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Mercredi 28 février 2007

Je m'interroge actuellement sur la sincérité de certains socialistes qui rejettent toute éventualité d'alliance avec Bayrou. Tout d'abord, parce que le PS gouverne officiellement avec l'UDF au conseil régional Nord-Pas de Calais. Donc, si Bayrou est de droite et qu'on ne gouverne pas au niveau national avec lui, il faut aller au bout de la logique et dénoncer l'alliance régionale avec l'UDF. Mais je n'entends rien...

Ensuite, parce que dans l'argumentaire des anti-Bayrou socialistes (Benoît Hamont notamment, qui a fait une tribune il y a deux ou trois jours dans Libé), il y a un grand vide : l'Europe. Force est pourtant de constater que Bayrou est clair sur l'Europe. C'est un fédéraliste qui a voté "oui" au référendum sur le traité, comme la majorité des militants du PS. J'y vois donc la volonté pour certains socialistes, une fois encore, de ne pas trancher un débat qui l'a pourtant été démocratiquement. L'Europe est une vrai point de convergence avec Bayrou, et un vrai point de divergence avec d'autres partenaires de l'ex-gauche plurielle (le MDC et le PCF notamment), mais aussi de la totalité de l'extrême gauche avec laquelle, au risque de fâcher certains camarades, on ne gouvernera jamais.

Certes, Bayrou vient de la droite, et, jusqu'à maintenant, ses élus le sont avec des voix d'électeurs de droite. Oui, jusqu'à maintenant. Et si les choses changeaient ? Car il faudrait être aveugle pour ne pas voir que Bayrou a changé, notamment depuis 2002. Et s'il fut l'homme de la loi Falloux, il fut aussi un des plus farouches opposants au CPE. N'était-ce que par calcul ?

Aujourd'hui, certains au PS dénoncent le "ni droite - ni gauche" de Bayrou comme on dénonce le "ni droite - ni gauche" de Le Pen. C'est tout simplement imbécile. Personne ne croit sérieusement - pas même moi ;-) - que Bayrou peut être devant Sarkozy ou Royal au 1er tour. De ce point de vue, la proposition de Bayrou de prendre un 1er ministre de gauche (DSK ?) s'il est élu relève sans doute plus de la bravade et de la provocation que de la proposition sérieuse. Encore que ce soit la seule possibilité qu'il envisage, puisqu'à aucun moment il ne parle d'une alliance avec la droite qui est chaque jour plus impossible.

Mais, de la même manière, personne ne peut sérieusement penser non plus que Royal peut se passer des voix de Bayrou au 2ème tour, qu'il fasse 20%, 15% ou même 10% au 1er tour, alors qu'on a un PC à 2% et des Verts qui ne font guère mieux.

Si certains socialistes ont déjà renoncé à gagner la présidentielle en refusant l'alliance avec Bayrou pour faire une cure d'opposition sarkozyienne de 5 ou 10 ans, qu'ils le disent, mais qu'ils l'assument et s'en expliquent. Pour les autres, il serait peut-être temps de réfléchir au contenu programmatique d'une alliance. En toute bonne foi.

Good night, and good luck.

par Boris Roman-Dubreucq publié dans : politique
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Mercredi 21 février 2007

Papon a été enterré avec sa légion d'honneur. Comme il est mort, on ne pouvait juridiquement pas lui refuser cet...honneur... Finalement, et si c'est la légion d'honneur qu'il fallait enterrer ?

Good night, and good luck...

par Boris Roman-Dubreucq publié dans : idées, livres, ciné, musique...
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Vendredi 16 février 2007

Sans voir ni le début ni la fin, j'ai vu une partie de l'intervention de François Bayrou hier soir sur France 2, à l'émission "A vous de juger" avec Arlette Chabot. Un sentiment bizarre m'a envahi.

Bayrou au départ, pour mon surmoi-marxiste révolutionnaire, c'est l'homme de la réforme de la loi Fallou en janvier 1994, qui fut ma manif la plus jouissive de mon expérience de jeune socialiste. Mon grand-père Léon l'appelait "le jésuite", ce qui vaut son pesant de cacahuètes dans la bouche d'un libre-penseur (ah ! cette rencontre à l'improviste à l'assemblée en 1997 ou 1998 : inoubliable !).

Pourtant, hier soir, je cherchais vainement des choses avec lesquelles je n'étais pas d'accord avec Bayrou : sur la dette ? Il propose d'interdire la présentation d'un budget en déficit sur la partie fonctionnement. Sur les retraites ? Sur les régimes spéciaux - en maintenant, devant un chauffeur de la RATP, que oui, il faudrait réformer les régimes spéciaux - En parlant de l'égalité des chances ? De l'Europe ? Mais aussi sur le logement - suppression de la caution et remplacement par un système d'assurance collective, - l'adoption par les couples homo, le droit à l'euthanasie, ...? Non, j'avais beau chercher, je n'arrivais pas, en toute bonne foi, à me dire : "Bayrou, c' est un salaud de droite" ou encore "Il ne pose pas les bonnes questions", ou encore "Ce mec n'a pas de courage"...

Certes, ce n'est pas parce qu'on est d'accord avec ce que dit quelqu'un qu'il faut voter pour lui. Car il y a peut-être, sans doute j'ose espérer, des manques, des trous béants entre son discours et celui de Ségolène, de la gauche social-démocrate...

Je suis catastrophé par le climat actuel de la campagne de Ségo, cette impression que ça ne prend pas, que la campagne n'est pas menée de façon professionnelle, par la démission d'Eric Besson, comme s'il était une honte de chiffrer un programme, alors que c'est ce qui peut le rendre crédible !

Soyons clairs et disons-le tout net : avec un Bayrou à 12-15%, il est impossible, dans l'éventualité d'un duel Ségo-Sarko au 2ème tour, que Ségo l'emporte sans faire alliance, donc sans envisager un pacte programmatique de base dans le cadre d'un gouvernement d'union.

Je veux bien entendre que j'ai tort, mais j'aimerais bien qu'on m'explique...

Good night, and good luck.

par Boris Roman-Dubreucq publié dans : politique
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Vendredi 9 février 2007

Je suis un peu en retard pour évoquer le meeting de Ségolène à Paris mardi ! J'ai profité de mon escapade nantaise pour y aller avec Claudette (ou plutôt Sainte-Claudette reine des notes d'actualité, que vous retrouverez chaque vendredi sur le site de son député).

Première chose : c'était blindé de chez blindé. J'ai lu dans la presse qu'il y avait 5.000 personnes et que plusieurs centaines de sympathisants se sont fait refouler, dont le mari de Sainte-Claudette (priez pour nous !). Une ambiance assez chaude donc, notamment grâce au MJS qui semble avoir oublié son peu d'enthousiasme du départ pour Ségo (pour ne pas dire sa franche hostilité).

Deuxième chose : du beau monde. J'ai ainsi vu : Bloche, Delanoë, Philippe Torreton (le compagnon de Claire Chazal, ça doit être sympa de les entendre discuter en ce moment), Kouchner, Bianco, DSK, Chevènement, Cambadélis, Emmanuelli, Montebourg (qui a été cité par Delanoë, peut-être que sa punition a été levée), Ayrault, Lang, Vaillant, Guigou, Huchon.

Troisième chose : on a entendu des bons discours. Bloche tout d'abord, pour chauffer la salle. Delanoë ensuite, qui est véritablement une star à Paris. Il est intervenu sur le thème "Sarkozy doit rendre des comptes. Il n'est pas sorti du chapeau de l'UMP". Dénonçant tour à tour la décentralisation ratée, l'augmentation des violences faites au personne de 30% depuis 2002, les 2% de logements sociaux de Neuilly l'égoïste alors que la loi SRU en impose 20%. Il a ensuite rappelé la citation de Jaurès sur le libéralisme - puisque Sarko se réclame de Jaurès - qui disait que "le libéralisme, c'est le renard libre dans le poulailler libre !". Il a également fait référence à Mitterrand en 1981 : "La droite veut nous prendre Jaurès et Blum. Mais nous ne leur demandons pas Déroulède et Maurras !" (hum hum venant de lui, mais passons...)

Puis vint le discours de Philippe Terreton, qui m'a vraiment agréablement surpris. "Plutôt qu'une solution unique, il existe des centaines de microsolutions qu'il faut aller chercher. De ce point de vue, nous ne faisons pas assez confiance aux gens de terrain." Evoquant les coups bas actuels contre Ségo, il dit : "Il y a des attaques, mais on n'attaque que les places fortes".

Ségo pour conclure. Bonne sur le fond, excellente même par moments. Par contre, sur la forme, force est de constater que sa voix est souvent trop monocorde et qu'elle ne déchaîne pas les passions dans la salle, sauf quand elle se donne un peu de mal.

Plaisantant sur la sortie prochaine d'un livre écrit par un psychiatre sur elle, elle dit "Ne le croyez pas, il ne m'a pas examinée !"

Quelques citations notées ça et là (merci au Moleskine) :

"La rétribution au mérite, moi je veux bien, mais où est le mérite quand on n'a pas les mêmes chances au départ ?"

"Il faut une France qui ne demande pas aux Français d'où ils viennent mais où ils veulent aller ensemble"

"La première règle de vivre ensemble, c'est la laïcité, respectueuse de la liberté de pensée, de conscience et de culte. La loi de 1905 est un socle solide".

On me permettra de dire que je n'ai pas entendu Royal parler du procès fait à Charlie Hebdo pour l'affaire des caricatures de Mahomet, contrairement à Hollande. Je suis au regret de penser qu'elle ne soutient pas Charlie si ma mémoire est bonne : "je ne laisserai pas insulter Dieu", a-t-elle dit un jour...

"Je ne veux pas d'une France qui a peur de ses rappeurs, qui reprennent la tradition de la chanson populaire française." (ça, ça m'a vraiment plu)

Voilà globalement ce que j'ai noté.

Cependant, je ne cache pas mon scepticisme général. Certes, je suis convaincu que Ségo monte en puissance, et j'espère qu'elle sera percutante dimanche. Mais face à la machine Sarko, ça ne semble pas faire le poids. Le PS ne semble pas vraiment en campagne, les clivages demeurent, qu'ils datent du dernier congrès, du référendum européen ou de la campagne de désignation interne...

Autre chose : la gauche non socialiste est dans un état lamentable avec ses 4 candidats de l'extrême gauche plus prompts à faire des procès en social libéralisme à Ségo qu'à vouloir que Sarkozy soit battu. C'est un choix. On voit donc mal avec qui le PS pourrait gouverner, en rêvant que Ségo soit élue... Un PCF à 2% ?

Pendant ce temps-là, Bayrou fait son petit bonhomme de chemin. S'il reste au-dessus de 10% au soir du premier tour, son orientation pourrait être déterminante pour le second. Une question cruciale se posera alors.

Good night, and good luck.

par Boris Roman-Dubreucq publié dans : politique
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Jeudi 8 février 2007

[la gare de Nantes, sortie sud, mardi 6 février 2007, à 12h16]

Ca faisait plusieurs jours que j'appelais Annabelle "Liliane", référence à Georges Marchais revenant de Corse avec sa femme juste avant la rupture du programme commun (j'aurais pu l'appeler Lulu, comme Lulu la Nantaise, mais la marque est déjà déposée pour ma copine Lucie !)... Ca l'énervait, mais aujourd'hui, elle va vraiment devoir faire les valises ! J'ai reçu ce matin une réponse de la Région des Pays de la Loire suite à un entretien mardi après-midi, pour un poste de consultant : positif chef ! Nous allons donc nous installer à Nantes d'ici quelques semaines ou quelques mois pour une nouvelle aventure... Flippant et excitant à la fois... Nous acceptons par avance toutes les invitations à déjeuner, dîner, petit-déjeuner, bruncher. Nous ne sommes pas allergiques au champagne... ;-)

Good night, and good luck !

par Boris Roman-Dubreucq publié dans : perso
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Dimanche 4 février 2007

[Jonathan Littell, auteur des Bienveillantes]

J'aurai quand même mis quatre mois pour lire les Bienveillantes, commencées en octobre, alors que selon un calcul mathématique simple, neuf jours auraient dû suffire pour les 900 pages. Je l'ai fini hier soir vers 22h30 en même temps que la bouteille de vin rouge californien (Gallo, un peu plus de 6€, ça vaut le détour !). Je suis donc le 3ème que je connaisse à la fois à lire et à finir ce livre monstrueux de différents points de vue. J'aimerais beaucoup échanger avec mes deux compagnons littéraires !

Je garde un sentiment étrange dans la tête et un goût étrange dans la bouche. Parce qu'après une telle fresque, passer de Paris occupé à Stalingrad puis à Auschwitz pour finir dans le Berlin assiégé par les Russes, il est difficile de focaliser sur un seul aspect des choses, même si l'extermination des juifs est toujours là en arrière plan.

Pour certains Allemands, cette Endlösung (solution finale) est une obsession, une nécessité absolue et vitale. Pour d'autres au contraire, elle est un élément parmi d'autres de la réussite du Reich, et si les juifs peuvent aider à l'effort de guerre allemand dans les usines, alors il faut leur en donner les moyens, notamment en les nourissant correctement. C'est le parti pris de Max Aue, le héros. Par humanisme ou pour la gloire du Führer ? Est-ce important de répondre à cette question ?

Entre scènes de massacres à faire froid dans le dos, réunions au sommet sur la stratégie à adopter pour faire augmenter le rendement des juifs, ou encore délires du narrateur blessé ou malade, il est impossible de réduire Max Aue à un rouage efficace du système nazi, même s'il l'a effectivement été.

La vie en camp de concentration a pris une autre réalité pour moi. J'ai pensé à mon grand-père, et je me suis demandé s'il avait été évacué de Birkenau par les Allemands pendant la débâcle, ou si, trop faible, il avait été abandonné et trouvé par les Russes.

Beaucoup de choses à lire encore pour comprendre ce qui s'est passé, avec l'éventualité qu'au bout du compte, on puisse juste comprendre qu'il n'y a rien à comprendre.

Good night, and good luck.

par Boris Roman-Dubreucq publié dans : idées, livres, ciné, musique...
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Vendredi 2 février 2007

[Les vignes de la Sonoma Valley, berceau du vin californien]

Avant de lire le dernier Attali, j'étais loin d'imaginer que Los Angeles et la Californie étaient le coeur du monde. J'avais bien entendu "la Californie" de Julien Clerc, que ma mère écoutait et écoute toujours sur Nostalgie (nos-tal-giiiie !), mais ça ne veut rien dire...

Et puis un article récent du Monde 2 est venu tout confirmer. Il parle du vin californien et du "Jugement de Paris", qui s'est déroulé le 24 mai 1976 (un an avant ma naissance...) : il s'agissait d'une dégustation de professionnels, à l'aveugle, lors de laquelle nos bons vins français -  les meilleurs du monde faits dans les meilleurs terroirs du monde avec les meilleures méthodes du monde - se sont fait laminer face aux vins californiens (cabernets et chardonnays), qui ont obtenu les 5 premières places... C'était il y a 30 ans...

Pourtant, combien de Français pensent encore aujourd'hui que les vins français sont les meilleurs au monde, que les ricains n'y connaissent rien, etc.

Finalement, la France est un peu à l'image de son vin : elle croit encore vivre dans une gloire passée alors qu'elle s'est fait dépasser depuis longtemps. Vivement qu'elle se rende compte...

Good night, and good luck.

PS : spéciale dédicace à notre président et à sa bombe sur Téhéran. Quand je pense à ce qu'on a dit sur Ségo quand elle a parlé du nucléaire iranien, je me dis qu'on manque parfois de discernement...

par Boris Roman-Dubreucq publié dans : idées, livres, ciné, musique...
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RSS et Cie

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Mémoire histoire

Soutenu en septembre 1999 à l'université Lille III - Charles de Gaulle, le thème de mon mémoire de maîtrise d'histoire contemporaine, est : "Le majorat de Pierre Mauroy (1973-1995) ou la tentation de l'histoire". Il contient deux tomes : le 1er tome est le texte du mémoire, le 2nd tome est constitué des annexes, et notamment de la retranscription des entretiens individuels. Bonne lecture...

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