Ce qui est bien, quand on se fait chier en réunion, pourvu qu’on ait un papier et un crayon, c’est qu’on peut griffonner sans éveiller l’attention.
C’est ce qui m’est arrivé la semaine dernière. Une question essentielle me taraudait : pourquoi et comment se fait-il que la gauche soit divisée en deux parties apparemment irréconciliables : celle qui accepte la perspective d’exercer le pouvoir et celle qui la refuse absolument ?
Il y a quelque chose de fondamentalement sectaire et de potentiellement totalitariste dans la gauche qui refuse la perspective du pouvoir. Tout d’abord, notons qu’elle n’a pas tout à fait le choix, puisqu’il est difficile de gouverner quand on fait 10 à 15% des voix avec 5 candidats voire plus (Laguiller, Besancenot, Buffet, Autain, Braouzec)…
Enfin, elle pourrait gouverner avec les autres, donc le PS. Mais là, vous n’y pensez pas ma bonne dame : les socialistes sont des traîtres à la classe ouvrière, on se demande même s’ils ne sont pas pire que Sarko ! Rien de moins.
Car gouverner avec les autres, c’est faire un compromis, composer, renoncer à certaines actions. Et c’est la que le bât blesse. Car cette gauche anti-pouvoir tient absolument à rester pure et vierge. Le pouvoir ? Pour se salir les mains ? Pour collaborer avec le grand capital ? Nous n’en serons pas.
Alors cette gauche proteste et protestera toujours. Elle aura toujours raison puisqu’on ne pourra jamais lui prouver qu’elle a tort. Elle hurle à hue (comme Robert) et à dia que y’en a marre du capitalisme, mais n’a pas la première ligne d’un programme économique qui permettrait de remplacer le capitalisme.
Qu’importe que le niveau de vie des Français ait augmenté de façon considérable depuis la Libération. Qu’importe qu’on gagne 3 mois d’espérance de vie par an depuis la Libération et donc autant de temps en retraite. Pour cette gauche, tout va mal, et tout ira toujours plus mal.
Les ennemis sont nombreux : en Chine et en Inde qui travaillent pour pas cher et nous piquent nos emplois, aux Etats-Unis qui sont tous des bouffeurs de mac-do, en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Espagne qui sont des sociaux-traîtres absolus. Les ennemis sont partout : c’est le socialiste que je croise au travail, c’est le patron de PME qui ne pense qu’à s’engraisser (c’est bien connu), c’est le plombier polonais…
Cette gauche est incapable de penser le présent et l’avenir. Elle est restée bloquée dans des schémas d’avant la chute du mur, d’avant 1981, peut-être même d’avant la crise pétrolière. Pour un peu, elle voudrait rouvrir les mines et les filatures qui ont fait tant de centenaires.
Cette gauche n’est pas la mienne.
Good night, and good luck.
P.S. : un article hyper intéressant sur Libération.fr intitulé « 30 idées pour réveiller la gauche ». 1er volet : une identité chamboulée.
A lire dans Libé sur le Net un excellent article de Marc Lazar sur le Pc et sa lente évolution vers le ... on ne sait quoi. Ils voulaient tester l'exercice démocratique comme leurs camarades mais apparament la machine du"centralisme démocratique" s'est bloqué.
On ne se refait pas ...
Soutenu en septembre 1999 à l'université Lille III - Charles de Gaulle, le thème de mon mémoire de maîtrise d'histoire contemporaine, est : "Le majorat de Pierre Mauroy (1973-1995) ou la tentation de l'histoire". Il contient deux tomes : le 1er tome est le texte du mémoire, le 2nd tome est constitué des annexes, et notamment de la retranscription des entretiens individuels. Bonne lecture...
Salut Denis. Effectivement, volonté de s'unir mais qui a fort peu de chances de se concrétiser. Quand on voit la campagne d'affichage de LO qui prétend en gros que seule "Arlette" peut représenter les travailleurs, Besancenot qui ira quoi qu'il arrive et Buffet aussi...