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Il n'était pas acquis par avance que j'aime Michel Rocard (ses idées je veux dire). Entre Mauroyistes et Mitterrandistes, il n'était pas en odeur de sainteté chez les
jeunes socialistes quand j'y suis entré en 1992. Il était même détesté...mais le MJS, c'est le PS en pire pour ce qui concerne les courants... Pourtant, c'est bien lui qui a donné au MJS son
autonomie après la débacle de 1993 aux élections législatives... Nous avons ensuite cotoyé la majo rocardienne au niveau national, sachant que la fédération du Nord a toujours été à part,
non-soluble dans aucun courant... Mes propos sont sans doute obscurs, désolé...
Professionnellement, j'ai eu l'occasion de le cotoyer une fois. Septembre 2000, l'organisation d'un colloque européen sur l'action sociale locale... Mon premier job. Rocard figurait à la fois sur
le patronage de la manifestation, et était venu au Grand Palais à Lille pour faire un discours...
L'année dernière, j'ai acheté son livre d'entretiens, "Si la gauche savait". Et là, j'ai pris un gros coup sur la tête. Il revisite l'histoire de la gauche en général, et du PS en particulier, de
la fin de la 2ème Guerre Mondiale jusqu'à aujourd'hui : la Guerre d'Algérie, le PSU, le PS d'Epinay, le programme commun, les années Mitterrand. Ce livre est absolument puissant en terme
d'analyse. Je tiens d'ailleurs Rocard pour un des seuls hommes de gauche à être capable de penser la gauche de façon globale...
Plus récemment, j'ai eu l'occasion de lui envoyer un petit mail lorsqu'il a appelé, entre les deux tours de la présidentielle, à une alliance claire entre Royal et Bayrou. J'avais trouvé
particulièrement injustes les critiques qui lui avaient été faites... Il a pris la peine de me répondre quelques mots et ce geste m'a touché je dois dire...
Alors samedi, ça m'a mis un peu dedans, forcément, cette histoire d'hémorragie cérébrale.
Courage Michel, et bon rétablissement.
P.S. : une pensée spéciale pour mon ami Marc, Rocardien depuis sa naissance, depuis sa conception, voire peut-être avant !
Salut Jérôme ! Bon, on ne sera pas forcément d'accord tout de suite sur Rocard... Si tu te souviens, c'est lui qui avait "inauguré" un gouvernement d'ouverture en 1988 avec l'accord et la volonté de Mitterrand. Il y avait alors 6 centristes au gouvernement. Donc quand on a critiqué Rocard, j'ai trouvé qu'on avait la mémoire courte. Quand on analyse froidement les choses aujourd'hui, on se rend bien compte d'une part que le PS + les partis à sa gauche ne peuvent mathématiquement pas être majoritaires, d'autre part que le PS a de nombreux points de convergences avec le MoDem (et les Verts bien sûr, une partie en tout cas...) : sur la démocratie, la réforme des institutions, l'Europe, l'écologie. Il n'est donc pas absurde d'imaginer un contrat de gouvernement avec le MoDem.
Dernière chose (provisoirement) : j'ai lu un article fort intéressant dans Libé qui analysait les résultats du 2nd tour des législatives. C'est sans appel : ce sont bien les électeurs du MoDem du 1er tour qui ont permis au PS de limiter la casse et de gagner des sièges par rapport à 2002.
A plus !
Salut Jérôme, d'accord avec toi sur le fait que le PS ne s'est pas occupé de ses fondements idéologiques...notamment depuis qu'il exerce le pouvoir national en 1981 et la chute du mur de Berlin en 1989. Ca a tout changé, mais nous avons souvent gardé un discours très 1ère gauche, programme commun, etc., qui ne correspondait selon moi plus à la réalité... Par exemple, plus personne aujourd'hui ne pense sérieusement à renationaliser Renault, Suez ou Paribas, ce qui ne veut pas dire que les nationalisations n'ont pas constitué à un certain moment un moyen nécessaire pour redresser l'économie.
Ce sur quoi il faut arrêter de faire des plans sur la comète, à mon avis, c'est dire que le but du PS c'est de changer le système de production, à savoir le marché. Ce n'est ni possible, ni souhaitable, notamment parce que l'absence de marché rime toujours avec absence de démocratie (ce qui ne veut pas dire que marché rime toujours avec démocratie, mais il y conduit à terme...).
Pour ce qui est de la social-démocratie, c'est pour moi le socialisme intégré à la démocratie et à l'économie de marché. Et ce n'est pas un gros mot non plus :-)
Sarko est sans aucun doute de droite, mais est-ce que pour autant il faut lui laisser les concepts de mérite, de travail, de nation ? Je n'en suis pas sûr...
Pour les universités, je ne me sens pas spécialiste de la question, sinon que la division stricte université/entreprise me casse les bonbons... On se croirait parfois au pays de Candy : l'université lieu du savoir, surtout pas en lien avec l'économie bourgeoise capitaliste... Oui, mais quand les étudiants sortent, c'est pour eux une grande découverte...
A plus !
B
Soutenu en septembre 1999 à l'université Lille III - Charles de Gaulle, le thème de mon mémoire de maîtrise d'histoire contemporaine, est : "Le majorat de Pierre Mauroy (1973-1995) ou la tentation de l'histoire". Il contient deux tomes : le 1er tome est le texte du mémoire, le 2nd tome est constitué des annexes, et notamment de la retranscription des entretiens individuels. Bonne lecture...
Merci mon lapin... ouais... ça m'a foutu un coup... et d'avance un grand vide...
Si tu veux l'intégrale de la pensée de Michel... faut te rapprocher de Toine... c'est le gardien du temple :-)