Jeudi 30 mars 2006, 22h11
Samedi dernier, venaient manger à la maison Rémi (sans Coraline, malade, et Suzanne) et Gaspard, Marc, Marianne (à nouveau enceinte, chapeau !) et leur petit Gabriel, Ivan, Sabine et leur petite
Marine. Alcool, politique. Aubry un peu, le CPE un peu, puis musique... Discussion de coin de cuisine avec Rémi qui avait trouvé Les Marquises, dernier album de Jacques Brel, sur mon i-pod. Cet
album est bouleversant : Jaurès, Jojo, Voir un ami pleurer, Orly, La ville s'endormait, Vieillir... et Les Marquises. Brel savait déjà qu'il allait mourir (d'un cancer ?) quand il a écrit cet
album. La mort règne partout, la rage de vivre aussi. Encore un peu. Dire que ça n'a pas été vain. Alors l'ami Rémi, d'accord avec toi, quand on entend un album comme celui-là, on ne peut pas
s'en remettre. On vit avec, on meurt avec.
Dimanche 19 mars 2006, 6h39
La dernière partie du livre de Kelman - au-delà du noir et du blanc - est assez étonnante. En effet, après avoir rejeté la pseudo identité commune des noirs, qu'ils soient d'Afrique, des Antilles ou d'Amérique, Kelman aborde la question de la discrimination positive. Et il la défend. Je dois avouer que je saisis mal la relation entre la première et la deuxième partie de son livre. Je dois dire que sa vision de l'affirmative action étasunienne me semble un peu béate (aucun mot pour les prisons et les couloirs de la mort remplis de noirs, si c'est pas de la discrimination positive ça !). Et pourtant... je suis quand même un peu ébranlé sur le fond. Parce que le modèle républicain "à la papa" n'y arrive manifestement plus. Parce que la différence entre l'intégration des Italiens, des Polonais et des Belges d'un côté, des Algériens, Marocains et Sénégalais de l'autre, se situe à un point crucial qui reste dans l'inconscient collectif : c'est celui de la colonisation.
Qu'on l'appelle discrimination positive ou volontarisme, qu'on l'écrive dans la loi, la constitution ou qu'on la pratique au quotidien, donner leur juste place aux noirs et aux arabes apparaît comme une nécessité.
par Boris Roman-Dubreucq
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Samedi 18 mars 2006, 8h05
Rien ne va plus sur la planète mars. La reine a un grain. On le savait depuis longtemps, mais comme chacun a peur de se faire couper la tête - style Alice au pays des merveilles - tout le monde s'est tu jusqu'à maintenant... Les langues - qui n'ont finalement pas été coupées - commencent à se délier. C'est le retour de balancier. C'était prévisible. A lire Le Point et Le Nouvel Observateur de cette semaine. Mon petit doigt me dit qu'un autre hebdomadaire va parler de la reine de la planète mars la semaine prochaine... Chut !
par Boris Roman-Dubreucq
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Mercredi 15 mars 2006, 8h15
Die Zauberflöte. La flûte enchantée. Dernier opéra écrit par Mozart, 4 ou 5 mois avant sa mort, à l'été 1791. Opéra à la fois populaire et maçonnique. Parcours initiatique, initiation, apparences trompeuses... Nous sommes allés voir la dernière représentation hier à l'Opéra de Lille. Ce fut grandiose, émouvant, sublime. Mention spécial pour Zarastro et Tamina pour leur voix, Papaguéno pour son jeu scénique. Il y a des choses qui vont au-delà la compréhension humaine, et la flûte enchantée en fait partie !
par Boris Roman-Dubreucq
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Dimanche 12 mars 2006, 9h51
C'est le titre d'un livre de Gaston Kelerman, auteur également de "je suis noir et je n'aime pas le manioc". Pour ceux qui n'aiment pas la langue de bois et le politiquement correct, c'est un régal !! Extrait : " L'Africain s'enferme dans la négation de l'ampleur de sa participation à la Traite [des noirs]..." Eh oui, les noirs des Antilles sont les descendants d'esclaves déportés par les blancs avec la complicité d'autres noirs, leurs "frères". Kelerman dénonce à fond l'effet Pygmalion qui fait que les noirs aujourd'hui ont du mal à sortir de l'image et de la position dans laquelle les blancs les tiennent : des descendants d'esclaves...
samedi 11 mars 2006, 13h08
Je pars dans quelques minutes à l'incinération de Jean-Daniel. Direction Herlies, avec Anne Wetzel qui m'accompagne pour l'occasion.
Et comme tout est dans tout, et que la vie est un éternel recommencement, nous allons goûter chez Rémi et Coraline ensuite pour admirer Suzanne, née vendredi 3 mars...
Ce soir, nous recevons Sylvain, Stéphanie et Bastien, Thibault, Anne et Léonie. Un bail qu'ils ne se sont pas vus (s ou pas ?). J'ai acheté une super bouteille de whisky, un Lagavulin, que tu peux acheter à beau-papa et être sûr de lui faire plaisir, et j'ai sorti de la cave un Bourgogne de 2001.
Parce que tout ce qui nous reste, c'est le bon et le beau...
par Boris Roman-Dubreucq
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Jeudi 9 mars 2006, 8h53 :
Le Docteur Jean-Daniel Escande est mort dans une avalanche mardi après-midi, avec un guide. Je suis bouleversé, parce que je l'ai connu et que je l'appréciais pour ses qualités humaines, humanistes. Ce n'est pas un hasard s'il était franc-maçon. Je ne sais d'ailleurs pas si c'est son humanisme qui l'a fait devenir franc-maçon ou son maçonnisme qui l'a fait devenir humaniste. L'oeuf et la poule.
En parlant de lui, j'ai découvert qu'il était le médecin de Fred et de Rémi. Curieux non ? Nous n'avions jamais parlé de lui et pourtant il comptait dans nos trois existances.
Je me souviens de lui quand je travaillais à la permanence, rue d'Arras. Son cabinet médical était voisin, et il lui arrivait de venir boire un café. Il était calme, discret, égal... On l'incinère samedi après-midi à Herlies.
Entre Jean-Daniel, mon grand-père qui se meurt et le portrait de Dorian Gray que j'ai fini hier, il faut trouver des raisons d'être optimiste...
par Boris Roman-Dubreucq
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