samedi 7 juin - Venise pour 4 jours, où le sublime n'est jamais très loin du kitsch. On peut aller à Venise de deux façons : comme un touriste de base, ou bien en essayant de s'imprégner
de son histoire, de son authenticité. C'est ce qu'on a essayé de faire, avec plus ou moins de réussite...mais quand même ! Un tour en gondole ? Mais vous n'y pensez pas ! 80€ la demi-heure dans
cette barque noire laquée, aux sièges et coussins en moumoute, avec des pompons colorés sur les côtés et la fleur artificielle sur la proue... C'est fait pour les Japonais et les Etatsuniens qui
croient sans doute sincèrement que c'est romantique du moment qu'on leur affirme que c'est le cas...

Il y a aussi les taxis-bateaux rutilants en bois précieux... Mais c'est également 80€ la course. Alors mieux vaut marcher ou prendre le vaporetto, se rafraîchir un peu sur le grand
canal, sentir l'odeur salée de l'Adriatique qui pénètre dans chaque ruelle de la ville en admirant les palais des grandes familles qui y ont vécu.

dimanche 8 juin - La place Saint-Marc, c'est obligé. Le Campanile et ses 98 mètres, le Palais des doges (et le pont des soupirs, couloir reliant le tribunal à la prison), la basilique,
la tour de l'horloge, les pigeons, les hordes de touristes (des pigeons aussi !) qui reconnaissent leur guide grâce à la couleur du parapluie qu'il porte haut.

Si j'étais venu pour une chose en particulier, c'était bien pour l'exposition temporaire Rome et les barbares au Palazzo Grassi. Plus de 2000 pièces retraçant l'histoire de l'Empire, de
ses conquêtes, de l'assimilation de tant de peuples et de la décadence finale. Ah, la chute de Rome, l'idée que la civilisation est engloutie...et la nécessité de remplacer ce cadre par un autre
: le christianisme (avec le latin comme fil conducteur). Où comment Rome, qui a persécuté les premiers chrétiens, est finalement devenue chrétienne. Jean-François Kahn parlerait de la
reconstruction de l'invariance...mais il faut que je lise son livre.
lundi 9 juin - Besoin de sortir de la foule. San Michele, l'île-cimetière au nord, qui a cette fonction depuis que Napoléon l'a décidé en 1797. Quelques photos interdites puisqu'il
n'est pas permis d'en prendre. Un havre de paix entouré de cyprès.

Puis Murano et ses souffleurs de verre. Qu'est-ce qui vient de là ? Qu'est-ce qui vient de Chine ? On ne sait pas, mais à part les magasins, il n'y a pas grand chose sinon un musée du verre
absolument nullissime.
Un quartier sympa de Venise, c'est Dorsoduro, parce que même si tu enlevais les touristes, il resterait des vrais gens, cadres et étudiants. On avait repéré un bar à vin sympa dans l'après-midi,
qui se trouve justement être référencé dans le routard. On y retourne le soir pendant que la Squadra azzura se prend une dégelée, et l'on se retrouve à côté d'une table de Français avec le
routard posé en évidence sur leur table, un vieux couple qui n'a manifestement plus grand chose à se dire. Soupirs...
mardi 10 juin - Retour en France avec les grèves et les vendeuses de sandwiches qui envoient chier les touristes étrangers qui ne comprennent pas ce qui se passe, car elles ne parlent
pas un mot d'anglais et ne font aucun effort. Vive la France !
mercredi 11 juin - Une insomnie, la rediffusion d'une émission sur les vacances des présidents de la Vème République, et me voilà revenu à Venise. Car Mitterrand y allait
souvent avec Mazarine, qui en parle en ces termes : "Le Président François Mitterrand venait souvent à Venise. Il était heureux dès son arrivée, il souriait, tournait le regard autour de lui,
à chaque fois surpris et enchanté par l’atmosphère souvent brumeuse et humide de la ville. L’air marin, le silence, le lent écoulement de l’eau dans les canaux ; au lieu de remparts, cette
Venise offrait une imposante enfilade de palais bâtis directement sur l’eau."
jeudi 12 juin - Il y a des livres qu'on prend comme on ouvre un bonbon, avec gourmandise. Et d'autres pour lesquels on ne sait pas trop. Là, par exemple, je m'attaque à La
destruction des juifs d'Europe, de Raul Hilberg, universitaire étatsunien récemment décédé, et qui a passé sa vie à essayer de raconter la Shoah. Son crédo : aussi horrible que soit
l'événement, il peut néanmoins s'analyser comme n'importe quel fait historique, avec méthode. Plutôt que les témoignages des survivants, Hilberg a préféré les sources documentaires. C'est son
parti pris. Résultat : 3 tomes de plus de 700 pages chacun. Je vous dirai...
vendredi 13 juin - Les Irlandais rejettent donc le traité de Lisbonne. Tant que les avancées de l'Union resteront liées à l'approbation de chacun de ses membres - et pas à la majorité
des citoyens - , on trouvera toujours bien un pays pour manifester son désaccord et bloquer la machine. C'est un droit de véto. Je vois Mélanchon qui se réjouit, Buffet, Besancenot, Le Pen, De
Villiers. Ca me laisse perplexe.
Soutenu en septembre 1999 à l'université Lille III - Charles de Gaulle, le thème de mon mémoire de maîtrise d'histoire contemporaine, est : "Le majorat de Pierre Mauroy (1973-1995) ou la tentation de l'histoire". Il contient deux tomes : le 1er tome est le texte du mémoire, le 2nd tome est constitué des annexes, et notamment de la retranscription des entretiens individuels. Bonne lecture...
Salut Roger ! Ok, cela dit, il faudra bien faire une réforme des institutions car l'Europe est bloquée... Bises. Boris