
La Rochelle est venue, La Rochelle est partie... Il me souvient avoir interpellé, alors que j'étais au Mouvement des Jeunes Socialistes, Elisabeth Guigou à La Rochelle - ça devait être en 2000 - sur la question du mariage homo et du droit à l'adoption. Non seulement elle m'avait gentiment envoyé balader, mais en plus je m'étais fait engueuler par le "national" du MJS pour avoir posé cette question provocatrice... Je suis bien content que les choses avancent !
Oui, j'ai trouvé Jospin émouvant. D'ailleurs, je considère qu'il a été un très bon Premier ministre et qu'il a eu du courage et de la dignité de s'effacer le 21 avril 2002. Ce qui est suprêmement agaçant, c'est sa manière de revenir sans revenir, de ne pas afficher clairement les choses. Car de deux choses l'une : soit il n'est pas candidat, et jouer sur les divisions du PS est mesquin, soit il est candidat à la candidature et il ne risque pas de gagner en attendant d'être désiré.
Car pour être élu Président de la République, il faut le vouloir, y penser chaque seconde, en se rasant, en pissant, même en baisant (surtout ? ça dépend avec qui on baise...). Et là Yoyo, il a tout faux, zéro pointé... Parce que côté désir sexuel, il ne déplace pas les foules. Marie-Ségolène, elle, parle de "désir" ! C'est fort ça, le désir ! Imagine-t-on un autre candidat parler de "désir" ? Moi je n'en vois pas.
Je déteste Fabius, et je ne vois pas comment un mec qui a trahi le suffrage de son parti - suffrage qu'il avait d'ailleurs demandé - pourrait un jour obtenir les suffrages des militants. C'est bien dommage d'ailleurs, car il est l'un de ceux, avec Strauss-Kahn, qui aurait été capable de contribuer à faire entrer les socialistes français dans la modernité...
J'ai donc lu le livre de Laurent Baumel, "fragments d'un discours réformiste" (que je vous recommande chaudement et que je peux même vous prêter). Pour une fois, un mec définit (ou tente de le faire) ce qu'est le socialisme, la sociale-démocratie, le social-libéralisme, ... Mettre des concepts derrière des mots épouvantails !
Il analyse avec brio le complexe de la gauche en général, du PS en particulier, la mauvaise conscience de l'exercice du pouvoir. Parce qu'exercer le pouvoir dans un pays qui vit dans l'économie de marché, c'est accepter l'économie de marché ! On y vient... Moi je veux bien la "rupture" de certains camarades "plus-à-gauche-que-moi-tu-meurs, mais la "rupture" avec quoi ? L'économie de marché ? Ok, alors c'est l'économie administrée alors, qui a fait ses preuves en URSS, en Corée du Nord et à Cuba...
Cette mauvaise conscience, Baumel l'appelle le "surmoi marxiste révolutionnaire". Pas mal. Il rappelle en outre que, depuis le congrès du PS de l'Arche en 1991, les socialistes ont admis que "le capitalisme bornait désormais leur horizon historique". Fermer le ban. Donc, si on ne supprime pas le capitalisme, on le transforme, on l'aménage, on en tire le meilleur profit ! Car l'un des gros avantages du capitalisme sur les autres systèmes, c'est quand même qu'il permet la production de richesses comme jamais. La question est ensuite de savoir comment on répartit les richesses tout en préservant les ressources naturelles.
Dernière chose : pas la peine de revenir au pouvoir en 2007 si ce n'est pas pour durer ! Et c'est quoi durer ? C'est tenir 10 ans au minimum, c'est-à-dire gagner les législatives de 2012. Car depuis 1978, les élections législatives ont toujours débouché sur l'alternance en France (1981 : gauche, 1986 : droite, 1988 : gauche, 1993 : droite, 1997 : gauche, 2002 : droite), comme si les hommes politiques étaient incapables de prouver que leurs réformes étaient efficaces.
Good night, and good luck.
PS : je garde une mention particulière pour DSK qui est l'un des hommes - sinon celui - les plus intelligents à gauche. Il a le tort d'être parti trop tard au lieu de s'être compté bien avant au sein du PS...
Soutenu en septembre 1999 à l'université Lille III - Charles de Gaulle, le thème de mon mémoire de maîtrise d'histoire contemporaine, est : "Le majorat de Pierre Mauroy (1973-1995) ou la tentation de l'histoire". Il contient deux tomes : le 1er tome est le texte du mémoire, le 2nd tome est constitué des annexes, et notamment de la retranscription des entretiens individuels. Bonne lecture...