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Samedi 25 août 2007

samedi 18 août - Si homo sapiens sapiens a su triompher d'un environnement hostile et se développer à ce point, il le doit surtout à sa capacité à se projeter dans l'espace et le temps, ce qui lui permet d'anticiper petits et grands événements, de tirer les leçons de ses expériences passées. Il existe de "supers homo sapiens sapiens", parmi lesquels Jacques Attali, dont j'ai eu l'occasion de présenter le dernier livre dans un post récent. J'ajoute le lien vers son blog, qui fait partie de ceux qui rendent plus intelligent !

dimanche 19 août - Si nous ne sommes pas morts sur la route - nous devions rouler de nuit pour éviter la circulation - nous devons être arrivés à Sainte-Maxime au petit matin pour deux petites semaines de plage et de lectures, comme l'année dernière. Le soleil se lève déjà plus tard, se couche plus tôt. Les touristes ont commencé à repartir. Ca a un petit goût de rentrée qui ne dit pas encore son nom. Début septembre, on va replonger directement dans le grand bain sans trop comprendre ce qui nous arrive.

lundi 20 août - Si la pauvreté recule sur terre, du fait des échanges liés à la mondialisation, les inégalités en revanche progressent, comme en témoigne le coefficient de Gini, qui mesure les écarts de revenus entre les ménages. Ainsi, un coefficient de 0 signifie une égalité parfaite, tandis qu'un coefficient de 100 revient à une inégalité parfaite. En Chine, le coefficient de Gini est passé de 40,7 à 47,2 entre 1994 et 2004 (ce coefficient est de 27 en France mais dépasse allègrement les 50 en Afrique et en Amérique latine). Les inégalités, autant voire plus que la pauvreté, mènent à la tension sociale, qui mène...

mardi 21 août - J'ai toujours connu Roland Diagne comme le leader des sans-papiers à Lille. Sauf erreur de ma part, il a des papiers... J'ai toujours connu une certaine partie de la mouvance d'extrême-gauche lilloise pousser les étrangers irréguliers à la grève de la faim en leur promettant qu'ils auraient tous des papiers, et virer les jeunes socialistes "collaborateurs" des discussions. J'ai aussi connu des militants sincères de la LDH comme Annick Battalan... La question des sans-papiers est souvent un drame humain auquel on croit pouvoir répondre en se donnant bonne conscience en exigeant une régularisation massive, sans conditions, sans critères. Comme si c'était une solution, une fin en soi. La vérité oblige à dire qu'il y aura encore des expulsions et des reconduites à la frontière quand la gauche reviendra au pouvoir, même si elle assouplira - et c'est bien normal - les conditions du regroupement familial si injustement limité par Sarko, ainsi que le droit d'asile politique.

Mercredi 22 août
- La validation par le conseil constitutionnel de la loi sur le service minimum est un bon test pour le PS. Il va maintenant devoir dire clairement si, une fois revenu au pouvoir, il compte abroger cette loi, et s'il l'abroge, par quoi il va la remplacer... A l'inverse, ne rien dire revient implicitement à l'approuver ou tout au moins à penser que son abrogation poserait plus de soucis qu'autre chose.

jeudi 23 août - L'université de rentrée du PS va bientôt avoir lieu à La Rochelle comme tous les ans. Les journalistes sont déjà à l'affut de la petite phrase qui tue ("qui va garder les enfants ?", "voici mon programme, et pas mon programme c'est Voici...", etc.) et du positionnement des uns et des autres. Jospin est-il encore vivant ? Ségo va-t-elle se remettre en selle après la claque qu'elle vient de se prendre en n'arrivant pas à se faire élire présidente de l'ARF (Association des Régions de France), qui compte quand même 21 régions socialistes sur 22... Que va faire Valls ? Montebourg est-il grillé ? Fabius va-t-il rejoindre le PCF (non, j'rigole, comme dirait mon copain Ivan) ? Cambadélis a-t-il la carure pour succéder à DSK (Anne K. répondra oui, mais elle n'est pas objective...) ? Hollande couche-t-il avec Cécilia ?

vendredi 24 août - Mon blog et moi avons besoin de vacances après une année chargée tant sur le plan familial, politique que professionnel... Le silence est d'or...jusque début septembre. Good night, and goodl luck...

par Boris Roman-Dubreucq publié dans : d'une semaine à l'autre
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Samedi 18 août 2007

samedi 11 août - 13 à table, 9 à dormir...3 à aller faire les bars nantais : Riri, Fred et moi... on roule à tombeau ouvert avec Joey Star qui hurle dans les oreilles, et qui ne semble plus en amitié avec son ancien collègue Kool Shen si j'en juge la violence des mots qu'il a pour lui ("mauvais garçon !"). On se retrouve au bar homo "Plein sud", puis dans un autre que j'aurais du mal à retrouver tant j'étais pété... J'ai quand même le souvenir d'une Caroline, prof d'anglais d'un lycée privé catholique de Nantes, qui s'est écoutée parler pendant une heure sur Nantes et les Nantais, la tolérance, les boîtes à partouzes... Dodo à 3h30. Et ce matin, j'ai comme une barre sur le front...l'air de Nantes, sans doute...

dimanche 12 août - Je suis un lecteur et un téléspectateur attentif et assidu de Christophe Barbier, le brillant journaliste de l'Express qui sévit aussi régulièrement sur I-télé. Et comme je me suis mis au poadcast, je télécharge sa chronique vidéo quasi quotidienne sur Itunes (désolé si je parle chinois...). Une question me taraude néanmoins : qui tient la caméra ? Des fois, c'est lui... Mais là, il est en voyage à Venise, et j'imagine que c'est une femme qui la tient (ou un homme, mais je l'imagine plutôt hétéro). Je suis sûr que je ne suis pas le seul à me poser la question. Ce qui me fait dire que la mise en scène de sa vie privée peut être autant explicite (voir Sarko) qu'implicite...

lundi 13 août - Ca n'est pas le tout d'être petit-fils de déporté, encore faut-il pouvoir transmettre. Or, comme mon grand-père ne m'a pratiquement rien dit, il va falloir lire et apprendre pour savoir à défaut de comprendre. L'historien états-unien Hilberg, auteur d'une somme intitulée La destruction des juifs d'Europe, vient de mourir. Va pour ce pavé en trois tomes. Et puis Shoah de Claude Lanzmann, on en parle beaucoup, mais 9 heures et demie, il faut les avaler. Les deux se complètent d'ailleurs apparemment fort bien, puisque Hilberg a principalement travaillé à partir d'archives écrites et que Shoah est constituée uniquement de témoignages.

mardi 14 août - J'ai une pensée émue pour mon ami Fred en apprenant ce midi que Manoukian-hommes allait fermer dans toute la France. Comment jouer les métrosexuels sans Manoukian ? Vaste question ! Ce coup-ci, Fred, on va vraiment devoir aller passer un week-end à Londres pour faire les boutiques. J'attends tes propositions.

mercredi 15 août - On confond souvent accroissement des inégalités et paupérisation. Car s'il est vrai de dire que le capitalisme génère des inégalités flagrantes et croissantes entre les plus riches et les plus pauvres, il génère également de la richesse qui réduit de façon significative la pauvreté. Ainsi, le nombre de personnes vivant avec moins de 1$ par jour est passé de 1,25 milliards en 1990 à 985 millions en 2004, soit une diminution de 21% alors que la population mondiale continuait d'augmenter à la vitesse que l'on sait. Bref, les pauvres d'aujourd'hui sont plus riches que les pauvres d'hier mais toujours plus pauvres que les riches de maintenant !

jeudi 16 août - Comme ma fille est très polie et qu'elle a ses marottes, elle se fait fort d'embrasser l'escargot en céramique tous les matins et tous les soirs chez sa nounou. Manifestement, elle n'a pas encore compris que c'était un faux...

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 vendredi 17 août - Je ressens toujours un certain dégoût de mon corps en sortant du MacDo, parce que, tant que mal bouffer, autant mettre la quantité. Là, j'ai quasiment eu envie de vomir à cause d'une de leurs pubs : "Non au réchauffement des clients ! Nos restaurants sont climatisés !" Quand on sait que la clim' contribue au réchauffement climatique, j'ai trouvé ça d'un cynisme absolu... Beurk !

par Boris Roman-Dubreucq publié dans : d'une semaine à l'autre
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Lundi 13 août 2007

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Pour Rosa Luxemburg, la grève est la lutte par excellence. Elle distingue cependant la grève de démonstration - suite aux appels d'un syndicat ou d'un parti - de la grève de lutte, qui naît spontanément dans une entreprise par l'exaspération des ouvriers face à leur condition.
Pour elle, la grève générale, prélude de la Révolution, ne se décrète pas. Elle est le fruit de l'accumulation de micro-mouvements entamés de longue date. Une fois déclenchée, il revient à l'avant-garde éclairée du prolétariat d'accompagner cette grève générale.
A travers son analyse sur la grève, Rosa critique sévèrement la social-démocratie allemande qu'elle juge théorique (grève de démonstration avant tout) et pas du tout concrète et vivante (grève de lutte). Ainsi, pour elle, les socialistes allemands se fourvoient en attendant vainement que les conditions soient réunies pour déclencher une grève générale, alors que c'est pas l'encouragement à faire des grèves que se créeront les conditions de la grève générale qui doit renverser le capitalisme.
Il est paradoxal de constater que Rosa prédise d'un côté l'insurrection populaire au cas où le suffrage universel serait supprimé en Allemagne et qu'en même temps ne parvienne pas à penser et à théoriser la démocratie et le parlementarisme dans le cadre de la lutte prolétarienne.
A travers ses écrits, on comprend mieux le fonctionnement inconscient de militants d'extrême gauche français qui semblent proches de la transe durant les manifestations. A ceci prêt que si, dans la Russie tsariste du début du siècle dernier, la grève était le seul moyen de lutte, ce n'est pas le cas dans la France démocratique du début du 21ème siècle... Merci Rosa pour toutes ces réflexions !
Good night, and good luck !

par Boris Roman-Dubreucq publié dans : politique
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Samedi 11 août 2007

samedi 4 août - Certains ont "fait" New-York comme on a "fait" la vaisselle. Comme si on pouvait cocher la case en disant : "New-York, c'est fait, passons à la ville suivante !" Comme si on avait tout compris à cette ville (ou à une autre), comme si on en maitrisait l'histoire, la géographie, qu'on en comprenait l'esprit, la routine, les excès. Pour moi New-York est un rêve et j'espère ne jamais "faire" New-York, mais plutôt m'y perdre, m'en imprégner, m'y fondre...

dimanche 5 août - Dans un mail récent, je me suis fait traiter de "Poujade" par ma copine M. au sujet du service minimum. On a vite vérifié la loi de Godwin et on n'est pas plus avancé.

lundi 6 août - Jusqu'à peu, je ne savais pas ce qu'on entendait par "la part des anges". Et puis j'ai lu un article sur la fabrication du whisky, et c'est là que j'ai compris qu'il s'agissait de la part d'alcool qui disparaissait "spontanément" au fur et à mesure du vieillissement en fût. Environ 1° en moins par an . Du plus grand effet en soirée bobo sans doute (spéciale dédicace Marc !).

mardi 7 août - Un ami m'a un jour dit que sa soeur avait pour devise "Pas un jour sans une ligne". Ligne écrite ou ligne lue. Très belle devise que je fais volontiers mienne.

mercredi 8 août - D'habitude, je ne regarde pratiquement pas la télé. Parce que les JT de TF1 ou France 2 sont d'une débilité profonde. Parce qu'on n'a que 5 chaines à Thouaré de toute façon. En temps normal, les téléfilms m'emmerdent et j'étais méfiant au sujet de la "Véritable histoire de Marie-Antoinette". J'avais appris la Carmagnole avec Edgard, et son "Madame Véto avait promis de faire égorger tout Paris ; Son plan a échoué grâce à nos canoniers, ..." Bref, la réhabilitation de l'Autrichienne, ça me tentait moyennement. Au final, c'était plutôt pas mal foutu, avec une vision contrastée du personnage, à mi-chemin entre l'immigrée dont la cour n'a jamais vraiment voulu et la capricieuse et dispendieuse reine. Je me suis surtout rendu compte que l'étiquette était quelque chose d'abominable et que Louis XIV avait sans doute sa part dans la sclérose de la France qui a abouti à la Révolution... Je me suis aussi souvenu que la mort du roi n'avait tenu qu'à une voix à la Convention, et que Condorcet avait voté contre au nom de l'abolitionnisme, déjà...

jeudi 9 août - Mes amis auront-ils encore besoin de moi pour la visite de Nantes quand ils l'auront téléchargée gratuitement sur zevisit ? Allez, parions qu'ils n'ont pas tous un lecteur mp3 ! Ce site est par ailleurs assez génial, et beaucoup d'autres villes - dont Lille bien sûr - sont également disponibles. A vos souris.

vendredi 10 août - C'est bien la première fois depuis...fort longtemps que je n'ai pas utilisé la totalité de mon forfait orange à 54€. On pourra dire que c'est les vacances, que je ne suis plus secrétaire de ma loge, que je téléphone plus du fixe ou que j'envoie plus de mails. Les faits sont tétus. Ce n'est ni triste ("plus personne ne m'aime") ni joyeux ("chic, je fais des économies").

par Boris Roman-Dubreucq publié dans : d'une semaine à l'autre
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Lundi 6 août 2007

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L'infaillibilité pontificale, c'est ce précepte qui affirme que tout ce que dit le Pape est forcément vrai puisqu'il le tient de Dieu lui-même. Alors forcément, on comprend que les cathos soient parfois chatouilleux quand on s'en prend à sa Sainteté, ce qui est à la fois une erreur et un blasphème.
Le marxisme, c'est un peu pareil : c'est scientifiquement vrai ! Ainsi, s'en prendre à tout ou partie de la doctrine est forcément le fait de bourgeois ou de traîtres, et nécessairement faux... C'est bien ce qui transparaît en lisant Rosa Luxemburg, notamment quand elle s'en prend à son camarade Bernstein qui ose mettre en question certains dogmes de Karl.
L'infaillibilité marxiste va jusqu'à prouver que même quand il a tort, il a raison !! Ainsi, une lutte type grève qui s'achève sur une défaite n'est pas une défaite, mais une étape indispensable vers la victoire finale. A supposer qu'effectivement, une défaite provisoire puisse parfois permette une victoire ultérieure (comme aurait dit De Gaulle...), ce dogme empêche absolument toute analyse critique de la stratégie mise en oeuvre et sur le dogme d'une façon générale. Elle porte en elle a priori le soupçon de trahison sur tous ceux qui essayent de comprendre et d'analyser, prélude des pires dérives de l'URSS stalinienne.
Les chrétiens ont Jésus et la Bible, les marxistes ont Marx et le Capital... Le Capital, opium des prolétaires ?
Good night and good luck !

par Boris Roman-Dubreucq publié dans : politique
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Samedi 4 août 2007

samedi 28 juillet - Nous fêtons les deux ans de Valentine sans trop savoir si elle en saisit bien la portée. En tout cas, elle sent bien qu'elle est à l'honneur ! Cette petite fille est amoureuse de son papa en ce moment, et forcément, on la comprend, avec un papa comme ça ! Donc, au menu de son anniversaire : une bibliothèque / range-jouets pour y mettre tous ses livres ("lis papa, lis !!!"), une ardoise magique Winny l'Ourson et de belles cartes d'anniversaire. Sans oublier le gâteau au chocolat avec la bougie ! Bon anniversaire Nénette !

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dimanche 29 juillet - J'ai lu comme une brute, en une semaine, les 650 pages de L'analyste, thriller de John Katzenbach. Mon analyste s'appelait Kaltenbeck... Tu crois qu'ils sont parents ? En tout cas j'ai pensé à lui pendant tout le livre... Il faudrait que je lui envoie une carte postale style : "Cher Monsieur Kaltenbeck, gros bisous de Nantes où je pense à vous à défaut de vous donner 70€ par semaine pour vous raconter ma vie et vous entendre dire "hum, hum !"" Si un jour je me reconvertis, psychanalyste, ça fait partie du possible. Merde, il faut que je finisse ma psychanalyse alors...

lundi 30 juillet - Mourir à 30 ans d'un cancer, ça n'est vraiment pas drôle. Surtout quand il ne reste plus qu'à prendre les pilules pour en finir plus vite, qu'il faut dire au revoir à Annabelle, Arthur et Valentine en leur disant que ça va aller. Le rêve recommencé à l'infini cette nuit. J'en suis sorti pour apprendre que Michel Serrault était mort d'un cancer hier soir. Heureusement le soleil brille.

mardi 31 juillet - Faut-il sanctionner financièrement les députés absents ? C'est la proposition du constitutionnaliste Guy Carcassonne. Les Français y semblent favorables à 85% d'après un sondage. Mais qu'est-ce qu'être présent ? Être dans l'hémicycle ? Cela me rappelle une anecdote racontée par un huissier de la Chambre : un parlementaire volage avait pour habitude de venir en début de séance, d'invectiver volontairement l'orateur pour que son nom apparaisse sur le journal des débats, puis de quitter l'hémicycle aussi sec... "Tu vois bien, chérie, j'étais en séance, la preuve, mon nom apparaît !" Couverture impeccable...sauf pour les huissiers qui ont compris la manoeuvre...

mercredi 1er août - Bukowski est un cinglé. Bukowski est un alcoolique. Bukowski dit tout haut ce qu'on pense ou rêve tout bas. Contes de la folie ordinaire, ça vaut le coup d'être lu, juste pour mieux apprécier de le voir à nouveau complètement pété chez Pivot à Apostrophe, avec Cavanna qui lui dit qu'il va lui mettre son poing sur la gueule. Bukowski s'en fout. Bukowski est complètement pété.

jeudi 2 août - Ivan, Sabine et Marine ont passé la nuit à la maison. Temps orageux et pas de pluie nous ont permis de manger (et boire) dehors. Impossible de parler de tout en quelques heures, mais quand même de Rémi, Fred, Jérôme, Vincent Delerm, sa pochette d'album, la radio, les enfants. Les amis, il n'y a que ça de vrai !

vendredi 3 août - Hollande gueule comme un âne sur tout. Sur la Lybie, sur la franchise médicale, sur la réforme des universités. La nouvelle règle de l'opposition, ça devrait être de s'interdire de critiquer sans dire exactement dans le même temps ce qu'on ferait à la place. Sinon, ça ne va plus être un cabinet fantôme, mais un cabinet mort-vivant. Mais peut-être que Hollande est le ministre des croque-morts du cabinet fantôme...

par Boris Roman-Dubreucq publié dans : d'une semaine à l'autre
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Vendredi 3 août 2007

Un article un peu long mais ô combien lumineux du très grand Jacques Julliard, qui fait partie en France de ces quelques personnes qui ont une grande hauteur de vue... A méditer...

Socialistes, croyez-vous encore à vos mythes?

I. Vers le bipartisme

Quand la mousse de l'événement sera retombée. Quand les municipales du printemps prochain constitueront, comme dira alors «le Monde», un sérieux avertissement pour la majorité. Quand Nicolas Sarkozy, lassé de jouer les Fregoli de la politique française, se résignera à n'être plus que le président de la République. Alors on s'apercevra que la principale nouveauté de la récente présidentielle aura été l'entrée de la France dans le bipartisme...
La Ve République nous avait donné la bipolarisation, c'est-à-dire l'organisation de la vie politique autour de deux pôles, la majorité et l'opposition. Les électeurs sont en train de nous donner le bipartisme, c'est-à-dire la réduction de chacun des deux camps, la gauche et la droite, à un parti dominant.
Contrairement à ce que l'on prétend, la France n'est pas le pays qui a inventé la division de l'opinion en deux camps. Son idéal n'est pas le bipartisme, mais l'union nationale. L'Ancien Régime et la Révolution sont sur ce point d'accord : la seule question, mais elle est décisive, est de décider autour duquel des deux camps se fera cette union. Des grandes démocraties occidentales, la France a été la plus lente et la plus réticente à admettre que la division de la robe sans couture de l'unité nationale n'est pas un accident dû au mauvais vouloir de quelques «séparatistes» (le mot est de De Gaulle), mais une situation normale. 
La dernière présidentielle, si elle est confirmée par les prochains scrutins, aura été une étape décisive dans la normalisation bipartisane. C'est la droite qui est la plus avancée dans cette voie. Nicolas Sarkozy a parachevé la démarche unificatrice qui avait été avant lui celle de De Gaulle. Il faut se souvenir que tout au long de la IIIe et de la IVe République la droite n'était pas la grande cathédrale que redoutent ses adversaires, mais une série de chapelles rivales, d'autant plus irréductibles les unes aux autres qu'elles n'étaient guère séparées que par la concurrence des personnes.
Quel ménage aujourd'hui, et quel remue-ménage ! Les petites sensibilités narcissiques qu'incarnaient encore à la veille de la présidentielle les noms de Bruno Mégret, Christine Boutin, Philippe de Villiers, Nicolas Dupont-Aignan ont pratiquement disparu. Rien ne dit qu'elles ne réapparaîtront pas, mais il y faudra du temps, et l'occasion. Ne restait donc que le Front national.
L'idée d'un ministère de l'Identité nationale et de l'Immigration fut l'arme absolue qui laissa Le Pen sans voix, à tous les sens du mot. Affaibli par le vieillissement de son leader, dépossédé de son jingle xénophobe, le Front national ne disparaîtra pas ; mais il redeviendra sans doute ce qu'il était avant la grande chevauchée de Le Pen un petit noyau antirépublicain, aux tendances intégristes, xénophobes, voire fascisantes. Sarkozy, aidé par les circonstances, a réduit l'extrême-droite comme Mitterrand avait réduit le communisme. Où il est démontré une fois de plus que c'est à chacun des camps de s'occuper de ses extrémistes. 
A gauche, le travail n'est pas aussi avancé, mais la tendance est la même.
Le Parti communiste, faute d'avoir rompu à temps avec son passé stalinien, est entraîné dans un inexorable processus d'annihilation. D'ores et déjà, il n'est plus guère qu'une amicale d'élus municipaux des banlieues. Comme disent les médecins, le pronostic vital est engagé. Qui se plaindrait, hormis quelques vieux nostalgiques, de la disparition de cette survivance ?
Le gauchisme, plus dynamique en raison même du coma dépassé du PC, a eu le tort de croire que le non au référendum européen de 2005 pouvait constituer la base d'un front du refus. La présidentielle et les législatives ont démontré que c'est désormais son insignifiance intellectuelle et politique qui est en cause. Pour comprendre les différences entre les trois groupuscules trotskistes qui se partagent une poignée d'irréductibles et une autre de populistes, il faut se référer au programme de transition deTrotski, datant de 1939... Cette déroute de l'intelligence ne peut être compensée par l'intense noyautage des «luttes», dont les flambées intermittentes ne sauraient tenir lieu de critique sociale cohérente.
Chez les altermondialistes enfin, le narcissisme, l'intrigue, voire la corruption, ont dégradé de façon durable un mouvement fondé sur des bases réelles, mais incapable de comprendre que l'ancien tiers-monde se rue dans le capitalisme et voit dans la mondialisation sa chance historique. Que pèse la critique de celle-ci face à un taux de croissance à deux chiffres comme celui de la Chine ?
Quant aux Verts, ils ont fait un naufrage que l'on peut croire définitif. On dirait qu'ils s'acharnent à ne retenir du grand souffle écologique qui balaie aujourd'hui la planète que ses absurdités. Comment comprendre leur acharnement anti-nucléaire, quand le nucléaire est la principale source d énergie sans responsabilité dans l'effet de serre et le réchauffement de la planète ? Comment comprendre leur obsession, peu crédible scientifiquement, à propos des OGM ? Nicolas Hulot, en démocratisant les thèmes écologiques, a porté à l'écologie politique un coup fatal : de même que la banalisation des thèses du Front national a eu pour conséquence l'effondrement du FN comme formation séparée et monothématique, de même la banalisation des thèmes écolos, favorisée par les accidents climatiques actuels, a eu pour conséquence le naufrage des écolos comme formation séparée et monothématique.
Un mot enfin à propos du centre. François Bayrou a évidemment raison lorsqu'il affirme que le système électoral actuel l'empêche de se développer. A condition d'ajouter que la famille centriste existe certes ; mais que c'est une petite famille, riche dans le meilleur des cas, de 10 à 15% des suffrages. Valéry Giscard d'Estaing a dit un jour que la France voulait être «gouvernée au centre». Rien de plus vrai, les premiers pas de Nicolas Sarkozy en sont la preuve. Mais il n'a pas dit que la France voulait être gouvernée par le centre. Paradoxalement, le gouvernement «au centre» implique un centre faible, qui permette à la gauche d'appuyer sur son aile droite, et à la droite d'avancer sur son aile gauche. En France comme en Allemagne, le centre est condamné à rester un parti d'appoint.
Le résultat de cette évolution ? C'est que jamais un grand parti réformateur de gauche n'avait eu une voie aussi dégagée. Plus de rival sérieux dans son camp, plus d'idéologie concurrente, plus d'objection à une politique franchement réformiste. Le PS a été battu une troisième fois; mais son avenir n'est nullement menacé.

II. La défaite intellectuelle et morale du Parti socialiste

Alors, pourquoi ces propos désabusés, ces mines attristées, ce moral en berne? Parce que partisans, adversaires ou observateurs partagent le sentiment que le mal est plus profond qu'une défaite conjoncturelle, fût-elle répétée deux fois, parce que chacun sait bien au fond que cette défaite n'est pas volée et que le Parti l'a bien cherchée. C'est lui, plus que Sarkozy, qui en est responsable. Cette défaillance est la sienne, c'est une défaite intellectuelle et morale.
Il y a longtemps que le PS a cessé de penser et de croire ce qu'il raconte. Depuis 1989 au moins, date de la chute du Mur, la gauche tout entière est malade, parce qu'elle n'a pas su analyser ni tirer les conséquences de ce qui s'est passé. On dira que c'est injuste : les sociaux-démocrates n'ont-ils pas été toujours et partout la cible préférée des staliniens victorieux ? Alors, pourquoi devraient-ils être emportés dans le naufrage de leurs pires ennemis ? Parce que, qu'on le veuille ou non, le socialisme (comme la Révolution, au dire de Clémenceau) est un bloc ! Que le communisme a été pendant près d'un siècle l'horizon d'attente du mouvement ouvrier tout entier ; Jaurès et Blum, les deux parangons du réformisme, n'ont cessé de proclamer que seules les méthodes séparaient les réalistes des maximalistes.
On dira encore que tout cela est de l'histoire ancienne et que la jeunesse d'aujourd'hui a d'autres soucis. Erreur ! On ne vote jamais sur un programme, on vote sur une pensée, et même sur une arrière-pensée. Il n'est pas besoin de relever la tête bien haut pour savoir que l'horizon est bouché, que l'orient rouge est délavé, que le soleil levant s'est drapé de deuil. Or le fait est que jamais les socialistes ne nous ont donné une analyse convaincante de ce qui s'était passé, qui engageait pourtant la vision qu'ils se faisaient de l'avenir. Il ne se passe pas d'année que l'on ne publie deux ou trois livres importants sur le nazisme, et tant mieux. Le ventre est encore fécond... Celui du communisme, la tentation du stalinisme, serait-il donc définitivement stérile ? Qu'en savons-nous ? En dehors du livre de François Furet, «le Passé d'une illusion», rien qui nous explique pourquoi l'un des plus beaux rêves de l'humanité s'est transformé en un immense cauchemar. Devons-nous nous contenter de l'explication triviale en termes de déviation (le trop fameux «culte de la personnalité ») ou s'agit-il d'un vice intrinsèque ? Par exemple, la concentration des pouvoirs politiques, économiques, sociaux, culturels entre les mêmes mains. Comment se désintéresser d'une aventure qui ne fut jamais la nôtre, mais qui porte au moins le même nom que la nôtre ? Et l'on voudrait que ce pieux désintérêt soit sans conséquence sur notre subconscient et celui de notre électorat ? Quand parut «l'Archipel du Goulag», un socialiste dont par bonheur j'ai oublié le nom déclara que ce Soljénitsyne allait nous faire perdre les cantonales !
Il y a une vingtaine d'années, Paul Veyne écrivit un petit essai pénétrant, intitulé «Les Grecs croyaient-ils à leurs mythes ?» Le grand historien de l'Antiquité répondait : oui et non. Oui en public, non dans leur for intérieur. On célébrait solennellement le culte de Zeus ou d'Athéna, mais rentré chez soi on se gardait bien d'adhérer à ces blagues. C'est pourquoi je pose la question: les socialistes croient-ils encore à leurs mythes tels que la lutte des classes - encore fort à la mode du temps de Mitterrand -, le prolétariat, la nationalisation des moyens de production et j'en passe ? Si l'on n'y croit plus, alors qu'on le dise, et surtout que l'on en tire les conséquences. Trop longtemps on a cru pouvoir gagner la partie au moyen d'un logiciel que l'on savait faux. Pour un parti qui se veut le parti de l'intelligence, quel mépris de l'intelligence ! Quelle dénégation du réel! Quel mépris de l'électeur ! Et l'on voudrait que celui- ci ne s'en aperçût pas ?
Le plus grave, c'est que cette démission de l'intelligence a produit ce qu'il faut bien appeler une imposture morale. Au propre comme au figuré, les socialistes n'habitent pas où ils militent, ils ne mettent pas leurs enfants dans les écoles qu'ils défendent, la plupart ne vivent pas comme ils sont censés vivre. L'écart entre l'être et paraître est devenu le principal handicap social du parti, et le mérite de Ségolène Royal est d'avoir pratiqué ce qu'en d'autres temps on appelait le parler-vrai.
Mais on ne comble pas en quelques semaines des décennies de mensonge. Ce que les électeurs ont salué chez elle, c'est le courage, selon le mot de Bernstein, d'oser paraître ce qu'elle était. Sans doute son programme a-t-il manqué d'ambition et de lignes générales. Mais qui, au Parti socialiste, après avoir adhéré à la synthèse du Mans, synthèse en effet de tous les mensonges, de toutes les impostures et de toutes les démagogies, aurait le front de lui reprocher d'avoir manqué à la cohérence ?
Quels masques de cire que ces éléphants ! La preuve, c'est leur débandade actuelle. Les mêmes qui multipliaient les réserves à l'égard du rapprochement de Ségolène avec Bayrou entre les deux tours de la présidentielle ne trouvent pas mauvais un mois plus tard de se jeter dans les bras de Sarkozy. Sans parachute ! Tel qui déclarait il y a quelques jours vouloir se consacrer entièrement à la rénovation du socialisme décide tout à trac de partir à New York rénover le FMI ! Une fois de plus, on constate que les morales rigides sont moins solides que les morales souples. Une fois franchie la ligne de barbelé de l'union de la gauche, on capitule en rase campagne devant la droite et on laisse l'adversaire occuper en vainqueur le champ de bataille. Du jour au lendemain, toutes les objections à la collaboration de classe ont cédé, et l'on passe sans transition du programme suicidaire du Mans à l'acceptation ravie du pouvoir personnel de Sarkozy. Faut-il rappeler le ralliement de la majorité de la chambre du Front populaire à un autre pouvoir personnel, auquel je me garderai bien de le comparer ? Le seul point commun, c'est la faillite morale des socialistes.

III. Pour un nouveau départ

Il ne m'appartient pas de décider à la place des socialistes leurs orientations pour l'avenir. Que cent fleurs fleurissent, que les bouches s'ouvrent et que la vérité soit celle de ceux qui n'ont pas flanché ! Car le peuple a tenu ! Contre la télé sarkozyste, contre la bourgeoisie triomphante, contre les dirigeants socialistes défaitistes. Les électeurs sont toujours là, et on ne me fera pas croire qu'un parti qui recueille 47% des voix au second tour de la présidentielle est un parti à l'agonie. Nicolas Sarkozy le sait bien, qui pratique l'ouverture à bride abattue. Mais l'ouverture aux éléphants, pas au peuple ! Aux premiers, des places, des fauteuils. Aux autres, la franchise sur la Sécurité sociale, en attendant la TVA du même nom. Je me contenterai donc de quelques directions de recherche.
a) Ne pas se payer de mots. Ceux qui se rallient à l'idée sociale-démocrate quand celle-ci a cessé d'être opératoire sont des gribouilles. Faute d'un syndicalisme puissant et unifié, la social-démocratie n'est qu'un slogan creux. Quand l'Etat-providence est en crise, on ne peut se contenter de crier : vive l'Etat-providence ! Il faut repenser l'ensemble de la philosophie du socialisme, inventer un socialisme de marché pour faire face à la paupérisation d'une partie de la population, au défi de la mondialisation et à l'ardente obligation d'une économie du savoir.
b) Réunifier la gauche. Les divergences idéologiques dont on faisait hier grand cas n'ont plus grand sens. Le PS doit se penser désormais comme le parti de toute la gauche. Comment définir une ligne d'action acceptable par les classes moyennes et les bobos, qui sont libéraux, les fonctionnaires, qui sont jacobins, les ouvriers et les employés, qui sont sociaux-démocrates, les intellectuels, artistes et gens de la communication, qui sont libertaires ? La solution n'est pas dans une improbable «synthèse», dans la tradition de ces grands rassemblements de cocus que l'on nomme congrès, elle est dans la définition, au ras du réel et au plus près de l'idéal, d'une ligne nouvelle et fédératrice.
c) Penser la démocratie d'opinion. La démocratie participative n'est pas une solution, elle est d'abord un problème. Elle est même le problème. Les trois principaux candidats de la récente présidentielle ont compris que l'irruption de l'opinion sous toutes ses formes (médias traditionnels, réunions et manifestations publiques, internet et blogs) change les conditions d'exercice de la démocratie. L'opinion peut être, comme la langue d'Esope, la meilleure ou la pire des choses. Elle peut être cette traînée, cette fille publique dont parlait un jour Me Moro-Giafferi, prête à suivre n'importe quel beau parleur. Elle peut être aussi la forme enfin trouvée de la participation du peuple à la politique, c'est- à-dire au lieu où se traitent ses propres affaires.
d) Résister à la ploutocratisation de la société qui est en marche. Il n'est que de regarder ce qui se passe aujourd'hui dans la presse et les médias audiovisuels, cette formidable concentration du pouvoir journalistique en des mains qui n'ont rien à voir avec le journalisme, pour se convaincre qu'il s'agit là d'une des grandes batailles des années à venir. Ce n'est pas en soi le pouvoir de l'argent qu'il faut combattre, c'est la capacité de l'argent d'exercer le pouvoir là où il n'a rien à faire : dans la science, l'art, l'éducation, la religion, le sport, l'information. En un mot, dans tout ce qui relève de la vie intellectuelle. Notre esprit n'est pas une marchandise !
Je conclus. Les forces de gauche sont aujourd'hui face à un défi inattendu : la contradiction entre la diversification de la société, que n'avait pas prévue Marx, et la massification de l'opinion publique, qu'avait très bien prévue Tocqueville.
C'est la paresse intellectuelle qui a engendré l'effondrement de la morale socialiste. Il faut, en pensant aux générations futures, faire la révolution culturelle du socialisme français. Sinon, la jeunesse se détournera de lui. Il ne faut pas que les fils désespèrent parce que leurs pères ont menti.
Ceci est le texte, très légèrement amendé, de l'intervention de Jacques Julliard en tant qu'observateur externe, lors de la rencontre organisée par Ségolène Royal le 16 juillet dernier, à Paris, afin de tirer les premières leçons de l'élection présidentielle.

Jacques Julliard
Le Nouvel Observateur

par Boris Roman-Dubreucq publié dans : politique
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Mémoire histoire

Soutenu en septembre 1999 à l'université Lille III - Charles de Gaulle, le thème de mon mémoire de maîtrise d'histoire contemporaine, est : "Le majorat de Pierre Mauroy (1973-1995) ou la tentation de l'histoire". Il contient deux tomes : le 1er tome est le texte du mémoire, le 2nd tome est constitué des annexes, et notamment de la retranscription des entretiens individuels. Bonne lecture...

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