samedi 22 décembre - Départ à 6h00 pour arriver pour midi chez mamie à Lille. Nos deux chambres nous attendent au 2ème étage avec la salle de bain. Merci à Alain (dit "tonton
capitaine") pour la préparation de notre venue. On aurait bien tenté le train, mais vue la quantité de bagages et les cadeaux, pas possible...
dimanche 23 décembre - Le marathon commence : 10 bouffes en 8 jours, surtout le soir. Visite à Hénin-Beaumont cet après-midi, dans la famille de ma mère, notamment sa marraine,
Lucienne, la soeur de ma grand-mère décédée en 1986 ("mamie blue", en hommage à la chanson de Nicoletta). Il faut avoir le moral pour ne pas finir dépressif. Entre un premier mari mort à la
guerre dans 80 cm d'eau à la retraite de Dunkerque, un fils mort en bas âge, un second mari croque-mort devenu alcoolique, Lucienne a hâte de voir la fin, elle qui a commencé à bosser à 13 ans et
demi. A 95 ans, elle habite depuis plus de 20 ans dans le foyer Pasteur, sur le même palier que sa belle-soeur Sido, dont le mari (tonton Lucien) est mort il y a deux ans. C'est pas une vie de
vivre aussi vieux, dit-elle. Elle ne mange pratiquement plus, ne dort pratiquement plus... Dieu que la vieillesse est cruelle.
[ma mère montrant des photos d'Arthur et Valentine à marraine Lucienne]
lundi 24 décembre - J'avais lu dans Le Monde, il y a deux ou trois mois, un article fascinant sur un live au titre singulier : "Personne ne me volera ce que j'ai
dansé", de la chef cuisinière Hélène Darroze, première femme à avoir deux étoiles au guide Michelin. Dans cet ouvrage, Hélène
Darroze écrit une lettre à son amant (ou plutôt à un amant imaginaire, mélange d'amants réels et inventés), en mêlant souvenirs, recettes, états d'âme, joies et peines d'une femme qui vit sa
vie de femme et de grande cuisinière comme un tout. Une leçon d'hédonisme.
mardi 25 décembre - La mère Noël m'a offert un double cd live d'Alain Chamfort que je ne connaissais que de nom. J'adore ce genre de rencontres, d'autant plus que je n'avais rien
demandé ! Entre le grand retour, les beaux yeux de Laure (Laure a les yeux rougis par le chlore / Même si elle revient pas de la piscine alors...) ou encore
Tombouctou, inteprété par Vincent Delerm (invité du concert), je commence à écouter des titres en boucle, à m'imprégner de la chose... Il ne me manque qu'un embouteillage tout seul pour
prendre vraiment le temps de bien écouter.
mercredi 26 décembre - Entre deux insomnies : imaginons une benne à ordures un peu spéciale, qui fonctionnerait à l'éthanol. A l'arrière, deux releveurs, un arabe, un noir,
ramasseraient les étudiants de la rue Masséna ivres morts sur les trottoirs. Ils les chargeraient à l'arrière. Les corps seraient broyés dans des craquements d'os atroces afin de récolter
tout l'alcool bu par ces enfoirés de fils et filles à papa en première année de médecine... En une semaine, nous n'avons pas eu une nuit tranquille rue Jean sans Peur. Ca a gueulé jusque 3h, 5h,
voie 6h30 du matin. Réaction malheureuse de mon pied le dernier soir, contre une Laguna malencontreusement garée devant le garage de ma grand-mère. Bilan : un rétro en moins. Putain que ça fait
du bien...
jeudi 27 décembre - C'est bien simple, nous n'avos pas une minute à nous, puisque nous enchainons les repas midi et soir en se posant chez ma grand-mère dès que possible...Il y en a
comme ça jusqu'à notre départ. L'année prochaine, promis, on part au soleil !
vendredi 28 décembre - Je répète en boucle à Annabelle le dialogue entre Jean-Paul Belmondo et Jean Seberg (prononcer "Djin", car c'est une femme, hein ?!) dans A bout de
souffle, de Godard, vu il y a peu sur Arte : "T'es vraiment dégueulasse !" "Qu'est-ce que c'est dégueulasse ?"
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