrolière. Pour un peu, elle voudrait rouvrir les mines et les filatures qui ont fait tant de centenaires.

Cette gauche n’est pas la mienne.

Good night, and good luck.

P.S. : un article hyper intéressant sur Libération.fr intitulé « 30 idées pour réveiller la gauche ». 1er volet : une identité chamboulée.

par Boris Roman-Dubreucq publié dans : politique
ajouter un commentaire commentaires (3)    créer un trackback recommander
Retour à l'accueil

Commentaires

Bien c'est intéressant, on n'entend jamais cela aussi clairement. Je pense finalement que les révolutionnaires à gauche, ce sont les réformistes car ils se frottent aux réalités. Ce qui est nouveau dans la gauche anti-libérale comme elle se définit, c'est sa volonté apparente de trouver un visage unique pour la présidentielle. C'est quand même un signe intéressant. A suivre donc.
commentaire n° : 1 posté par : Vinckier Denis (site web) le: 06/12/2006 22:56:17

Salut Denis. Effectivement, volonté de s'unir mais qui a fort peu de chances de se concrétiser. Quand on voit la campagne d'affichage de LO qui prétend en gros que seule "Arlette" peut représenter les travailleurs, Besancenot qui ira quoi qu'il arrive et Buffet aussi...

réponse de : Boris Roman-Dubreucq (site web) le: 09/12/2006 07:23:52
Salut Boris,

Très bon article, je souscris à 100%.  La gauche dont nous ne sommes pas devrait relire "Les mains sales" de Sartre. Particulièrement la tirade "Comme tu tiens à ta pureté mon petit gars" (de mémoire), où un des personnages explique à l'autre que la politique qui se limite à de grands principes mais qui n'accepte jamais la compromission de la mise en pratique n'est que du vent. Enfin c'est de mémoire, ça fait longtemps, je crois que je vais le ressortir.

ant.   
commentaire n° : 2 posté par : Ant. (site web) le: 07/12/2006 16:16:07
Merci Antoine, j'avoue avoir très peu lu Sartre mais "Les mains sales" semblent en plein dans mes préoccupations !! Père Noël, si tu me lis...
réponse de : Boris Roman-Dubreucq (site web) le: 09/12/2006 07:25:09

A lire dans Libé sur le Net un excellent article de Marc Lazar sur le Pc et sa lente évolution vers le ... on ne sait quoi. Ils voulaient tester l'exercice démocratique comme leurs camarades mais apparament la machine du"centralisme démocratique" s'est bloqué.


On ne se refait pas ...


 

commentaire n° : 3 posté par : Olivier le: 12/12/2006 08:18:57

Trackbacks

Aucun trackback pour cet article

RSS et Cie

  • Flux RSS des articles

Mémoire histoire

Soutenu en septembre 1999 à l'université Lille III - Charles de Gaulle, le thème de mon mémoire de maîtrise d'histoire contemporaine, est : "Le majorat de Pierre Mauroy (1973-1995) ou la tentation de l'histoire". Il contient deux tomes : le 1er tome est le texte du mémoire, le 2nd tome est constitué des annexes, et notamment de la retranscription des entretiens individuels. Bonne lecture...

Contact - C.G.U. - Signaler un abus