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Mardi 15 mai 2007

Il y a sans doute mille signes qui montrent que quelque chose est en train de changer radicalement dans la politique en France. L'un d'eux, c'est que pour la 1ère fois depuis 1978, les élections législatives ne vont pas aboutir à une alternance gauche / droite.

Pour mémoire :

1978 : droite (sur le fil, merci les communistes à l'époque)

1981 : gauche suite à la présidentielle et à la dissolution

1986 : droite puis 1ère cohabitation

1988 : gauche suite à la présidentielle et à la dissolution

1993 : droite puis 2ème cohabitation

1997 : gauche suite à la dissolution (merci Chirac et de Villepin !) puis 3ème cohabitation

2002 : droite suite à la présidentielle (plus besoin de dissolution grâce au quinquennat, merci Giscard !)

2007 : droite suite à la présidentielle...

Gageons que le quinquennat n'est pas étranger à cette situation.

Good night, and good luck...

par Boris Roman-Dubreucq publié dans : politique
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Dimanche 13 mai 2007

Ca y est, c'est fait. Je suis seul à Thouaré-sur-Loire. Derniers jours assez éprouvants. Chargement du camion vendredi soir (merci les amis !). Départ samedi matin (merci Dimitri !) à 4h30 sous une pluis battante. Comme l'a dit mon frère à ce moment-là : "On y verra plus clair quand il fera jour !"... Effectivement ! Arrivée à 10h30, état des lieux, petite bouffe. Puis déchargement du camion, qui suivant à 2 heures de distance, à 14h00, avec Claudine, Jean-Luc et Nicolas qui habite à 15 minutes de chez moi. A 17h00, tout était déchargé, les armoires déjà montées, et le camion repartait. A 18h00, mon frère était dans le TGV. Alone.

Pas de télé, pas d'internet... Comment dire ? Ca fait bizarre de se retrouver seul... Du coup, je lis (Ma vérité sur la planète de Claude Allègre, un bouquin sur la question de la guerre du Vietnam dans les présidentielles états-uniennes depuis 1992, en attendant un autre sur Rosa Luxembourg). J'ai aussi redécouvert mon piano, mes partitions et ma voix. Ah, Sheller...

Les choses se mettent en place. Il faut parer au plus pressé et au plus efficace. Où sont les magasins ? Lesquels sont ouverts le dimanche ? Les médecins ? Un dentiste ? Et mon TER de demain matin, il est à quelle heure et il coûte combien, Madame ? 8h06, 2€20...

Programme de dimanche après-midi : visite du cimetière dans lequel Louis de Funès est enterré, à Le Cellier, là où nous avions déjeuné avec Annabelle début avril. C'est à 12km de la maison. Et puis trouver un cyber café pour envoyer ce post. Je l'ai trouvé, sinon tu ne serais pas en train de me lire.

Demain, 9h00, le grand saut. Mes chaussures sont cirées, costume, chemise, cravate...

Mercredi soir, je rentre pour un long week-end. Mais ici, c'est déjà chez moi...

Good night, and good luck.

P.S. : bientôt, des photos !!

par Boris Roman-Dubreucq publié dans : politique
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Lundi 7 mai 2007

Désignée il y a à peine 6 mois comme porte-drapeau du PS, pouvait-on vraiment attendre un miracle pour Ségolène Royal ? Sans doute pas si l'on considère qu'en face, Nicolas Sarkozy a été ministre de l'Intérieur et de l'économie pendant 5 ans, et qu'il règne sans partage depuis un moment sur l'UMP.

C'est bien la question du leadership qui est posée aujourd'hui à gauche. Ségolène Royal peut-elle continuer d'incarner l'alternative à la droite, ou faut-il changer de champion(ne) ? Il est peu probable que cette question trouve une réponse avant les législatives du mois de juin même si, dès hier soir, DSK s'est dit disponible et Fabius a montré les crocs.

Il est patent de constater que Ségolène Royal a aujourd'hui une double légitimité : celle de la désignation interne au PS et celle des urnes, au 1er et au 2nd tour. Mais il est également notable de constater que ce parcours s'est déroulé sans l'appareil et les courants du PS, voire parfois (souvent ?) contre eux.

Et si elle souhaite, comme elle l'a affirmé hier, poursuivre le mouvement engagé et prendre la tête de l'opposition, elle va être dans l'obligation de s'affirmer au sein de l'appareil PS lors du prochain congrès, qui aura sans doute lieu avant la fin de l'année.

Finalement, cette question renvoie au fonctionnement interne du PS, à sa capacité à changer et à s'ouvrir. Que sont devenus les 80.000 nouveaux adhérents de 2006 ? Une nouvelle vague d'adhésion va-t-elle être lancée pour désigner le nouveau leader de l'opposition ?

That's the question...

P.S. : Ouf, Cécilia est en France... Moi qui la croyais à Miami avec Marc Lévy...

P.S.2 : on va (encore) me dire que je suis défaitiste, mais on est bien d'accord qu'il s'agit avant tout pour le PS et la gauche de sauver les meubles le mois prochain...sur l'air du "on ne va pas laisser tous les pouvoirs à la droite."

P.S.3 : j'ai écouté attentivement l'allocution du nouveau Président de la République. Il a rendu hommage à Ségolène Royal, mais je n'ai pas entendu évoquer Jacques Chirac... Ah, les vieilles amitiés !

par Boris Roman-Dubreucq publié dans : politique
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Samedi 5 mai 2007

Un petit clin d'oeil à mes collègues de LMCU...les quelques mots prononcés à l'occasion de mon pot de départ jeudi 3 mai. [merci Anne pour les photos]

[avec Valérie Chatel, ma DGA]

Chers collègues, chers amis,

Un discours de départ peut se révéler être un exercice fastidieux et pénible tant pour celui qui le lit que pour ceux qui l’écoutent en attendant le moment fatidique de déboucher les bouteilles d’un crémant douteux et tiède acheté par mes soins.

C’est la raison pour laquelle que j’ai opté pour un discours à vocation humoristique sous forme d’une adresse à l’attention de mon DGS préféré, et à la manière de Guy Carlier dont la lecture du dernier livre m’a particulièrement séduit. Mon exercice est d’autant plus facilité que mon DGS préféré est en vacances et que je peux compter sur vous pour ne rien lui en dire à son retour !

Je me lance donc !

Sauf le respect que je vous dois, Monsieur le Directeur Général des Services, j’ai quelques petites choses à vous dire avant de partir !

L’heure du départ est aussi souvent celle des bilans, et ce n’est pas Jacques Chirac, occupé comme moi à faire ses cartons, qui me dira le contraire.

Mon expérience communautaire a donc débuté au GIP par une journée sans doute ensoleillée d’octobre 2002, dans des algécos, algécos dont les cloisons avaient cette particularité qu’elles amplifiaient les sons plutôt qu’elles ne les atténuaient, préfiguration du management par projet en ce sens que tout le monde savait tout tout de suite ! Ces algécos, on y mourrait de froid en hiver, on y crevait de chaud en été, à moins que l’on ne mette en route la climatisation, auquel cas nous étions certains d’avoir une pneumonie en plein mois d’août.

Soucieux du bien être de vos collaborateurs, vous avez donc décidé, Monsieur le Directeur Général des Services, d’offrir ces algécos au centre logistique et de faire construire un nouveau bâtiment rien que pour nous : Euralliance. Je veux vous en remercier chaleureusement, car une nouvelle vie a commencé pour moi, et j’ai enfin pu me mettre sérieusement au travail pour la grandeur du contrat de ville, du grand projet de ville et du contrat d’agglomération. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il y avait de l’ambiance au GIP, et ce ne sont pas mes anciens collègues gipeurs ici présents qui me diront le contraire. Il y avait – comment dire ? – une saine émulation entre nous, tellement forte que j’ai souvent entendu répéter le directeur du personnel d’une grande intercommunalité du nord de Paris : « le GIP, c’est la maison des fous ! ».

Et effectivement, je ne pense pas être sorti totalement indemne psychiatriquement parlant de cette expérience en juin 2004… 

La meilleure preuve de mon état psychique dégradé est que j’ai accepté d’aller travailler à l’IGA, quittant ainsi la proie pour l’ombre. J’ai sans doute l’air d’en rajouter, Monsieur le Directeur Général des Services, mais l’IGA, outre que j’y ai appris grâce à mon excellente collègue Barbara, la méthodologie d’audit qui me sert encore aujourd’hui, l’IGA m’a également enseigné la camaraderie et la solidarité entre collègues. Il est vrai que ma rationalité touchant parfois au scientisme en a pris un sacré coup sur la caboche : nous avons en effet constaté, mes collègues et moi, que des extra-terrestres faisaient disparaître des dossiers de nos bureaux, puis les faisaient réapparaître quelques mois plus tard comme par magie, avec une délicate lettre anonyme citant chacun de nous pour nos qualités respectives. Et finalement, cette solidarité si forte nous a conduit à quitter ensemble, par un lundi de janvier 2005, ce beau service, véritable tremplin communautaire si j’en juge le nombre d’éléments éminents qui sont répartis aujourd’hui dans les différents services de la communauté urbaine, et qui occupent parfois des postes à responsabilité.

Donc, après ces 6 mois d’une grande intensité et quelques séances individuelles ou collectives avec un psychologue du travail, me voilà épanoui comme une fleur…je veux dire comme un IRIS à la DRHO. La rupture était un peu brutale, et j’ai dû faire une cure de désintox en retournant quelques mois au GIP !

Et là, Monsieur le Directeur Général des Services, sauf le respect que je vous dois, j’ai été scié de découvrir qu’une direction normale à LMCU, ça pouvait exister ! Bien sûr…bien sûr il y a des personnalités – comment dire ? – différentes aux ressources humaines : il y a la voix chantante de Josette, les bougonneries d’Hervé, bien sûr il a Audray de la Star Académie dont l’équilibre mental peut parfois sembler incertain, et puis bien sûr, il y a Delphine qui se fait appeler « Rufette », féminin de RUF, Isabelle qui m’appelle « mon p’tit lapin » sans lien aucun avec ma vie intime, Valérie qui me dit « Cha va bobo ? » tous les matins, Arlette qui me prend pour son fils… Mais globalement, je puis vous l’affirmer, Monsieur le Directeur Général des Services, vous pouvez compter sur les ressources humaines, qui est une direction sérieuse !

Et là, fini de rigoler, Monsieur le Directeur Général des Services, et sauf le respect que je vous dois ! Car c’est bien à la DRHO que j’ai vraiment trouvé le sens de ce que je faisais à LMCU. Et ce sens, je le dois notamment à deux personnes que je veux associer particulièrement ici : il y a d’abord Nicolas Guillaume, parti à Nantes Métropole qui, plus qu’un chef et qu’un collègue, est devenu un ami. Sans vouloir cafter, et sauf le respect que je vous dois, Monsieur le Directeur Général des Services, je suis dans l’obligation morale de vous dire que c’est à cause de Nicolas que je pars. C’est en effet lui qui, à quelques jours de son départ, a fait tourner la fameuse annonce à laquelle j’ai répondu. Mais je n’étais pas seul pour commettre ce forfait. Je me suis en effet entouré des meilleures compétences : celles d’Anne Paris, dont l’un des nombreux atouts a été de remettre en forme un CV qui ne ressemblait pas à grand chose ; mais aussi celles de Barbara qui, non contente d’avoir raturé copieusement au rouge mon courrier de candidature, m’a également fait passer deux entretiens blancs dont je suis ressorti tout rouge !

Et puis il y a une deuxième personne qui a donné du sens à mon travail ici : c'est Valérie Chatel;. J'ai peut-être l'air d'en rajouter, mos Valérie Chatel est la seule DGA que je connaisse à avoir le cran de se battre contre les extra-terrestres qui envoient des courriers anonymes.

Certes, certes, Monsieur le Directeur Général des Services, j’ai des séquelles de mes deux aventures précédentes au GIP et à l'IGA... J’en veux pour preuve le guignol que vous avez vu sur scène lors du séminaire des cadres, et qui lança cette blague qui fait aujourd’hui les gorges chaudes dans les files d’attente des 4 ascenseurs les plus lents du monde, je veux parler du R14. Cette blague qui fait : « Bourses des compétences ? Bourses des compétences ? Tant que ça n’est pas la compétence des bourses ! ». Le guignol, c'était moi.

Je vois à votre sourire, Monsieur le Directeur Général des Services, et sauf le respect que je vous dois, que cette plaisanterie vous rappelle quelque chose…je veux naturellement parler du séminaire des cadres.

J'en veux également pour preuve cet affreux costume de père Noël dont je me suis affublé en décembre dernier, parcourant les bureaux de la DRHO en distribuant des chocolats. Sauf le respect que je vous dois, Monsieur le Directeur Général des Services, je me vois dans l'obligation de vous dire que Laurence Bourgeois ici présente n'a pas dû être très sage en 2006, si j'en juge la peur que lui a insipré mon père Noël de pacotille, preuve par ailleurs qu'elle y crois toujours !

Oui, j’ai des séquelles, et mes malheureux collègues de la DRHO ont été navrés de constater lors de notre séminaire de direction, lorsque je suis arrivé déguisé en « super RHO », collants rouges, t-shirt moulant bleu et petit short noir en chantant « laisse faire RHO, il va te guider super-RHO ». A ce sujet, vous le savez, Monsieur le Directeur Général des Services, les héros ne meurent jamais, et il n'était pas concevable qu'il n'y ait plus de héros à la DRHO. C'est la raison pour laquelle j'ai l'honneur ce soir de vour présenter le nouveau héros de la direction en la personne d'Alexandre Leymarie, j'ai nommé : " Flash RHO " !

[Alexandre Leymarie en flash-RHO !!!]

Vous comprendrez que dans ces conditions, l’avenir était bouché pour moi à la communauté et qu’il me fallait partir ailleurs, très loin si possible.

Ca me fait mal de partir, Monsieur le Directeur Général des Services, car le service organisation est un service uni et performant ! Et l'un des ciments du groupe, c'est la question du père !

Bon, moi, je n'y reviens pas. Mais prenez Emmanuelle, dont tout le monde croit que son père est DGS à la CUD, alors qu'en réalité, son père, c'est Monsieur Seguin (la chèvre de Monsieur Seguin !). Et Anne alors ! Tout le monde croit qu'elle s'appelle Paris, comme la ville, comme son père supposé, Jean-Claude, conseiller communautaire. Quelle ne fut pas sa surprise quand elle a finalement découvert que son vrai père s'appelait Omar Zoubir, et donc qu'elle s'appelait Nan Zoubir. Tout ça pour dire qu'elle n'est pas vraiment sûr de rester en France après dimanche soir et qu'elle n'aura peut-être pas l'occasion de faire un pot de départ. Anne, ce pot de départ est donc aussi un peu le tien...

Enfin il y a Barbara, la Bridget Jones du service, l'égérie des concerts de hard rock, qui a un problème avec le père... Non, non, pas le sien, mais celui de son 3ème enfant. Vous n'êtes pas sans savoir, en effet que statistiquement, au 3ème enfant, dans 25% des cas, le père n'est pas celui qu'on croit.

Alors, pourquoi Nantes plutôt que Grenoble ou Clermont-Ferrand ? Pour la mer, tout simplement ! En effet, après Brice de Nice, il y a eu Boris de Lille. Pourquoi me comparer à Brice ? Outre la ressemblance du prénom, c'est parce qu'il attend la vague du siècle qui ne vient et ne viendra jamais. En communauté, c'est pareil, pas moyen de surfer. C'est une mer d'huile. Et là, sauf le respet que je vous dois, Monsieur le Directeur Général des Services, c'est un peu de votre faute : " Pas de vague, pas de vague, pas de vague ", vous entend-on souvent dire !

Or, sans vague, pas de changement ! Quoique, en y réfléchissant, ce n'est pas parce qu'il n'y a pas de vague qu'il n'y a pas de changement. Car en 5 ans, elle en a connu des changements la communauté. Et avant tout l'interdiction de fumer. Comme dirait la directrice de la communication d'une grande intercommunalité du nord de Paris : "Moi, j'arrêterai de fumer dans les bureaux quand ça arrêtera de hum-hum dans les bureaux !".

Et là, j'entends déjà les protestations de mon ami José Prato de FO, le syndicat qu'il vous faut ! Dans les bureaux ? Mais alors c'est du temps de travail, voire de l'astreinte. Je dirais même de la permanence en dortoir, qui, comme chacun sait, est payée triple par rapport à l'astreinte.

Mais il est tard, Monsieur le Directeur Général des Services, et le crémant va bientôt être chaud ! J'arrête ici mes divagations et je vous invite à partager le verre de l'amitié.

Merci.

par Boris Roman-Dubreucq publié dans : perso
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Jeudi 3 mai 2007

[N.B. : il est 6h30 ce jeudi matin, je n'ai pas vu tout le débat et je n'ai entendu aucun commentaire de journalistes ou autres...]

Dire que je me suis ennuyé hier soir serait encore en-dessous de la vérité... Sauf le respect que je vous dois, Ségo et Sarko, je me suis emmerdé grave, tant et si bien que j'étais en pyjama et dans mon lit avant la fin de votre...heu... - peut-on appeler ça un débat ? - empoignade un peu agressive où chacun coupait la parole à l'autre... A tout prendre, j'aurais volontiers revisionné le débat Bayrou-Ségo de samedi qui était quand même d'une autre tenue, tant sur le fond que sur la forme.

Chacun s'est manifestement cantonné au rôle qu'il avait tenu jusqu'à maintenant. Rien de nouveau sous le soleil, comme le dirait l'Ecclésiaste, que tu n'as peut-être pas relu depuis tes cours de catéchisme, à moins que tu ne l'aies pas lu du tout, auquel cas je te le conseille : c'est quasi à la fin de l'ancien testament.

Chacun a essayé de destabiliser l'autre, d'une part en l'interrompant, d'autre part en lui demandant des précisions techniques sur certains dossiers pour le mettre en défaut : l'EPR, c'est quelle génération ? 3ème ou 4ème ? (Ségo à Sarko) Et les 35 heures, en quoi précisément allez-vous les modifier ? (Sarko à Ségo)

Jeu à somme nulle...vraiment nulle !

Bon essayons de dire quelque chose d'intéressant quand même :

* il était patent de constater que Ségo faisait régulièrement référence à son expérience en Poitou-Charente (micro), alors que Sarko montrait en exemple ce que se passe "dans tous les autres pays du monde" (macro)

* sur la délinquance, Sarko est bien pessimiste puisqu'il ne parle que des multirécidivistes, alors que le but de Ségo est de réagir dès le 1er acte de délinquance

* sur l'emploi et le pouvoir d'achat, Sarko défend les heures supplémentaires de ceux qui travaillent déjà (et se lèvent comme moi à 6 heures ce matin...) ; tandis que Ségo défend la création d'emplois pour ceux qui n'en ont pas encore (Annabelle à Nantes...)

J'avoue avoir été gêné par le discours très "1ère gauche" de Ségolène qui ne me semble pas du tout cohérent avec la volonté affichée de rallier les centristes. On l'a ainsi entendue, évoquant une agence d'évaluation, dire qu'il s'agissait d'une agence à la solde du MEDEF avec une certaine forme de mépris qui ne servait pas à grand chose.

On l'a également entendue évoquer de façon à mon sens dogmatique le nombre de fonctionnaires, les retraites et les 35 heures... C'est fort dommage, et ça va lui porter préjudice dimanche.

A l'inverse, Sarko est apparu comme un libéral assumé, mais plus lisse que ses dérapages verbaux de la campagne. Pas folle la guêpe.

J'ai lu ces derniers jours qu'un débat entre les deux tours n'avait jamais inversé une tendance. Je constate qu'aucun sondage à ce jour n'a donné Ségo gagnante.

Good night, and good luck.

par Boris Roman-Dubreucq publié dans : politique
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Mardi 1 mai 2007

J'ai toujours eu un faible pour le Québec et les Québécois. Ca ne se discute pas, c'est comme ça. Leur accent chantant, leurs mots et leurs expressions si particulières qui donnent un autre sens à la langue française parfois trop académique... Et puis surtout, j'en suis convaincu, il existe une "poésie québécoise". Il faudrait peut-être que je fasse une thèse là-dessus, mais ça a déjà dû être fait sans doute...

Ils appellent les Français "nos cousins" mais finalement, les connait-on vraiment ? Non, et c'est un scandale. Oui, bien sûr, Robert Charlebois et Linda Lemay, mais il y en a bien d'autres.

Pierre Lapointe par exemple. C'est un bon exemple. Un show vraiment génial samedi soir au théâtre de l'Idéal à Tourcoing. Imaginez un jeune grand type très fin, une tête un peu plus grosse et très mobile, un visage taillé à la serpe, des cheveux à la Jacques Higelin, et qui avoue lui-même avoir "un charisme sexuel exceptionnel". Ca a été la blague (THE joke) de la soirée.

Petit extrait d'une de ses chansons pour attiser la curiosité :

Je suis le lion imberbe

La biche empoisonnée

Pour boire, vite venez !

A ma source gardée.

Dans un nuage de pleurs

De vagues ambiguïtés

Pour boire, vite venez,

A ma source gardée...

A découvrir dans l'urgence d'une France dont le Président n'est pas encore Nicolas Sarkozy...

Son dernier album s'appelle "la forêt des mal aimés". Il y a du Baudelaire et du Prévert là-dedans... En revenant de mon entretien de Nantes le 6 février (non, pas "de Nantes à Montaigu"), j'ai écouté en boucle "Au 27-100 rue des Partances". Hypnotique.

Good night, and good luck.

par Boris Roman-Dubreucq publié dans : idées, livres, ciné, musique...
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Samedi 28 avril 2007

[photo parue sur lemonde.fr. merci !]

Nul n'est prophète en son pays, a dû penser ce midi Michel Rocard en voyant dialoguer Ségolène Royal et François Bayrou sur BFM TV. Qui en effet, parmi les socialistes qui l'ont voué aux gémonies la semaine dernière - et notamment Pierre Mauroy pour lequel j'ai un immense respect - oserait encore aujourd'hui publiquement lui reprocher ses propos ?

La leçon essentielle de ce débat...c'est d'abord qu'il a eu lieu (avec l'accord du CSA, il est important de le précier) ! On est passé dans l'après quelque chose avec cette poignée de mains entre la candidate du parti socialiste qualifiée pour le second tour et le candidat de l'UDF arrivé en troisième position. Quelque chose est né ce matin, et il ne sera plus possible de revenir en arrière, de faire comme s'il ne s'était rien passé ou comme si c'était une parenthèse. Il s'est passé un fait exceptionnel, inédit. Le mur de Berlin est tombé, selon l'expression consacrée par François Bayrou.

On a parlé d'un face à face, d'un débat. En réalité, il s'agissait plus d'un dialogue sincère, courtois, je dirais presque constructif entre Ségolène Royal et François Bayrou presque côte à côte, qui faisaient finalement face aux journalistes dans cette salle de l'hôtel Westin à Paris.

Pendant près de 110 minutes, Royal et Bayrou ont tour à tour évoqué les institutions, l'Europe, l'économie et l'emploi, et enfin la vie quotidienne. Ils ont d'ailleurs réussi à faire comme si Nicolas Sarkozy n'existait pas, ce qui a dû faire enrager ce dernier.

Dialoguant d'abord avec les journalistes qui les interrogeaient, Royal et Bayrou ont petit à petit multiplié les échanges directs au cours de la rencontre : à propos des indemnités des députés battus d'abord, ensuite au sujet du salaire minimum européen ou encore de l'augmentation des petites pensions et de la carte scolaire...

Des points de convergences forts, globaux ou ponctuels, ont été confirmés : sur la réforme des institutions bien sûr (proportionnel, Etat impartial, lutte contre la concentration dans la presse), sur l'orientation européenne (les pays de l'est ne sont pas des ennemis intérieurs), sur la police (oui à la police de proximité, oui à l'ouverture des commissariats 24h/24) ou encore l'éducation (école publique de l'excellence). "Un bout de chemin ensemble est possible !", comme l'a dit Ségolène Royal.

Des divergences certaines ont aussi été soulignées : sur le salaire minimum européen, sur les 35 heures (quoi que ça ne soit pas aussi simple), sur la place de l'Etat et plus largement des collectivités.

Ségolène Royal est sans doute plus timide sur les moyens de diminuer la dette ou de sauvegarder les retraites par répartition, mais elle affirme néanmoins qu'il faudra remettre les choses à plats concernant les régimes spéciaux, y compris celui des parlementaires, et prendre en compte la pénibilité du travail.

François Bayrou a convenu, toujours sur les retraites, que si l'augmentation de la durée de cotisation était nécessaire, Ségolène Royal avait raison de dire que la diminution du chômage viendrait mécaniquement augmenter les cotisations et donc consolider le système.

A noter l'éclat de rire de la fin quand un journaliste a demandé aux deux participants s'ils seraient prêts à vivre ensemble........dans un même parti social démocrate ! "J'ai eu peur, j'ai eu peur !", riait Bayrou. "Il s'appelle François, mais tout de même !", renchérit Royal.

Dernière question : si ce débat a sans doute permis de légitimer François Bayrou comme le 3ème homme avec lequel il va falloir compter, notamment aux législatives, va-t-il permettre à Ségolène Royal de récupérer des voix des électeurs centristes du 1er tour ? Mon avis : des voix, oui ; suffisamment, non.

Good night, and good luck.

par Boris Roman-Dubreucq publié dans : politique
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Jeudi 26 avril 2007

Je reconnais humblement m'être trompé sur le fait que Bayrou n'appelle finalement pas clairement à voter Ségo... Néanmoins, pour ce que j'ai pu en entendre, s'il a critiqué Ségo, ses attaques contre Sarko ont été beaucoup plus virulentes. De plus, Ouest France a révélé hier une conversation entre Bayrou et Sarko il y a quelques années, durant laquelle le petit Nicolas avait (aurait) proposé au président de l'UDF de sceller un pacte contre Chirac, avec une fin de non-recevoir en bout de course. De plus, Ségo et Bayrou vont très vraisemblablement débattre demain avec retransmission à la télé en direct, alors que Sarko refuse ce même débat...

Bref, Bayrou semble bien pencher pour Ségo même s'il ne peut tactiquement pas le dire. On ne saurait le lui reprocher...

Sinon, deux petites réflexions sur le scrutin de dimanche, comme ça, en passant :

* Bayrou fait un pourcentage plus important que Jospin en 2002 (je ne parle même pas du nombre de voix)

* Sarko + Ségo + Bayrou = 75%, sachant que tous les 3 ont voté oui au traité constitutionnel...

Good night, and good luck

P.S. : Denis (V), si tu me lis, je serais très intéressé pour connaître ton positionnement pour le 2nd tour...

par Boris Roman-Dubreucq publié dans : politique
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Dimanche 22 avril 2007

On peut se féliciter du bon score de Ségolène Royal, du mauvais de celui de Jean-Marie Le Pen et de la participation record lors de ce 1er tour. Il n'en demeure pas moins - au risque de jouer les Cassandre - qu'il n'apparaît pas possible qu'elle gagne le 6 mai prochain.

Mathématiquement, le total gauche n'est que d'environ 36%, ce qui nécessiterait qu'elle récupère au moins 14 des 18% de François Bayrou. Autant dire mission impossible, d'autant plus qu'aucune discussion n'ayant eu lieu avant le 1er tour, elles apparaissent encore plus improbables aujourd'hui, alors que Nicolas Sarkozy est en position de force et que les parlementaires UDF commencent sérieusement à penser à leur réélection voire à un strapontin. Je n'aime pas la politique-fiction, mais je m'autorise à penser qu'un accord de désistement réciproque avant  le 1er tour aurait sans doute permis un meilleur report de l'UDF vers Ségolène Royal que celui qui va avoir lieu en réalité.

Le sujet est néanmoins clos, sachant que Nicolas Sarkozy réalise un score particulièrement élevé si l'on considère l'impressionnante mobilisation des électeurs d'une façon générale. J'ai par ailleurs du mal à penser qu'on puisse gagner une élection contre un candidat - en l'occurrence contre Nicolas Sarkozy - plutôt que pour.

De ce point de vue, s'il ne fait aucun doute que Ségolène Royal sera le 6 mai prochain le centre de l'union du refus de Nicolas Sarkozy, ses soutiens apparaissent néanmoins bien trop hétéroclites pour constituer une majorité cohérente pour mener une politique efficace.

Il est patent de constater que la gauche en général, le PS en particulier, sont dans un état numérique et idéologique catastrophique. Il suffit pour s'en persuader de regarder le score des Verts et du PCF, vestiges d'une gauche plurielle depuis longtemps oubliée...

Alors que faire ? D'une part, faire en sorte que Nicolas Sarkozy fasse le score le moins élevé possible au 2nd tour en restant mobilisé. D'autre part, commencer dès aujourd'hui à construire une sociale démocratie enfin assumée et susceptible de rassembler un jour une majorité de Français.

Même si ça va être dur, good night, and good luck.

par Boris Roman-Dubreucq publié dans : politique
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Jeudi 19 avril 2007

"J’accuse ici les gardiens du dogme socialiste qui considèrent toute alliance autre que communiste comme impure, d’être d’efficaces alliés de Sarkozy."

Michel Rocard publie un nouvel article dans le Nouvel Observateur, suite à sa tribune de la semaine dernière dans Le Monde, appelant à une alliance avec l'UDF dès avant le 1er tour.

Remarque, j'ai lu l'ensemble des professions de foi, et je me dis que faire alliance avec Marie-Georges Buffet, ça ne manquerait pas de sel. Ca aurait un petit goût de 81, un petit goût de programme commun, un petit goût de congés payés, un petit goût de 36... Si on faisait alliance avec Marie-Georges, on serait vraiment de gauche, non ? Quoi ? Qu'est-ce que tu dis ? Ah ! Elle fait 1,5% ? Ok. Quoi ? Elle veut le SMIC à 1.500€ net tout de suite et revenir aux 37,5 années de cotisation pour les retraites ? Avec quels sous ? Ah ! Ca serait indécent d'en parler avant le 1er tour...

Bref, on fait 2 reproches principaux à Michel Rocard :

1er reproche : il aurait parlé trop vite.

Argument spécieux à mon sens. Ceux qui disent qu'il a parlé trop vite sous-entendent donc que ce qu'il dit est vrai mais que ça sera plus vrai encore entre les deux tours. En gros, pour que Ségo fasse un maximum de voix le 22 avril, il faudrait faire croire à ses électeurs de gauche que non, Bayrou c'est pas bien avant de leur expliquer que finalement, pour battre Sarko, Bayrou c'est pas si mal... Les prend-on pour des imbéciles ? N'en a-t-on pas assez d'infantiliser les électeurs ? J'ai par ailleurs en mémoire des campagnes électorales lors desquelles on commençait à discuter et négocier dès avant le 1er tour. Alors pourquoi pas celle-là ? Parce que Bayrou n'est pas de gauche et qu'aucune alliance n'est possible avec lui...c'est le 2ème reproche...

2ème reproche, aucune alliance n'est possible avec l'UDF sur le fond, parce que l'UDF n'est pas à gauche.

Il ne fait mystère pour personne qu'une partie des électeurs de l'UDF votera Sarko au 2ème tour (je pars de l'hypothèse Ségo/Sarko...), et qu'une autre partie votera Ségo. Dans quelles proportions ? Là est la question, comme aurait dit Shakspeare ! Car les faits sont têtus, comme disait Lénine ! Et les chiffres également. Mathématiquement, Ségo aura besoin de la grande majorité des voix de Bayrou pour espérer l'emporter au 2ème tour face à Sarko.

De ce point de vue, j'ai la faiblesse de penser que le positionnement de Bayrou aura un poids certain. Et on voit mal comment Bayrou pourrait d'un côté appeler à voter Ségo (ce que je crois qu'il va faire de façon très claire), et de l'autre ne pas revendiquer une part légitime de la victoire, si victoire il y a...

A supposer que Ségo l'emporte, pourrait-on faire comme si la totalité des électeurs qui ont voté pour elle (disons 52%...) adhère à son programme, à la manière d'un Jacques Chirac en 2002 qui a fait comme si 82% des Français avaient adhéré à l'UMP ? Bien évidemment non ! Et comme après la pluie, il y a le beau temps, après la présidentielle, il  y a les législatives. Et c'est pas parce que ce sont les législtives que Marie-Georges va faire 15%...

La rigueur intellectuelle impose donc de dire qu'en cas de victoire de Ségo après accord avec Bayrou, il y aura des suites logiques de cet accord aux législatives de juin... Bien sûr, ça va gueuler, bien sûr, ça ne marchera pas partout, ni au PS ni à l'UDF d'ailleurs. Mais je ne vois pas d'autres scénarios victorieux. Et vous ?

par Boris Roman-Dubreucq publié dans : politique
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