samedi 29 décembre - De Jean Seberg à Romain Gary, il n'y a qu'un pas puisqu'ils furent mariés avant de divorcer. D'ailleurs, les deux se suicidèrent, à un an d'écart. Dany, ma
belle-mère, m'a offert La vie devant soi, qui fut le premier roman qui m'a marqué. J'étais en 5ème avec Madame Sébaoni comme prof de français, c'était une lecture suivie. A part le
petit prince, je ne sais pas si j'ai déjà lu deux fois un même livre... Mais là il y a exception à la règle, avec cette façon qu'a Gary de se mettre dans la peau du petit Momo, fils de pute,
qui vit avec la vieille madame Rosa, juive de la Goutte d'Or qui tient une pension de fils (et filles) de pute, ayant elle-même eu à se défendre (c'est-à-dire défendre son cul, c'est-à-dire se
prostituer) dans ses jeunes années :
"Je me suis assis dans l'escalier et j'ai pleuré comme un veau. Les veaux ne pleurent jamais, mais c'est l'expression qui veut ça. [...] Le docteur Katz s'est assis à côté de moi sur
l'escalier et il a mis la main sur mon épaule [...] : Il ne faut pas pleurer, mon petit, c'est naturel que les vieux meurent. Tu as toute la vie devant toi."
dimanche 30 décembre - "L'instant seul est béni, tout le reste n'est que souvenirs", Jim Morrison.
lundi 31 décembre - Réveillon à trois, Annabelle, Valentine et moi. Picard comme traiteur. Nous calons après le plat. Les cigarettes ont un goût un peu amer. La fatigue accumulée à
Lille a rapidement raison de nous. Echangeons projets, petites et grandes résolutions : des kilos par ci, du sport par là, des voyages, des cinés, plus de lectures. Justement, je commence ce soir
les lois de l'attraction de Bret Easton Ellis. Je pensais qu'il s'agissait des planètes...mais en fait, il est question d'hommes et de femmes. Minuit. Miracle : j'arrive à joindre ma
grand-mère du premier coup. Puis papa. Puis les lignes sont encombrées et c'est l'heure d'aller se coucher.
mardi 1er janvier - La semaine dernière, j'errais dans l'atelier (de couture) chez ma grand-mère pour emballer les cadeaux loin de yeux des enfants qui croient encore au père Noël.
J'y ai si longtemps traîné mes fonds de culotte à l'école maternelle et primaire, après que ma grand-mère venait me chercher à 16h30 avec mon petit pain en chocolat... Il y avait mamie, assise
sur l'établi, les pieds posés sur un tabouret en métal vert, qui cousait une boutonnière, ou bien assise à la machine à coudre, occupée à faire un ourlet. Il y avait mon grand-père affairé à
ses patrons pour couper dans le tissu avec des ciseaux immenses. La cigarette et la bière appartenaient déjà au passé. Il y avait l'odeur des craies aux formes si particulières, les grosses
têtes en fond sonore, les clients qui venaient essayer les costumes ou simplement prendre leurs mesures avec des outils bizarres pour la courbure du dos. Alors j'ai pris le temps de
regarder, de photographier. J'ai montré à Arthur, et je l'ai déguisé en petit tailleur.
mercredi 2 janvier - En stage de conduite du changement, une explication m'avait fasciné, qu'on pourrait résumer à : on accepte, voire on adhère au fait accompli. Je m'explique :
avant l'obligation d'attacher sa ceinture à l'avant dans une voiture, les Français y étaient majoritairement hostiles ; après, ils y sont devenus majoritairement favorables. La peine de mort ?
Idem. Il ne fait donc aucun doute qu'il en sera de même pour la cigarette, d'autant que de nombreux autres pays européens nous ont devancés sans qu'aucune guerre civile n'ait lieu.
jeudi 3 janvier - La vie sans défi, ça n'est pas grand chose, avouez. On a les défis qu'on peut... Le premier mien pour 2008, c'est de trouver à l'oreille la chanson de Pierre
Lapointe "Maman, dis-moi pourquoi ?" au piano. Mais...mais, me diras-tu, où se trouve cette chanson qui n'apparait dans le sommaire ni du premier, ni du deuxième album ? Ami lecteur, il
s'agit d'un bonus, caché dans les 3 dernières minutes de la dernière chanson du premier album éponyme (il faut aller au bout des 30 minutes sans se lasser)... Bon ok, les accords n'ont pas l'air
déments...mais je ne m'appelle pas Chopin non plus. En prime time, les paroles...
vendredi 4 janvier - "On n'apprend pas à écrire, on écrit", Romain Gary.
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