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samedi 6 octobre - Villepin m'impressionne. Entre ses attaques en règle contre la politique de Sarkozy, sa contre-offensive dans l'affaire Clearstream (à laquelle je ne pige pas
grand chose), la sortie récente de son livre sur Napoléon ou sa signature de la pétition contre les tests ADN pour les étrangers, il est clairement en train de prendre date pour la prochaine
présidentielle en se posant en alternative à droite à Sarko. Il a raison de s'y prendre tôt...
dimanche 7 octobre - Je suis au bord de l'appareil et déjà les jambes dans le vide. Je les replie vers l'arrière, sous le fuselage, comme on me l'a expliqué lors du briefing
une demi-heure plus tôt. Nous avons mis environ 20 minutes pour atteindre les 3000 mètres, les altimètres du caméraman et de François, auquel je suis harnaché, le confirment. Je regarde en bas. A
travers les nuages, je distingue la mer, la côte, les maisons et les champs. J'ai peine à croire qu'on va y aller, mais je relève la tête en me cambrant en arrière, puisque c'est la procédure.
François donne une impulsion, et nous tombons. A 200 km/h quand nous atteignons la pleine vitesse. Nous tournons plusieurs fois sur nous-mêmes en arrière. J'ai la clairvoyance de me dire que
je suis taré et que j'ai peut-être fait une connerie.
J'ai le coeur qui se soulève en permanence. Et puis nous nous stabilisons finalement face à la terre. Le cameraman vient à notre niveau et nous filme tout en prenant des photos. Il déclenche son numérique en mordant dans une sorte de paille. J'arrive même à sourire et à mettre mes pouces en l'air...
35 secondes après le grand saut et 1500 mètres plus bas, François déclenche l'ouverture du parachute... J'aurais encore droit à 5 minutes voile ouverte, une traversée des nuages flippante,
quelques sensations différentes mais tout aussi fortes, avant de me poser tout en douceur sur l'aérodrome proche des Sables d'Olonne. Ca serait mentir de dire qu'on ne se sent pas un peu
différent après cette expérience. Différent d'avant. Différent des autres.
lundi 8 octobre - On ne dit pas "un espèce de ..." mais "une espèce de" ; on n'écrit pas "Autant pour moi" mais "Au temps pour moi" ; on n'écrit pas "Quelques 50 voitures ont été
brûlées" mais "Quelque 50 voitures ont été brûlées" ; on n'écrit pas "aller de paire" mais "aller de pair" ; on ne dit pas "après qu'il ait plu" mais "après qu'il a plu". Putain, faites un effort
bordel !!!
mardi 9 octobre - On parle beaucoup de BHL en ce moment, ce qui ne doit pas être pour lui déplaire. J'ai surtout de lui l'image d'un homme très critiqué, notamment par Renaud avec
l'une de ces chansons ("l'entarté"). J'ai pourtant peine à croire qu'il n'a rien d'intéressant à dire. Combien, parmi tous ceux qui lui en mettent plein la poire, ont lu un bouquin de lui,
par exemple celui sur Daniel Pearl ? Je me garderai donc bien de juger avant d'avoir lu. Celui-là, ou l'autre qu'il vient de sortir sur la gauche.
mercredi 10 octobre - On enterre aujourd'hui Pépé Farineaux, le grand-père de mes 5 cousins Thomas, Martin, Aline, Joséphine et Théophile. Un sacré bonhomme qui s'en va, à la fois
scientifique et artiste. Mes parents avaient l'une de ses sculptures dans leur salle de bain, rue Jeanne d'Arc : un homme tenant un enfant dans ses bras. Objet si familier pour moi. Il y a
quelques années - Pépé Farineaux avait déjà passé allègrement les 80 ans - au cours d'une journée mémorable chez Marianne et Jean (l'un de ses 4 enfants), je lui avais fait tirer sur un
joint emprunté au groupe de jeunes (pas de noms, pas de noms !!). Il avait tiré dessus de bon coeur, ça l'avait mis de bonne humeur !
jeudi 11 octobre - J'apprends que le président de l'autorité palestinienne Abbas veut un Etat de 6.205 km², et que dans le même temps, Israël accepte le principe selon lequel
Jérusalem-est deviendrait la capitale du futur Etat palestinien. Là je me dis qu'on est entré dans le concret et qu'il y a un espoir véritable après tant d'espoirs déçus. Parce qu'Israël a
compris que pour assurer sa sécurité, il avait besoin d'être reconnu, et que pour être reconnu, il avait besoin de donner un Etat aux Palestiniens, dont la poussée démographique est
irrémédiablement plus élevée que la sienne. Un Etat plus petit, mais un Etat plus sûr. C'est le deal.
vendredi 12 octobre - 2h38. Petits pleurs continus dans la maison. Valentine. Je m'y colle. J'ouvre sa chambre. "J'ai peur du loup, papa !" "Y'a pas de loups, ils sont
dans la forêt et je les ai tous tués !" Rassurée, l'enfant se rendormit. Pas moi. D'où le fameux dicton : vendredi, jour pourri. Vérifie, c'est une réalité ! Pour une fois que je
regarde la télé, je tombe sur la rediffusion d'une émission vraiment exceptionnelle sur de Gaulle (avec en prime Marie Drucker et son décolleté) : son retour en 58 avec l'opération "Résurrection"
des militaires algériens qu'il n'a pas imaginée mais qu'il a laissé suivre son cours ; mai 68 bien sûr ; mais aussi le fameux voyage au Québec en 67, avec des archives vidéo inédites qui
montrent bien qu'il avait prémédité son coup du "Vive le Québec libre !", et qu'il a d'ailleurs tourné le couteau dans la plaie le lendemain.
Soutenu en septembre 1999 à l'université Lille III - Charles de Gaulle, le thème de mon mémoire de maîtrise d'histoire contemporaine, est : "Le majorat de Pierre Mauroy (1973-1995) ou la tentation de l'histoire". Il contient deux tomes : le 1er tome est le texte du mémoire, le 2nd tome est constitué des annexes, et notamment de la retranscription des entretiens individuels. Bonne lecture...
Le parachute, ça vous change un homme ;-)
Ah, Bernard Lévy (car tel est son nom), tout un programme de délayage du verbe. Ecrit-il toujours son carnet de bord? C'était à mourir de rire ce truc...
Ce type est un truqueur, non?
En plus, mauvais cinéaste.
Bref, un loser. C'est sans doute pour ça que malgré tout, il m'est sympathique