samedi 21 juin - C'est mon côté pessimiste sans doute, mais j'ai toujours un petit coup de blues le jour de l'été. Parce que je sais qu'à partir de demain, les jours vont raccourcir
jusque décembre, comme Baudelaire l'a si bien écrit :
Bientôt nous plongerons dans les froides ténèbres ;
Adieu, vive clarté de nos étés trop courts !
dimanche 22 juin - Découverte trop rapide de Clisson...visite d'un superbe parc en fin d'après-midi, belle lumière, donc séance photos...

lundi 23 juin - De la femme de ménage au chercheur ou au grand patron, la vie professionnelle nous confronte quotidiennement à une série de tâches, certaines faciles et rapides, d'autres
difficiles et longues. Dès lors qu'un minimum d'autonomie nous est laissée, le choix cruel nous est offert de commencer par le facile ou au contraire le difficile. C'est ici que les stratégies
divergent entre ceux qui préfèrent barrer rapidement le maximum de tâches et les autres, laborieux, qui se coltinent le dur tout de suite, sachant de toute façon qu'il faudra bien y passer.
Encore qu'un même individu, selon son humeur, la qualité de sa nuit ou la couleur du ciel, peut changer de stratégie d'un jour à l'autre. En ce moment, je m'essaye au "difficile d'abord", en
m'astreignant à une certaine forme de détachement où le pathos ne m'atteindrait pas. Ca marche assez bien, mais Dieu que c'est fatiguant à la fin de la journée.
mardi 24 juin - S'occuper des juifs, d'accord, mais pas de façon anarchique. De l'ordre, de la règle, de la méthode. Ainsi les hauts dirigeants nazis envisageaient-ils les choses. Mais
des questions basiques pouvaient devenir de vrai casse-têtes juridiques, donnant lieu à des jurisprudences erratiques. Au hasard : qu'est-ce qu'un juif ? Quelqu'un dont les 4 grand-parents sont
juifs ? Mettons. Mais si on l'est au 1/4 (comme moi), à la 1/2 ou au 3/4 ? Alors là, c'est plus compliqué... Des fois c'est le sang allemand qui prend le dessus, des fois c'est le sang juif.
Tout cela a notamment abouti à la création d'une catégorie spéciale entre juifs et Allemands : les "Mischlinge". Je continue de lire Raul Hilberg.
mercredi 25 juin - Dans les temps anciens (ne me demande pas de préciser quand exactement), la condition sociale et la technique pouvaient s'avérer être des facteurs limitant à l'acquisition
et au développement culturel de l'individu. Mais à l'époque d'internet et de la gratuité, tout change. Parce que tout est potentiellement à la disposition de chacun, confronté à ses choix.
Maintenant que j'ai un ipod de 160 Go qui peut potentiellement contenir l'équivalent de 3 000 cd (tu sais, les sortes de crèpes sur lesquelles on gravait des informations à la fin du
XXème siècle), je vis parfois comme une aberration d'écouter en boucle des albums que je connais déjà, comme une paresse intellectuelle de celui qui veut se retrouver dans un cocon,
des ambiances connues et sans surprise. Alors, parmi toute la musique que des amis m'ont donnée et que je n'ai jamais encore écouté, j'essaye. Là, je découvre Neil Young. Ok, je suis un
peu en retard, mais si je meurs demain, j'aurais connu Neil Young. C'est déjà ça.
jeudi 26 juin - Y'a du serrage de boulons dans l'air, sans doute parce qu'on avait trop lâché la bride...les bonbons, la télé, les demandes trop fréquentes d'acceptation d'un ordre. Et
puis la prise de conscience grâce à l'interview d'Aldo Naouri dans le Nouvel Obs' de cette semaine : "Il faut élever les enfants sur un mode dictatorial, fasciste même, pour en faire
plus tard des démocrates. [...] Il faut supprimer le biberon, la sucette, le doudou au plus tard à deux ans et demi." J'ai donc jeté tous les bonbons aujourd'hui, ces petites choses si
sucrées quand on les donne, si amères quand on les refuse... Samedi, plus de biberon pour Valentine. Quant au doudou, heu là...faut voir.
vendredi 27 juin - Je lis dans Libé avec une vraie compassion chrétienne l'article consacré au NPA ou Nouveau Parti Anticapitaliste d'Olivier Besancenot. Je pense à ces nouveaux
venus, partagés entre sincérité, espoir et bonne conscience à peu de frais, qui vont bientôt apprendre à leurs dépens les règles du militantisme et leurs limites dans un mouvement qui se
refuse a priori à l'exercice du pouvoir.
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