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Vendredi 22 juin 2007

On peut vouloir juger sévèrement Ségolène Royal : sur l'annonce de sa rupture avec François Hollande le soir même du 2ème des élections législatives ou sur sa mise en cause de certains points du projet socialiste qu'elle s'est sentie contrainte de porter pendant la campagne présidentielle alors qu'elle n'y croyait pas.
Il n'empêche.
Jean-Luc Mélanchon, qui s'est assis sur le vote interne du PS sur le traité constitutionnel, est bien mal placé pour lui faire une leçon de loyalisme.
Par ailleurs, sur le fond, DSK conviendra sans peine que la généralisation uniforme des 35 heures est une connerie, que le SMIC à 1500€ est plus un slogan qu'une véritable politique sociale, et que la renationalisation d'EDF n'est pas un enjeu économique majeur.
Dans les couloirs, chacun sait bien que le projet socialiste n'est qu'un agrégat hétéroclite qui avait surtout pour but de faire une synthèse de façade : un peu pour Fabius, un peu pour DSK, un peu pour Royal, un peu pour Hollande... Ségo a eu le malheur de dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas.
Ségo a permis de rompre avec certains tabous du PS, et c'est une bonne chose. Elle a réalisé un score honorable à la présidentielle dans le contexte que nous avons connu. Mais il n'est écrit nulle part qu'il lui revient naturellement d'incarner la suite des événements.
Et si ce n'est pas elle, il faudra bien trouver quelqu'un d'autre, capable de rassembler non seulement plus de la moitié des socialistes, mais aussi de créer un mouvement avec la gauche démocratique, le centre et les verts...

par Boris Roman-Dubreucq publié dans : politique
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Commentaires

Merci de penser  à moi Boris... c'est trop d'honneur :-)))
Depuis que vous êtes partis on a un temps pourri dans le nord...
commentaire n° : 1 posté par : marc (site web) le: 22/06/2007 11:32:06
Oui, bien sûr je pensais à toi ! Mais fais gaffe quand même que Marianne ne te pique pas ta place... :-) Rassure-toi, il fait un temps pourri à Nantes aussi ! Ca me rappelle le Nord ! Bises à toute la famille.
réponse de : Boris Roman-Dubreucq (site web) le: 22/06/2007 11:41:20
Chuis d'accord avec Bob. Mais hélas, je crains que la force des égos ne l'emporte sur l'intérêt du parti et de la gauche.
Autre chose, Boris, j'ai changé d'adresse. Maintenant c'est http://antoine.besnehard.over-blog.com.
C'est beau, Nantes?
commentaire n° : 2 posté par : Ant. (site web) le: 22/06/2007 16:06:40
Complètement d'accord avec ton post, oui, elle a dit tout haut ce que beaucoup pensaient tout bas. Après, savoir si elle incarnera la suite, à la limite elle où un autre je m'en tape, mais comme l'a dit Ant. je pense que l'intérêt personnel l'emportera, voilà ce qui me dégoutte au PS, il faut partager, mais pas trop quand même... PS=Parcimonie Socialiste, dommage...
commentaire n° : 3 posté par : lila (site web) le: 22/06/2007 16:10:11
Eternel recommencement ? !

De 1921 à 1936 ! Une refondation de la SFIO brusquement interrompue par la 2de guerre mondiale.
En 1945. Refondation au sortir de la résistance.
1967, refondation avec la FGDS au sortir de l'épreuve algérienne et de la décolonisation.
1969, Nouveau parti Socialiste.
1971. Epinay.

Le Parti d'Epinay a-t-il vécu?

Il semble que oui.
Avant de refonder encore faudrait-il se mettre d'accord sur la anture des déviances, des avaries, des faiblesses de la construction.

Un parti qui manifestement n'a plus d'impact dans l'opinion publique est un parti qui n'a plus le contact avec les populations.
Une question de fonctionnement? Certainement.
Une question de nature? A coup sûr!

Un parti ne doit-il pas être une organisation de défense, sachant organiser les luttes, proche des diférentes catégories de la population?
Il n'est pas difficile de segmenter la population et de se poser vis à vis de chacune de ces catégories comme "défenseur " afin de faire valoir l'utilité d'une tellle organisation tout en donnant une conscience collective.
Avant d'être un parti de gouvernement il faut être un parti de luttes. C'est là que se gagne la légitimité à gouverner.

Un parti socialiste doit aussi fonctionner comme une association d'éducation populaire.
Il faut arrêter de n'être que l'agence de gestion des patrimoines électoraux. Ce n'est pas cela qui est premier. Même s'il faut y venir pour accéder à la fonction gouvernementale.

Il faut rendre le parti aux militants.
Depuis 1971, il a été progressivement accaparé par les élus nationaux.
Il faut interdire le cumul de la fonction de 1er secrétaire avec celle de député. Il faut qu'il y ait suffisamment de cotisations d'élus pour dédommager les camarades qui ont à se consacrer à plein temps aux tâches nationales. Ce serait plus clair et plus sain. Il ne manque pas de talent qui n'ont pas la chance d'être élu national.

A tous les échelons, de la section à la fédération, il faut séparer les mandats électifs des mandats associatifs. Nos concitoyennes et concitoyens ont besoin de cette clarté.

A grand traits voilà pour le PS.

ET POUR LA GAUCHE ?

La situation nous impose de constituer un contre-gouvernement.
Vaste tâche d'animation encore une fois d'éducation populaire.
Dès maintenant, à chaque ministère son contre ministère.
Façon populaire de suivre l'actualité.
Il n'est pas besoin de désigner des contre-ministres mais de créer des groupes de travail nationaux se déclinant dans les régions.
Avec les moyens modernes d'animation, c'est la seule solution pour créer un vaste mouvement populaire qui tout au cours des 5 années ne fera que s'amplifier. Pour effectuer ce travail "d'états généraux permanents" domaine par domaine, il n'est pas besoin de négociation entre les organisations, celles-ci peuvent continuer à avoir leur vie propre mais le rassemblement se construit en allant. Les convergences et les divergences interagissent dialectiquement pour le bénéfice de tous.

Courage!

Jean-Pierre LEROY
Principal de collège honoraire.
Ancien Conseiller général du Nord
Militant depuis 1959.
commentaire n° : 4 posté par : JP LEROY (site web) le: 28/06/2007 10:10:07

Cher Jean-Pierre, merci pour ton commentaire qui appelle quelques réflexions de ma part.
Je dois avouer ne pas bien comprendre ce que tu mets derrière le mot "luttes". Des luttes "pour" d'un parti qui souhaite exercer le pouvoir, ou des lutte "contre" d'un parti éternellement minoritaire. Et des luttes comment ? Dans la rue ? Dans les faits ? Avec l'extrême gauche non-démocratique ? Ou avec les verts et le Modem par exemple ?

Sur la ségmentation de la population, s'il est vrai qu'il ne faut pas tomber dans le clientélisme et ne parler qu'à des catégories (jeunes, vieux, immigrés, public, privé, ...), force est de constater que la société a changé et que nous devons donc changer aussi notre discours, nous adapter sous peine d'être sclérosés, ce qui est en train d'arriver. Derrière les Français, il y a des catégories, mais il y a aussi des individus.

Sur l'éducation populaire, noble objectif, mais le PS n'a jamais vraiment été une école d'éducation populaire formant les masses. Jamais le PS n'a été important en terme de militants dans l'histoire, comparé aux géants en Allemagne et dans els pays nordiques (qui ont fait et font de l'éducation populaire).

Tu dis enfin qu'il faut "rendre le parti aux militants". Mais le parti n'a jamais été aux militants, mais aux élus, aux courants, aux appareils... Je dirais même que les procédures de désignation et de vote sont aujourd'hui bien plus démocratiques que par le passé... Il reste par ailleurs énormément à faire...

Bien à toi.

Boris

réponse de : Boris Roman-Dubreucq (site web) le: 28/06/2007 14:05:28
Le groupe parlementaire PS s'organise.
On pourrait s'en réjouir.
Mais quelle caricature !
Un contre gouvernement avec seulement 3 femmes ! Aucun représentant de la diversité ! 3 contre ministres sur les questions internationales et européennes ! Aucun sur la santé !
On croit rêver.
D'autre part tout cela fleure bon la prise de pouvoir sur le parti.
N'oublions pas que la SFIO est morte de ne pas avoir su règler la question du bicéphalisme : groupe parlementaire, comité dirtecteur (actuellement conseil national) !!!
Dernière remarque . On aurait pu saisir cette occasion pour confier chacune de ces tâches de vigilance et d'animation à des jeunes. C'est l'occasion ou jamais de lancer des nouvelles et des nouveaux !
Comme quoi "l'enfer est pavé de bonnes intentions" .
commentaire n° : 5 posté par : JP LEROY (site web) le: 28/06/2007 11:41:33

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Soutenu en septembre 1999 à l'université Lille III - Charles de Gaulle, le thème de mon mémoire de maîtrise d'histoire contemporaine, est : "Le majorat de Pierre Mauroy (1973-1995) ou la tentation de l'histoire". Il contient deux tomes : le 1er tome est le texte du mémoire, le 2nd tome est constitué des annexes, et notamment de la retranscription des entretiens individuels. Bonne lecture...

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