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Lundi 30 juillet 2007

Le marxisme a ceci de merveilleux qu'il prédit scientifiquement le déclin du capitalisme et la victoire de la classe ouvrière (un peu comme les lessives qui lavent plus blanc que blanc). Formidable espoir pour les masses exploitées fin 19ème - début 20ème que l'idée selon laquelle leur victoire ne serait qu'une question de temps, et que le but des organisations ouvrières était de la hâter.
En lisant Rosa Luxemburg dans le texte, j'en suis naturellement venu à me poser la question de savoir ce qu'était la Révolution. Premier élément de réponse : c'est le "renversement de l'ordre bourgeois ". Certes... Les moyens pour y parvenir ? La "lutte" quotidienne contre l'exploitation capitaliste, à la fois dans le cadre de la démocratie électorale - Rosa mesure aussi les rapports de force en comptant les bulletins de vote et considère que la démocratie est un moyen d'éducation des masses - et syndicale (notamment par le biais des grèves, nous y reviendrons dans un prochain post). 
Mais tata Rosa, c'est quoi la Révolution, au-delà du renversement de l'ordre bourgeois ? Est-ce que ça veut dire qu'on nationalise tous les moyens de production, des banques aux charbonnages en passant par les boulangeries ?
La question qu'on peut se poser, c'est de savoir, au-delà du changement de mode de production ou du passage d'un ordre à un autre, ce que la Révolution change pour les masses. Auront-elles plus à manger ? Des maisons plus confortables ? Des écoles et des universités au top ? Un accès gratuit à la culture ? Une meilleure sécurité sociale ? Y aura-t-il une meilleure égalité entre femmes et hommes ? etc.
Et là, Rosa semble sèche. Elle est muette sur la question, comme s'il n'existait pas de "programme de gouvernement révolutionnaire", comme si la révolution était une fin en soi, une abstraction, un tour de magie qui résoudrait d'un coup tous les problèmes...
En réfléchissant, je me dis aussi que le risque d'afficher des revendications claires à la révolution, c'est de mettre en lumière qu'elles peuvent au moins en partie être mises en oeuvre par la réforme. Et le marxisme ne serait plus le marxisme s'il pouvait se réaliser sans la révolution.
Good night Rosa, and good luck...

par Boris Roman-Dubreucq publié dans : politique
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Soutenu en septembre 1999 à l'université Lille III - Charles de Gaulle, le thème de mon mémoire de maîtrise d'histoire contemporaine, est : "Le majorat de Pierre Mauroy (1973-1995) ou la tentation de l'histoire". Il contient deux tomes : le 1er tome est le texte du mémoire, le 2nd tome est constitué des annexes, et notamment de la retranscription des entretiens individuels. Bonne lecture...

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