Il peut parfois être agaçant de se remettre en cause après avoir pris du temps pour réfléchir à un problème et croire avoir trouvé la solution. C'est mon cas pour le débat Ségo ou DSK... Il y a peu encore, j'étais sûr que si je pouvais voter - puisque je ne suis plus au PS depuis août 2003 - je voterais Ségo, tout en souhaitant un ticket Ségo-DSK...
Les derniers événements me refont pencher à nouveau vers DSK... Peut-être parce qu'on en a trop fait sur Ségo médiatiquement, qu'elle est en piste depuis trop longtemps. Peut-être aussi parce qu'après avoir été la candidate des militants et d'une frange populaire de l'électorat, elle est aussi devenue la candidate d'une partie de l'establishment socialiste, dont le ralliement ne doit pas tout aux convictions... Et puis il y a eu la Turquie ("je voterai comme les Français")... Du coup, j'en viens à me demander si elle aurait aboli la peine de mort en 1981... C'est d'autant plus décevant qu'elle a su faire montre de courage, qu'il s'agisse de la sécurité, de la famille ou encore de l'école, en donnant un coup de pied dans la fourmilière de la pensée unique... Mais le courage, ce n'est pas seulement de lancer des thèmes courageux, mais aussi d'assumer des positions courageuses.
Je pensais être le seul à penser comme ça...jusque mardi soir, où je discute avec deux amis socialistes : surprise, ils sont exactement dans le même état d'esprit, de doute entre Ségo et DSK...
3 à penser de la même façon, ce n'est peut-être pas un sondage, mais ça pourrait être une tendance...
Good night, and good luck !
PS : ça sera toujours mieux que Fabius.
Salut Arnaud,
J’espère que tu vas bien !
Pour tout dire, je trouve que le mail de Claudette présente quand même des arguments intéressants, notamment le fait qu’on demande beaucoup plus à Ségolène Royal qu’à Fbius ou DSK de se justifier. Qu’il faille donner des détails sur ce que sont les jurys populaires pour en préciser l’esprit, d’accord à 100%. Mais demander le montant de la rémunération horaire des jurys relève selon moi d’une forme de malhonnêteté intellectuelle.
Sur le fait qu’elle soit soutenue par des éléphants du parti, c’est une réalité, et j’ai dit que l’opportunisme n’y était sans doute pas pour rien. Encore qu’en la matière, aucun des trois candidats ne soit un chevalier blanc… Mais à côté des barons, il faudrait être aveugle pour ignorer que les 80.000 nouveaux militants qui ont adhéré au PS ne l’ont pas fait notamment par sympathie pour Ségolène Royal (et Dominique Strauss-Kahn dans une moindre mesure) sans doute plus que pour Fabius. Cela reste à confirmer par le vote, mais c’est mon intime conviction.
Pour ce qui concerne Fabius, j’ai un vrai problème déontologique : je ne peux pas croire quelqu’un qui a trahi le parti socialiste comme il l’a fait à l’occasion du dernier référendum, en s’asseyant sur le vote démocratique du PS et en militant contre son propre parti. « On n’a jamais raison contre son parti », dit l’adage. Je crois que c’est vrai, et que Fabius risque de le payer à l’occasion du vote. J’ai d’ailleurs de grosses craintes sur son loyalisme si Ségolène Royal est désignée. J’espère me tromper.
Amitiés.
BRD
"En s’asseyant sur le vote démocratique du PS " ? Mais c'est Royal qui souhite s'asseoir sur le vote des Français lors du référendum. Fabius a raison. On ne veut pas de cette Europe. Le nouveau traité devra etre proposé une nouvelle fois aux Français. Pour le plan B, il est dans le programme du PS.
Pour ce qui est du loyalisme de Fabius à l'égard de Royal, je crains justement qu'il soit total et c'est regrettable. Il a annoncé qu'il ne se présenterait pas s'il n'est pas élu.
Mais quel choix auront alors les socialistes si Royal est choisie ? Le vote Bayrou ? J'avoue que socialiste depuis toujours, cette fois je m'interroge. En aucun cas je ne voterai Royal et je sais que je ne suis pas le seul socialiste dans ce cas. DSK et Fabius étaient les seuls quoiqu'en disent les sondages à pouvoir rassembler à gauche.
Bonjour Niko,
Je regrette toujours d’avoir des messages plus ou moins anonymes sans savoir à qui je m’adresse (pas de nom de famille, pas de mail, pas de blog)…
Je ne pense pas que Royal s’assoit sur le vote des Français puisqu’il a eu lieu et qu’elle ne met pas le résultat du référendum en cause, même si son choix à l’époque a été différent.
Tu dis que le plan B est dans le programme du PS (mot pour mot Fabius hier soir...)…mais pour devenir vraiment un plan B, il doit être partagé par les autres pays d’Europe…
Tu dis que tu ne veux pas de cette Europe : mais l’ensemble de nos homologues socialistes européens était favorable au traité. Peut-on faire l’Europe seul ?
J’ai entendu Fabius hier dire qu’il voulait construire l’Europe par la gauche. A vrai dire, je trouve cela plutôt angélique, car il sait pertinemment qu’il n’y a pas que des pays de gauche en Europe et qu’il faut donc faire des compromis. Refuser les compromis, c’est prétendre vouloir imposer la seule vision de la France à nos 24 partenaires, ce qui est une bien curieuse vision de l’Union…
Pour ce qui concerne le loyalisme, il est normal de mon point de vue quand on adhère à un parti. C’est même son ciment. Sans discipline de parti, pas de parti et pas de victoire. Il me semble que, quel que soit le candidat qui sera désigné, ce dernier aura une grande légitimité étant donné le nombre de débats qui ont eu lieu et le nombre de militants qui auront voté.Si Ségolène est désignée, c’est donc qu’elle sera légitime pour les socialistes, et je ne vois pas où est la difficulté de voter pour elle. Idem si c’est DSK. Idem si c’est Fabius.
Bonne continuation.
BRD
Soutenu en septembre 1999 à l'université Lille III - Charles de Gaulle, le thème de mon mémoire de maîtrise d'histoire contemporaine, est : "Le majorat de Pierre Mauroy (1973-1995) ou la tentation de l'histoire". Il contient deux tomes : le 1er tome est le texte du mémoire, le 2nd tome est constitué des annexes, et notamment de la retranscription des entretiens individuels. Bonne lecture...
Autant le point sur la Turquie, je peux le comprendre par contre la mise en perspective sur la peine de mort... Par contre sur les deux autres points, là je ne partage pas du tout.
Sur le ralliement de l'establishment et des convictions... c'est ce qu'on nomme le principe de réalité ou de survie... et ils arrivent en fin de course.
Sur le médiatique... oui elle est sur le devant de la scène... et pour le coup ces dernières semaines c'est davantage sur ses "non propositions" que sur ses mensurations comme dirait une certaine M.A