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Lundi 6 novembre 2006

Est-il vraiment certain que la parole collective, fruit du débat et du consensus, soit toujours plus pertinente et efficace que les paroles individuelles ? Rien n’est moins sûr !

Prenons deux exemples que je connais : le PS et le Grand Orient de France.

Dans le cadre de la préparation d’un congrès du PS, un texte d’orientation est d’abord soumis à la réflexion des sections. Chaque militant est invité à proposer des amendements qui sont discutés puis votés. Un premier consensus a donc lieu, supprimant de fait toute pensée originale ou non-orthodoxe. Puis ces amendements remontent au niveau fédéral et sont à nouveau discutés puis votés. Deuxième consensus et deuxième épuration d’une pensée qui aurait éventuellement pu être originale. Puis re-belote au niveau national. Au total, il ne reste souvent des amendements proposés au départ qu’une bouillie aseptisée, certes cohérente avec la pensée unique dominante au PS, mais pas forcément capable de faire avancer les choses…

Au Grand Orient de France, c’est un peu la même chose. Le national pose tous les ans à chaque loge trois questions qui sont discutées, donnent lieu à une synthèse, transmise au congrès régional, qui transmet la synthèse de la synthèse au congrès national qui en fait une synthèse de synthèse de synthèse. Vous imaginez le résultat ? De la purée que personne ne lit et qui ne sert pas à grand chose à part rappeler des fondamentaux et des lieux communs…  

Attention, quand je dis tout ça, je ne suis pas en train de tirer à vue sur la démocratie, mais plutôt de pointer les limites de ces exercices qui visent à ce qu’un groupe produise du consensus.

Car les meilleurs idées ne naissent pas toujours du consensus, mais qu’elles se trouvent parfois chez des individus qui sortent du lot, du moule, des lieux communs. Des individus qui ont une expérience personnelle qui fait d’eux des experts dans leur domaine.

Encore faut-il qu’ils puissent exprimer cette pensée et ces idées originales ! Encore faut-il qu’ils soient entendus ! C’est tout l’enjeu de la démocratie participative qui vise à mettre en contact direct et permanent le citoyen et l’élu.

De ce point de vue, le blog, véritable phénomène de société, est une des réponses, car il permet au citoyen lambda de dire ce qu’il pense sur le site d’un élu, d’un candidat. Gageons que les commentaires ne sont pas tous au ras des pâquerettes, mais que certains sont de véritables contributions et sont pris en compte. Le site de Ségolène Royal, Désirs d’avenir, en est une bonne illustration.

Good night, and good luck !

P.S. : Je dois bien avouer que la réponse de Claudette à mon post au sujet de Ségo et DSK était fort convaincante et qu’elle me ramène à mon idée originelle. Pour ce qui concerne les jurys populaires, je n’ai pas considéré qu’il s’agissait de populisme mais plutôt d’une extension de la démocratie et de la citoyenneté.

par Boris Roman-Dubreucq publié dans : politique
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Mémoire histoire

Soutenu en septembre 1999 à l'université Lille III - Charles de Gaulle, le thème de mon mémoire de maîtrise d'histoire contemporaine, est : "Le majorat de Pierre Mauroy (1973-1995) ou la tentation de l'histoire". Il contient deux tomes : le 1er tome est le texte du mémoire, le 2nd tome est constitué des annexes, et notamment de la retranscription des entretiens individuels. Bonne lecture...

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