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Samedi 8 décembre 2007

samedi 1er décembre - L'art pour l'art ça n'a aucun sens. A quoi ça sert, une belle peinture ? A part l'instant où on la regarde. A part pour se la jouer en société, donner l'année où elle a été faite, parler de la vie de l'artiste.
J'ai retrouvé dans mes cartons "Le musée retrouvé de Marcel Proust", beau livre hérité de mes parents, dans lequel Yann le Pichon présente les tableaux qui jonchent la recherche du temps perdu. Cet ouvrage est préfacé par François Mitterrand, homme de culture s'il en fut :
"Un tableau n'est pas seulement une oeuvre d'art, il transforme notre perception." Puis, citant Proust lui-même : "Avant d'avoir vu des Chardin, je ne m'étais pas rendu compte de ce qu'avait de beau, chez mes parents, la table desservie, un coin de nape relevé, un couteau contre une huître vide." Tout est dit.

dimanche 2 décembre - C'est une boîte à musique pour moi comme une madeleine pour d'autres. Elle était intégrée à une petite table d'échecs en bois laqué, sous le couvercle de laquelle, outre les différentes pièces noires et blanches, se trouvaient deux jeux de cartes avec nos prénoms écrits dessus au crayon à papier par mon grand-père. Un pour mon frère, et un pour moi. Le plaisir des échecs ou des cartes venait autant du jeu lui-même que de la musique métallique produite à l'ouverture, après avoir actionné le remontoir caché en dessous de la table. Les dents en fer venaient tinter de façon régulière sur le cylindre de la mélodie entêtante. C'était mélancolique et ça devenait de plus en plus triste quand le ressort, fatigué par les minutes de musique, la faisait lentement mourir comme la vie qui s'arrête. Cette table existe toujours chez ma mère à Gap.

"Les jambes de Steffi Graf" ressemble à la table d'échecs qu'on aurait ouverte après des années pour vérifier qu'elle fonctionne encore, comme si l'on voulait revivre le passé. Ou bien à une étude de piano à la main gauche si caractéristique, quand on est en deuxième ou troisième année. Ca sent la communale, le vieux plancher en bois, la poussière, la craie sur le tableau et sur les mains. Tout ce qui reviendra jamais. Comme les jambes de Merlene Ottey.

Les jambes de Steffi Graf (Vincent Delerm, Les piqûres d'araignées, 2006)

J'ai manqué des passages
Survolé certaines pages
Sauté des paragraphes
Les jambes de Steffi Graf

J'ai laissé s'envoler
Les robes longues, les étés
Les écharpes en hiver
Les jambes d'Heike Dreschler

Et je voulais revoir
Vos yeux dans l'autocar
Tout ce qui reviendra jamais
Les jambes de Merlene Ottey

Je sais pas où sont parties les jambes de Sabatini

lundi 3 décembre - Le premier album de Pierre Lapointe (éponyme) est quasiment introuvable en France...et même en ligne, pas facile à dénicher. Mais pour gagner du temps, c'est ici qu'il faut aller. Pour les connaisseurs. On y trouve quelques bijoux, notamment "Debout sur ma tête" et "Tel un seul homme". 


mardi 4 décembre
- Les services secrets étatsuniens et israéliens ne sont pas des enfants de coeur, on s'en doutait. De ce point de vue, la récente publication d'un rapport de la CIA affirmant que l'Iran aurait arrêté sa production de nucléaire à des fins militaires a de quoi surprendre. Ca c'est pour le côté officiel. Pour le côté officieux, on lit dans Le Figaro les informations suivantes : "Le 18 janvier dernier, le physicien Ardeshir Hassanpour, l’un des cerveaux du programme nucléaire iranien, mourait victime d’un empoisonnement en Iran. Le 7 février, Ali Reza Asgari, ancien responsable des gardiens de la révolution qui participent à la protection des sites nucléaires, faisait quant à lui défection pour se rendre aux États-Unis, via la Turquie ; et le 30 avril, c’était au tour de Hossein Moussavian, négociateur du nucléaire avec les Européens, d’être arrêté à Téhéran, qui l’accuse d’avoir transmis des renseignements sensibles aux Britanniques." Ca a des petits relents Spy Game cette histoire. Décidément, nous ne sommes pas au pays de Candy...

mercredi 5 décembre - Le 5 décembre est une date bien particulière pour moi... C'est la veille de Saint-Nicolas, ce qui signifie qu'avant d'aller se coucher, il convient de préparer un sucre et une carotte pour l'âne de Saint-Nicolas qui va passer dans la nuit apporter...un Saint-Nicolas en chocolat et un petit cadeau (pour les enfants sages). Sachant que ma mère a envoyé les cadeaux de Gap et ma grand-mère les Saint-Nicolas en chocolat de Lille, je ne suis pas sûr que ça soit très écolo...mais la tradition, c'est la tradition. A Nantes, ils ne connaissent pas la Saint-Nicolas...contrairement au nord et à l'est de la France...

jeudi 6 décembre - Arthur s'est levé en avance...vers 6h00, histoire de vérifier que le Saint patron des écoliers était bien passé pendant la nuit avec son canasson (celui de Shrek ?). La preuve par l'image en exclusivité ! Le père Noël a intérêt à être bon. Y'a de la concurrence dans l'air...

Avant :

IMG-3700.JPG

 
Après :

IMG-3701.JPG

vendredi 7 décembre - Venredi, jour pourri. Mon dicton depuis que je bosse je crois. Dominique Marti m'appelle à 9h10 et m'apprend la mort de Noël Dejonghe dans la nuit. Son "non" et mon "oui" au référendum semblent bien dérisoires aujourd'hui. Avec Noël, on partageait plus que la politique. Beaucoup plus.

par Boris Roman-Dubreucq publié dans : d'une semaine à l'autre
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Mémoire histoire

Soutenu en septembre 1999 à l'université Lille III - Charles de Gaulle, le thème de mon mémoire de maîtrise d'histoire contemporaine, est : "Le majorat de Pierre Mauroy (1973-1995) ou la tentation de l'histoire". Il contient deux tomes : le 1er tome est le texte du mémoire, le 2nd tome est constitué des annexes, et notamment de la retranscription des entretiens individuels. Bonne lecture...

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