N.B. : ce post est une réponse au long commentaire de Jean-Pierre Leroy sur le post précédent.
Cher Jean-Pierre,
Si Ségolène doit aujourd’hui réunir tous les socialistes, elle doit le faire sur ses idées et pas celles des autres. Fabius et DSK ont annoncé leur ralliement : c’est tant mieux. Ils doivent le faire sur la ligne majoritaire et non l’inverse, même s’ils ont sans doute des choses à apporter.
Quand on fait plus de 60% des voix avec deux concurrents plus que sérieux en face, on peut dire que les idées qu’elle a portées pendant cette campagne interne sont légitimes : les 35 heures, la carte scolaire, la famille, la sécurité, les enseignants. Elle n’a pas à revenir dessus puisque les militants ont voté en toute connaissance de cause.
L’adhésion à 20€ a permis à plus de 80.000 nouveaux adhérents de faire entendre leur voix, et de faire en sorte que le PS soit un peu moins un parti d’élus et de militants soumis au diktat de la section locale et de l’élu en place et un peu plus un parti d’adhérents.
Le vote a fait bouger les lignes au PS et c’est tant mieux, car le fossé entre le discours d’un PS dans l’opposition et le réel d’un PS au pouvoir devenait insupportable et créait des frustrations qui finissaient par se traduire dans les urnes.
Pour ce qui concerne la gauche antilibérale, je doute qu’elle veuille participer à un éventuel gouvernement de gauche, parce qu’elle sait très bien qu’elle vend du rêve et qu’elle ne pourrait que décevoir. Je pense à 36 et au Front Populaire, quand les communistes, grands donneurs de leçon, ont préféré le soutien à la participation, et qu'ils ont laissé les socialistes se démerder avec la droite et Franco ! Chapeau le courage !
Pour l’Europe, le PS a voté majoritairement « oui » au TCE, et je m’étonne toujours que Fabius n’ait pas été exclu après avoir milité contre son parti (tout comme Mélenchon, qui tient aujourd’hui des propos scandaleux et ne respecte encore une fois pas les votes du parti). C’est aussi la raison de sa claque de la semaine dernière, et entre nous, c’est largement mérité.
La question qui est posée au PS, c’est celle de durer, alors que depuis 1978, chaque élection législative a entraîné un changement de majorité. Personnellement, je pense que nous ne pourrons pas faire deux mandats de suite sans faire une alliance avec les Verts, les radicaux et l’UDF. Bayrou a une vision pertinente de la France, de ses problèmes, des défauts de ses institutions que je partage pour beaucoup. Je me sens plus proche de lui sur l’Europe que des collectifs antilibéraux dont on attend toujours avec impatience le plan B et les peuples de l’Europe qui se lèvent !
Concernant la victoire ou la défaite de la gauche, je ne pense pas que les socialistes s'adressent uniquement au salariat. Cela relève d’une vision assez archaïque de la société que de dire : « salariés = gentils de gauche / patrons = méchants capitalistes de droite ». Tous les patrons ne sont pas de droite, sais-tu qu'il y en a même qui créent des emplois et de la richesse, cette même richesse que nous nous proposons de redistribuer le plus justement possible ?
Ce n’est pas en mentant aux Français et en leur disant « acquis sociaux ! acquis sociaux ! » qu’on sauvera la Sécurité Sociale, les retraites ou qu’on adaptera le service public.
Good night, and good luck !
P.S. : je renouvelle ici une vraie proposition révolutionnaire de gauche. Puisque les services publics sont les services de base à la personne et que tout le monde mange du pain, je suggère de nationaliser l’ensemble des boulangeries françaises. Chiche ?
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