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Vendredi 27 octobre 2006

Il peut parfois être agaçant de se remettre en cause après avoir pris du temps pour réfléchir à un problème et croire avoir trouvé la solution. C'est mon cas pour le débat Ségo ou DSK... Il y a peu encore, j'étais sûr que si je pouvais voter - puisque je ne suis plus au PS depuis août 2003 - je voterais Ségo, tout en souhaitant un ticket Ségo-DSK...

Les derniers événements me refont pencher à nouveau vers DSK... Peut-être parce qu'on en a trop fait sur Ségo médiatiquement, qu'elle est en piste depuis trop longtemps. Peut-être aussi parce qu'après avoir été la candidate des militants et d'une frange populaire de l'électorat, elle est aussi devenue la candidate d'une partie de l'establishment socialiste, dont le ralliement ne doit pas tout aux convictions... Et puis il y a eu la Turquie ("je voterai comme les Français")... Du coup, j'en viens à me demander si elle aurait aboli la peine de mort en 1981... C'est d'autant plus décevant qu'elle a su faire montre de courage, qu'il s'agisse de la sécurité, de la famille ou encore de l'école, en donnant un coup de pied dans la fourmilière de la pensée unique... Mais le courage, ce n'est pas seulement de lancer des thèmes courageux, mais aussi d'assumer des positions courageuses.

Je pensais être le seul à penser comme ça...jusque mardi soir, où je discute avec deux amis socialistes : surprise, ils sont exactement dans le même état d'esprit, de doute entre Ségo et DSK...

3 à penser de la même façon, ce n'est peut-être pas un sondage, mais ça pourrait être une tendance...

Good night, and good luck !

PS : ça sera toujours mieux que Fabius.

par Boris Roman-Dubreucq publié dans : politique
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Commentaires

Autant le point sur la Turquie, je peux le comprendre par contre la mise en perspective sur la peine de mort...  Par contre sur les deux autres points, là je ne partage pas du tout.
Sur le ralliement de l'establishment et des convictions... c'est ce qu'on nomme le principe de réalité ou de survie... et ils arrivent en fin de course.
Sur le médiatique... oui elle est sur le devant de la scène... et pour le coup ces dernières semaines c'est davantage sur ses "non propositions" que sur ses mensurations comme dirait une certaine M.A

commentaire n° : 1 posté par : Marco (site web) le: 29/10/2006 07:50:09
Pareil que Boris.
De toute façon, je ne serai pas consulté, n'étant pas membre du parti.
Et en fait, qu'importe, que ce soit DSK ou S. Royal. Du moment que c'est pas Fabius.
commentaire n° : 2 posté par : Ant. le: 30/10/2006 12:47:05
Salut Bob! Je réagis à ton blog, mais c'est fait pour cela. Une fois n'est pas coutume, je ne partage pas ton avis. Je trouve que Ségolène est soumise à une épreuve que l'on n'a jamais infligée à personne. Elle doit constamment prouver qu'elle n'est pas nulle, chacune de ses interventions est disséquée, scrutée, elle doit constamment inverser la charge de la preuve en quelque sorte. De plus, ses propos sont déformés sciemment par ses concurrents socialistes: elle n'a jamais plaidé pour la suppression de la carte scolaire mais pour son assouplissement; sa position sur les alternatives à la prison est intéressante et mérite mieux que d'être résumée lapidairement par la formule d'encadrement "militaire", afin de jouer sur le rejet primaire de tout ce qui est militaire. Sur la Turquie, j'admets la formulation maladroite mais je pense qu'elle voulait dire que dans la mesure où il y aura un référendum (décidé par Chirac, on sera obligé de le faire), la position de la France sera celle des Français. Quant à la bronca sur les jurys citoyens, c'est idiot. On lui attribue le terme de "jury populaire" qu'elle n'a pas employé, quant à l'idée de soumettre les élus à un contrôle, elle n'est pas idiote et plein d'articles se penchent sur la question. C'est en tout cas un débat qui mérite d'être ouvert intelligemment et pas dans l'amalgame.

Ce qui me perturbe le plus, ce n'est pas les maladresses, quelquefois réelles de Ségo. On s'arrête à des termes quelquefois un peu martiaux au lieu de s'interroger sur le fond de ce qu'elle dit vraiment. Quand elle parle d'ordre juste, DSK répond que l'ordre n'est pas une valeur socialiste. Après le bus de Marseille, qu'en est il? Quand elle évoque la nation, il réfute l'association de nation et de socialisme, suivez mon regard. C'est une honte. J'en passe et des meilleures, quand il dit qu'elle a occupé des fonctions subalternes dans des petits ministères...

 

Hier soir, Ségo a fait l'émission politique du Parisien-TV5 Monde-Europe 1. Elkabbach l'a soumise non pas à une interview mais à un interrogatoire! Et elle a été excelllente, montrant une fois de plus qu'elle est capable de débattre et qu'elle bosse ses dossiers.

 

Je constate enfin que DSK (pour faire court) est le candidat de Sarkozy. Ce dernier a une trouille bleue de Ségolène et joue donc DSK, qui est donc soutenu discrètement par Le FIgaro, Le Parisien, Europe 1, entre autres. Je ne sais pas si tu as vu comment Le Parisien et Le FIgaro avaient expliqué après les 2 débats télévisés qu'il avait été meilleur, alors que c'est faux. Le Canard a expliqué cela la semaine dernière. Je te renvoie aussi à l'article de Thénard dans Libération samedi matin, en accompagnement de l'interview de DSK.

 

J'ai entendu par hasard Pierre Mauroy sur LCP vendredi (émission avec Le Monde et France Info): il était passionnant et convaincu, mais n'a pas été repris sauf pour une phrase sortie de son contexte dans Le Monde.

 

Je trouve dommage que certains socialistes affaiblissent sciemment la candidate pour laquelle les Français ont envie de voter. Ils arriveront peut être à lui faire la peau, d'ailleurs. Mais attention à ne pas tomber dans le piège de l'opération DSK, faite d'intimidation de sa part, de méthode Coué, de beaucoup d'arrogance, et du renfort de la droite, qui pense sans doute qu'elle pourra flinguer DSK en vol (certains livres récemment sortis montrent que le monsieur n'est pas inattaquable).

 

Je te semble sans doute virulente, et je n'adhère pas 100% à Ségolène même si je vais sans doute voter pour elle le 16 novembre. Mais je conclus comme j'ai commencé: jamais aucun responsable politique, même Le Pen, n'est interviewé avec autant d'agressivité qu'elle. Hier soir, on lui a demandé à quel tarif elle comptait salarier les jurés  citoyens! N'importe quoi, non? Pendant ce temps, DSK propose de nouvelles villes nouvelles, ce qui est quand même grave, il souhaite faire financer les universités par EDF, est assez terne dans les débats télévisés, mais cela on s'en fout, c'est un homme, il tape sur Ségo, alors ça marche. Et dans Libé, il n'exclut pas, loin de là, de s'allier avec Fabius en cas de second tour, malgré le comportement de ce dernier dans le référendum sur la Constitution.

 

Bref, moi je dis BEURK!!!

Mais peut être que je me trompe, je ne veux surtout pas insinuer que j'ai raison, juste te dire comment je réagis, en toute amitié pour toi!

Gros bisous

 

Cloclo
commentaire n° : 3 posté par : Claudette le: 31/10/2006 18:18:49
Enfin le réveil!
Tu me remontes le morale parce que ce que tu ressens, tu n'es pas le seul à l'exprimer.

Le commentaire précédent m'interpelle...

Qu'est-ce qu'il y a de choquant dans le fait que l'on souhaite débattre des propositions de SR? Qu'est-ce qu'il y a de choquant dans le fait de lui poser les questions que tout le monde se pose.
Elle est enfin traitée comme une responsable politique à part entière et non plus comme un OVNI... Elle devrait en être fière!

Et puis cet argument de candidature en dehors du Parti, en dehors de l'appareil me fait hurler! La liste de signataires est éloquente, tout ce que compte le parti de dignitaires vieillissant, de barons et d'alimentaires sont en rangs serrés derrière elle. Les plus véreux des bouches du rhône la drive...  Quelle rénovation apporte-t-elle à part le fait qu'elle soit une femme... Pierre Mauroy était cité précédemment, je reprendrai aussi ce qu'il a dit: "le problème c'est que beaucoup de monde monte dans le train mais peu le pousse..."

Perso, je reprend espoir et  me dis que l'on n'enterrera pas le PS de sitôt si les militants se réveillent assez vite pour ne pas voter SR.

A chaque débat, elle est de plus en plus nulle, au zénith de Paris, c'était pathétique tant sur la scéne que dans la salle. Elle raconte vraiment n'importe quoi, c'est du grand guignol du début jusqu'à la fin...

De mon côté, je voterais Fabius avec des pincettes mais dans la ligne du non et de l'ancrage à gauche. C'est le seul à même de rassembler la gauche dans son ensemble aujourd'hui.

Maintenant l'objectif, c'est d'obtenir au moins un deuxième tour!
commentaire n° : 4 posté par : arnaud le: 03/11/2006 13:04:56

Salut Arnaud,

 J’espère que tu vas bien !

 Pour tout dire, je trouve que le mail de Claudette présente quand même des arguments intéressants, notamment le fait qu’on demande beaucoup plus à Ségolène Royal qu’à Fbius ou DSK de se justifier. Qu’il faille donner des détails sur ce que sont les jurys populaires pour en préciser l’esprit, d’accord à 100%. Mais demander le montant de la rémunération horaire des jurys relève selon moi d’une forme de malhonnêteté intellectuelle.

Sur le fait qu’elle soit soutenue par des éléphants du parti, c’est une réalité, et j’ai dit que l’opportunisme n’y était sans doute pas pour rien. Encore qu’en la matière, aucun des trois candidats ne soit un chevalier blanc… Mais à côté des barons, il faudrait être aveugle pour ignorer que les 80.000 nouveaux militants qui ont adhéré au PS ne l’ont pas fait notamment par sympathie pour Ségolène Royal (et Dominique Strauss-Kahn dans une moindre mesure) sans doute plus que pour Fabius. Cela reste à confirmer par le vote, mais c’est mon intime conviction.

Pour ce qui concerne Fabius, j’ai un vrai problème déontologique : je ne peux pas croire quelqu’un qui a trahi le parti socialiste comme il l’a fait à l’occasion du dernier référendum, en s’asseyant sur le vote démocratique du PS et en militant contre son propre parti. « On n’a jamais raison contre son parti », dit l’adage. Je crois que c’est vrai, et que Fabius risque de le payer à l’occasion du vote. J’ai d’ailleurs de grosses craintes sur son loyalisme si Ségolène Royal est désignée. J’espère me tromper.

 Amitiés.

 BRD

 

 

 

 

 

 

réponse de : Boris Roman-Dubreucq (site web) le: 03/11/2006 18:26:01

"En s’asseyant sur le vote démocratique du PS "  ? Mais c'est Royal qui souhite s'asseoir sur le vote des Français lors du référendum. Fabius a raison. On ne veut pas de cette Europe. Le nouveau traité devra etre proposé une nouvelle fois aux Français. Pour le plan B, il est dans le programme du PS.


Pour ce qui est du loyalisme de Fabius à l'égard de Royal, je crains justement qu'il soit total et c'est regrettable. Il a annoncé qu'il ne se présenterait pas s'il n'est pas élu.
Mais quel choix auront alors les socialistes si Royal est choisie ? Le vote Bayrou ? J'avoue que socialiste depuis toujours, cette fois je m'interroge. En aucun cas je ne voterai Royal et je sais que je ne suis pas le seul socialiste dans ce cas. DSK et Fabius étaient les seuls quoiqu'en disent les sondages à pouvoir rassembler à gauche.


 


commentaire n° : 5 posté par : Niko le: 08/11/2006 12:20:11

Bonjour Niko,

Je regrette toujours d’avoir des messages plus ou moins anonymes sans savoir à qui je m’adresse (pas de nom de famille, pas de mail, pas de blog)…

Je ne pense pas que Royal s’assoit sur le vote des Français puisqu’il a eu lieu et qu’elle ne met pas le résultat du référendum en cause, même si son choix à l’époque a été différent.

Tu dis que le plan B est dans le programme du PS (mot pour mot Fabius hier soir...)…mais pour devenir vraiment un plan B, il doit être partagé par les autres pays d’Europe…

Tu dis que tu ne veux pas de cette Europe : mais l’ensemble de nos homologues socialistes européens était favorable au traité. Peut-on faire l’Europe seul ?

J’ai entendu Fabius hier dire qu’il voulait construire l’Europe par la gauche. A vrai dire, je trouve cela plutôt angélique, car il sait pertinemment qu’il n’y a pas que des pays de gauche en Europe et qu’il faut donc faire des compromis. Refuser les compromis, c’est prétendre vouloir imposer la seule vision de la France à nos 24 partenaires, ce qui est une bien curieuse vision de l’Union…

Pour ce qui concerne le loyalisme, il est normal de mon point de vue quand on adhère à un parti. C’est même son ciment. Sans discipline de parti, pas de parti et pas de victoire. Il me semble que, quel que soit le candidat qui sera désigné, ce dernier aura une grande légitimité étant donné le nombre de débats qui ont eu lieu et le nombre de militants qui auront voté.Si Ségolène est désignée, c’est donc qu’elle sera légitime pour les socialistes, et je ne vois pas où est la difficulté de voter pour elle. Idem si c’est DSK. Idem si c’est Fabius.

Bonne continuation.

BRD

réponse de : Boris Roman-Dubreucq (site web) le: 08/11/2006 19:10:34

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Soutenu en septembre 1999 à l'université Lille III - Charles de Gaulle, le thème de mon mémoire de maîtrise d'histoire contemporaine, est : "Le majorat de Pierre Mauroy (1973-1995) ou la tentation de l'histoire". Il contient deux tomes : le 1er tome est le texte du mémoire, le 2nd tome est constitué des annexes, et notamment de la retranscription des entretiens individuels. Bonne lecture...

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