Jeudi 13 avril 2006, 6h44
Il y a des périodes qui dépassent l'entendement. Je reviens mardi matin au travail après l'incinération de mon grand-père, et j'apprends par Papa peu avant midi la mort de Pierre Boulier. Il va être enterré ce matin. Que dire ? Que j'ai partagé des vacances à Cotignac avec Pierre, Dominique sa femme et d'autres amis proches. Qu'il a des enfants de mon âge... Que je l'ai rencontré la première fois réellement lorsque je faisais mon mémoire d'histoire sur Pierre Mauroy, et qu'il m'avait reçu à Tourcoing en interview, en tant que (ancien ?) directeur de la SORELI. Et puis je me souviens de Pierre dans l'équipe de mon père, dans la première circonscription, des discussions de campagne sur la stratégie à adopter, des articles à écrire pour les journaux électoraux. Moi, j'étais au MJS, un peu gauchiste, j'avais tendance à voir en Pierre un "droitier". Le mot sécurité me faisait bondir... En fin de compte, Pierre était d'une grande rigueur intellectuelle et d'un vrai courage pour aborder des sujets pas faciles pour la gauche en général, et le PS en particulier.
J'ai appris qu'il avait un cancer un soir de décembre 2004, lors d'une réunion publique à Lille avec Dominique Strauss-Kahn. N'étant plus au PS, je n'ai plus eu l'occasion de le revoir. Je lui ai écrit une fois, une longue lettre. Une autre fois, j'ai appelé chez lui mais je suis tombé sur le répondeur. Il nous a écrit avec Dominique pour la naissance de Valentine, et puis nous nous sommes envoyés nos voeux en début d'année...
Les mots sont vains...
Soutenu en septembre 1999 à l'université Lille III - Charles de Gaulle, le thème de mon mémoire de maîtrise d'histoire contemporaine, est : "Le majorat de Pierre Mauroy (1973-1995) ou la tentation de l'histoire". Il contient deux tomes : le 1er tome est le texte du mémoire, le 2nd tome est constitué des annexes, et notamment de la retranscription des entretiens individuels. Bonne lecture...
Les mots sont vains mais la chaîne doit se perpétuer.
Ne pas baisser les bras devant la mort et l'adversité, penser à transmettre les valeurs de liberté, d'égalité et de fraternité qui sont le fondement de notre idéal républicain, expliquer à nos enfants...
L'homme bon est immortel, j'y crois dur comme fer, il est immortel de par ce qu'il sème en chacun de nous : réflexions, attitudes, actions utiles et fécondes...
JH