| Décembre 2008 | ||||||||||
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On peut vouloir juger sévèrement Ségolène Royal : sur l'annonce de sa rupture avec François Hollande le soir même du 2ème des élections législatives ou sur sa mise en cause de certains
points du projet socialiste qu'elle s'est sentie contrainte de porter pendant la campagne présidentielle alors qu'elle n'y croyait pas.
Il n'empêche.
Jean-Luc Mélanchon, qui s'est assis sur le vote interne du PS sur le traité constitutionnel, est bien mal placé pour lui faire une leçon de loyalisme.
Par ailleurs, sur le fond, DSK conviendra sans peine que la généralisation uniforme des 35 heures est une connerie, que le SMIC à 1500€ est plus un slogan qu'une véritable politique sociale, et
que la renationalisation d'EDF n'est pas un enjeu économique majeur.
Dans les couloirs, chacun sait bien que le projet socialiste n'est qu'un agrégat hétéroclite qui avait surtout pour but de faire une synthèse de façade : un peu pour Fabius, un peu pour DSK, un
peu pour Royal, un peu pour Hollande... Ségo a eu le malheur de dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas.
Ségo a permis de rompre avec certains tabous du PS, et c'est une bonne chose. Elle a réalisé un score honorable à la présidentielle dans le contexte que nous avons connu. Mais il n'est écrit
nulle part qu'il lui revient naturellement d'incarner la suite des événements.
Et si ce n'est pas elle, il faudra bien trouver quelqu'un d'autre, capable de rassembler non seulement plus de la moitié des socialistes, mais aussi de créer un mouvement avec la gauche
démocratique, le centre et les verts...
Cher Jean-Pierre, merci pour ton commentaire qui appelle quelques réflexions de ma part.
Je dois avouer ne pas bien comprendre ce que tu mets derrière le mot "luttes". Des luttes "pour" d'un parti qui souhaite exercer le pouvoir, ou des lutte "contre" d'un parti éternellement minoritaire. Et des luttes comment ? Dans la rue ? Dans les faits ? Avec l'extrême gauche non-démocratique ? Ou avec les verts et le Modem par exemple ?
Sur la ségmentation de la population, s'il est vrai qu'il ne faut pas tomber dans le clientélisme et ne parler qu'à des catégories (jeunes, vieux, immigrés, public, privé, ...), force est de constater que la société a changé et que nous devons donc changer aussi notre discours, nous adapter sous peine d'être sclérosés, ce qui est en train d'arriver. Derrière les Français, il y a des catégories, mais il y a aussi des individus.
Sur l'éducation populaire, noble objectif, mais le PS n'a jamais vraiment été une école d'éducation populaire formant les masses. Jamais le PS n'a été important en terme de militants dans l'histoire, comparé aux géants en Allemagne et dans els pays nordiques (qui ont fait et font de l'éducation populaire).
Tu dis enfin qu'il faut "rendre le parti aux militants". Mais le parti n'a jamais été aux militants, mais aux élus, aux courants, aux appareils... Je dirais même que les procédures de désignation et de vote sont aujourd'hui bien plus démocratiques que par le passé... Il reste par ailleurs énormément à faire...
Bien à toi.
Boris
Soutenu en septembre 1999 à l'université Lille III - Charles de Gaulle, le thème de mon mémoire de maîtrise d'histoire contemporaine, est : "Le majorat de Pierre Mauroy (1973-1995) ou la tentation de l'histoire". Il contient deux tomes : le 1er tome est le texte du mémoire, le 2nd tome est constitué des annexes, et notamment de la retranscription des entretiens individuels. Bonne lecture...
Depuis que vous êtes partis on a un temps pourri dans le nord...