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samedi 21 juillet - Au lecteur : lecteur paisible et bucolique, sobre et naïf homme de bien, si tu n'as vu le film Babel, passe ton chemin ! Il existe, je l'affirme, de brefs moments d'entière félicité dans une vie humaine et j'ai vécu ce moment samedi en début d'après-midi en écoutant Gustavo Santaolalla, qui a écrit la partie la plus sublime de la bande originale de l'un des films les plus sublimes au monde : Babel ! Je lisais un article passionnant sur Bouddha dans le Nouvel Observateur, juste avant qu'Arthur ne s'endorme dans mes bras sur le divan.
dimanche 22 juillet - Ma mère arrive à l'aéroport de Nantes Atlantique à 13h50, après une nuit bien courte, et pour une semaine. Bien sûr on refait l'histoire de la famille, de Tatie Ghislaine à Mémé Pendule, des ancêtres obscurs, d'autres qui étaient interdits d'entrer dans certains villages pour être trop assidus auprès des femmes dont les hommes étaient partis aux champs (Louis-Joseph, dit Ghislain Galland pour le nommer). Annabelle connaît ça par coeur... Ah ma mère...
lundi 23 juillet - Il manquait une baguette à 19h30, sachant qu'une des trois boulangeries de Thouaré ferme à 20h00. Je chope donc mon fils préféré qui erre dans la rue de
Langeais avec d'improbables amis qui ont deux fois son âge, et l'emmène fissa avec moi. Grande mission : acheter le pain. Je lui donne 1€, lui recommande le bonjour, s'il vous plaît, merci, au
revoir. Le gamin se débrouille bien, et me ramène 10 centimes. Grand seigneur, je lui propose de lui offrir pour qu'ils les mettent dans sa tirelire : "Non merci papa, j'ai déjà assez de sous
dans ma tirelire." Diantre...
mardi 24 juillet - Je lis ce jour une interview de mon ami Rémi Lefebvre dans l'Humanité sur la déception des nouveaux adhérents socialistes, et sur la forme d'habitude qu'a le
PS de traverser des crises, de baisser la tête en attendant de gagner par défaut à l'élection suivante. Ca me fait penser à Jean-Daniel Rousseau, un brillant formateur avec qui j'ai suivi
deux stages sur la conduite du changement, que je ne peux que recommander chaudement ! Une des phrases fétiches de Jean-Daniel (ben oui, c'est le genre de formateur qu'on tutoie cash),
c'est : "Si vous faites toujours plus de la même chose, vous obtiendrez toujours plus de la même chose." Ben au PS c'est pareil...
mercredi 25 juillet - L'oisiveté professionnelle me laisse le loisir de regarder la Loire de la fenêtre de mon bureau. Elle n'est jamais la même : jamais la même couleur, tantôt grise,
tantôt marron, avec parfois un peu de bleu ou de vert. Parfois, on dirait un lac et les HLM de Malakoff se reflètent parfaitement dedans. Parfois encore, elle semble si agitée qu'on attend
la vague qu'on pourra surfer. Mais le plus bluffant, je crois, c'est de la voir couler à l'envers quand il y a une grosse marée. La Loire, spectacle permanent dont jamais on ne se lasse.
jeudi 26 juillet - Journée à Ploemeur, en Bretagne, près de Lorient, où vivent depuis 3 ans le frère de mon grand-père (et parrain de ma mère), Roger, et sa femme Bélo. Auparavant,
ils étaient à Quilen, dans l'arrière-pays boulonnais. L'occasion de se retrouver comme nous nous sommes retrouvés tant d'années le 1er janvier. L'occasion pour Arthur et Valentine de jouer
avec les enfants de Cécile, la cousine de ma mère, Léo et Coline. L'occasion de parler du passé, de nos chers morts et de m'apprendre une phrase célèbre de mon grand-père que je n'arrive pas
encore à prononcer sans rire : "Si vous n'en voulez pas, je la remets dans ma culotte", joignant le geste à la parole.
vendredi 27 juillet - Il y a plusieurs lots de consolation quand tu vas chez le dentiste et que la fraise t'a déchiré les ratiches. La première, c'est quand la dentiste te dit que tu as de très belles dents (merci maman pour les faux palais, les bagues, le casque et les élastiques le jour et la nuit !!). La deuxième, c'est que tu peux lire Match sans l'acheter. Je suis tombé sur le fameux numéro de début juillet avec Ségo en maillot de bain, et j'y ai appris que Michel Houellebecq venait de finir le tournage de La possibilité d'une île avec Benoît Magimel dans le rôle principal. J'ai hâte d'être au printemps 2008 pour voir ça.
Soutenu en septembre 1999 à l'université Lille III - Charles de Gaulle, le thème de mon mémoire de maîtrise d'histoire contemporaine, est : "Le majorat de Pierre Mauroy (1973-1995) ou la tentation de l'histoire". Il contient deux tomes : le 1er tome est le texte du mémoire, le 2nd tome est constitué des annexes, et notamment de la retranscription des entretiens individuels. Bonne lecture...