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Mardi 26 juin 2007

On apprend que Sarko a obtenu que la référence à la "concurrence libre et non faussée" soit retirée du traité-scribouillard qui vient d'être adopté par les 27... Tout ça pour rassurer son monde face aux dégâts engendrés par l'ultralibéralisme... Soit disant...
On savait que notre président aimait les symboles, et ç'en est un ! Mais les symboles qui sont des coquilles vides servent-ils à quelque chose ? Car quoi ? Pense-t-on réellement qu'en retirant "concurrence libre et non faussée" d'un texte, on va en changer l'esprit ? Est-ce d'ailleurs souhaitable ? Non.
Pourquoi ? Je vais vous le dire... :-)
* Si on est contre la "concurrence libre et non-faussée", c'est donc qu'on est pour la concurrence "non libre et faussée"... (Ah, le bon vieux temps de l'économie dirigée, des plans, le temps où l'Etat fabriquait des voitures...)
* Et puis, c'est pas pour dire, mais la "concurrence libre et non faussée" est une expression qui figure...dans le Traité de Rome... Rien de moins. Et comme le traité de Rome n'a pas été abrogé à ma connaissance, il est toujours en vigueur...
Question : d'où me viennent ces arguments ?
Réponse : du livre de DSK défendant le oui au traité constitutionnel, livre brillant au demeurant qui garde toute sa pertinence...
Merci qui ? Merci Dominique !
Good night, and good luck !

par Boris Roman-Dubreucq publié dans : politique
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Commentaires

Oui, mais...
oui, mais...
La concurrence libre et non faussée est une vue de l'esprit. A ma connaissance, elle n'existe nulle part, et la non-intervention de l'état n'est en aucun cas une garantie que la libre concurrence s'exercera. Les exemples en sont nombreux, de l'abus de position dominante (Microsoft, par exemple) aux ententes illicites sur les prix et les services (les grands distributeurs). La concurrence libre et non faussée n'existe que comme modèle économique, cs d'étude, objet de réfléxion théorique, mais en aucun cas dans la réalité. Enfin, à mon humble avis, of course.
Bien à toi
ant
commentaire n° : 1 posté par : Ant. (site web) le: 26/06/2007 10:09:36

Salut Antoine. Bien sûr, la concurrence libre et non faussée est un principe qui autorise de nombreuses exceptions, sinon les subventions et la PAC n'existeraient pas ! Mais quand tu évoques Microsoft, c'est bien au nom de cette notion que la firme de Bill Gates a été condamnée à une amende record par l'Europe. Idem pour les accords entre opérateurs de mobiles qui ont tendance à s'entendre sur les prix des SMS par exemple... Ce que je voulais surtout dire, c'est que l'existence de l'Europe comme marché ne va pas être remise en cause parce que Sarko a fait retirer "concourrence libre et non faussée"... Bien à toi. Boris

réponse de : Boris Roman-Dubreucq (site web) le: 26/06/2007 17:05:20
On est bien d'accord :-)

Je te signale une lecture passionnante : "Reconsidérer la richesse", de Patrick Viveret (Editions Aube Nord). Ce petit recueil (épuisé en librairie) reprend en le complétant le rapport de la mission confiée à Viveret par Hascoët, alors secrétaire d'état à l'économie solidaire.

Cordialement,
ant.
commentaire n° : 2 posté par : Ant. (site web) le: 27/06/2007 09:26:55
Salut Antoine et merci pour le conseil de lecture ! Peut-être peut-on le trouver sur www.chapitre.com... B
réponse de : Boris Roman-Dubreucq (site web) le: 28/06/2007 09:15:53
En passant sur votre blog :

Qu'est-ce qui faisait peur dans l'expression "concurrence libre et non faussée".

Apparemment, plus l'adjectif "libre", qui accolé avec le mot "libéralisme" fait froid dans le dos.

On imaginait tout de suite les marchands les plus vils envahir notre économie et la dépecer comme une chacal joue avec sa proie morte.

C'est oublier que le terme "non faussée", figurant juste derrière,  fait référence à ce que l'on peut appeler "concurrence déloyale". On peut penser que les pays offrant un cout du travail au ras des paquerettes puissent être mis dans cette catégorie ; or, juridiquement, il aurait été intéressant de disposer de ces termes dans la lutte qui consiste à aider ou forcer les pays à la traine à se mettre à hauteur des pays les plus développés en terme de politique salariale.

Ce n'est pas qu'une question de concurrence, mais bien évidemment de droit du travailleur et donc de l'homme.

Autrement dit, ce traité, qui souhaitait une concurrence "libre", de liberté donc - normal, dans un marché commun - souhaitait également que cette même concurrence soit "contrôlée". Rien de moins qu'une resucée de liberté, égalité. Avec la charte sur les droits de l'homme, on avait la fraternité.

Dommage, on est donc bien passé à coté de quelque chose et notre ami Sarko a préféré surfé sur la vague de l'opinion plutôt que de penser sa politique par lui-même.
C'est rien de moins que du fatalisme.

Je ne sais pas où nous allons mais la destination n'a pas l'air chouette-chouette.

Désolé de m'être introduit comme cela.
c'est peut-être un peu grossier.
commentaire n° : 3 posté par : Dorham (site web) le: 27/06/2007 13:03:29
Bonjour Dorham et merci pour votre commentaire ! Ce n'est pas du tout grossier et je partage votre analyse sur l'équilibre entre "libre" et "non faussée"... Pour la suite, espérons... BRD
réponse de : Boris Roman-Dubreucq (site web) le: 28/06/2007 09:21:23
C'était pas bien quand l'Etat fabriquait et vendait des voitures? et des télécommunications? et de l'électricité?et du gaz? et de l'éducation?
etc.
commentaire n° : 4 posté par : ivan le: 29/06/2007 23:10:39
Est-ce que l'Etat a vocation a tout faire ? C'est ça la question. Et puis, l'aitre question, c'est de distinguer le service rendu de celui qui le rend... La Sécu te permet d'aller chez ton médecin, mais ton médecin n'est pas fonctionnaire. Est-ce que pour autant tu n'es pas bien soigné ? Ce qui compte, c'est donc bien le droit à être remboursé plutôt que de savoir si le service que tu obtiens est rendu par l'Etat ou non... Bisou... B
réponse de : Boris Roman-Dubreucq (site web) le: 30/06/2007 09:10:33

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Soutenu en septembre 1999 à l'université Lille III - Charles de Gaulle, le thème de mon mémoire de maîtrise d'histoire contemporaine, est : "Le majorat de Pierre Mauroy (1973-1995) ou la tentation de l'histoire". Il contient deux tomes : le 1er tome est le texte du mémoire, le 2nd tome est constitué des annexes, et notamment de la retranscription des entretiens individuels. Bonne lecture...

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